LE NOYER
Feuilles alternes, imparipennées, à folioles entières, ovales, glabres, d’un vert sombre. Fleurs monoïques; les mâles en longs chatons cylindriques ; périanthe à six ou sept segments et muni de bractées ; étamines en nombre indéfini ; les femelles solitaires, géminées ou ternées, dans un bourgeon à quatre écailles caduques, se réduisant à un ovaire couronné de deux stigmates. Fruit : une noix rugueuse, s’ouvrant par deux valves ligneuses lesquelles sont entourées d’une enveloppe charnue (brou) se déchirant irrégulièrement à la maturité ; amande à replis sinueux, partagée en quatre lobes par des semi-cloisons.
nom de cet arbre: Gant, vi, 11.
Le mot hébreu egoz paraît désigner le Noyer; son équivalent grec y.àpuov ne laisse pas d’équivoque à cet
lement le vrai Noyer les ailleurs grecs emplovent les
la Sainte- Ecriture contient le
égard ; il désignait les arbres à noix d’une manière générale noyer, coudrier, etc. Pour désigner spécia-
mots y.apuov 6a.Gikiy.6v et icsp<nx6v, — l’arbre passant pour originaire de la Perse; le nom latin juglans vient de Jovis glans, ce qui indique l’importance que les anciens attachaient à la noix.
Le Noyer et son fruit sont connus depuis une haute
antiquité. Pline en dit ce qui suit :
Optimum quippe earum genüs persicum atque basilicon vocatur... sunt qui honori nomen in terpretant u r et Jovis glandem esse dicunt. (Hist. Nat. xv, 22.)
Aujourd’hui le Noyer abonde dans tous les pays tempérés et humides. En Asie Mineure on le trouve
dans toutes les régions montagneuses. Tous les villa-
ges élevés du Liban et de l’Anti-Liban possèdent leur plantation de Noyers. En Europe, dans les contrées du centre et du nord, partout excepté sur les côtes ardentes de la Méditerranée, les No vers abondent et forment des touffes élégantes au milieu des vignes et des prairies.
« tout est précieux dans le Noyer. L’emploi de son fruit est bien connu. Ses qualités diverses dépendent de sa maturité plus ou moins avancée. Dans leur première jeunesse on les confit avec du sucre et des aromates; ils forment un aliment fort agréable et favorable à l’estomac. Avant leur parfaite maturité on les mange sous le nom de cerneaux , mets de dessert très-recherché mais dont la viscosité peut être nuisible aux personnes faibles et délicates.
a L’huile de noix exprimée sans le concours du feu, lorsqu elle est récente, est très-douce et peut être
employée dans nos aliments ; dans le cas contiaiie elle
exhale une odeur forte et irrite la gorge ; on l’emploie
pour l’éclairage et la fabrication du savon, poui la
composition du vernis et autres usages économiques.
Comme elle est de nature siccative, elle devient utile
aux peintres et aux broyeurs de couleurs. Le marc qui reste sous le pressoir, lorsqu’on a exprimé 1 huile, forme une substance très-nourrissante, employée avec avantage pour engraisser les bestiaux. Le brou de noix est d’une saveur âcre, très-amère qui quelquefois excite le vomissement; macéré dans l’eau il donne une couleur brune très-solide que les menuisiers emploient pour colorer les bois blancs.
« Le bois de Noyer est le plus beau qu’on puisse employer pour toutes sortes de meubles. Il est doux, pliant, flexible, se taille bien au ciseau et prend au rabot un beau poli. Aucun bois indigène n’a pu remplacer le Noyer pour la monture des fusils.
« Dans plusieurs départements de la France, le principal usage du Noyer est pour la fabrication des sabots. On assure que dans le seul département de la Haute- Vienne, il se consomme annuellement plus de quatre mille Noyers et que chaque arbre fournit soixante paires de sabots. » (1)
(1) Hoefer. Dictionnaire de Botanique pratique.