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L’OLIVIER

n LE A E U ROPÆA

Famille des Jasminées. Arbre à rameaux épineux à l’état sauvage. Feuilles persistantes, opposées, simples, ovales, entières, vertes et souvent ponctuées de blanc en dessus, blanches en dessous. Fleurs blanchâtres et odorantes en grappes axillaires; calice monosépale à quatre dents ; corolle monopétale, en soucoupe, à tube court, à quatre segments, deux étamines insérées sur la corolle et alternant avec ses segments; un style Fruit : un drupe pulpeux et huileux, à noyau osseux contenant une ou deux

graines.

HÉ 'Olivier est, dans les Saintes-Ecritures, l’emblème de la santé et de l’abondance. Voir : Deut. vi, 11; Ps. uxxviii, 3, lii, 8; Osée xiv, 6; Rom. xi, 17. C’est un arbre de moyenne grandeur, atteignant rarement 12 mètres de hauteur; son port, lorsqu’il n’est pas façonné

artificiellement, est arrondi, gracieux et assez semblable à celui du saule; son feuillage est d’un vert glauque, d’un aspect sec et peu agréable; il donne une ombre légère,

mais sèche et saine et sous laquelle on peut se reposer impunément.

L’Olivier est mentionné pour la première fois dans Gen. viil, 11, où nous lisons que la colombe mise en liberté par Noé rentra dans l’arche tenant une feuille d’Olivier dans son bec.

On attribue à ce charmant incident l’adoption de l’Olivier comme le symbole de la paix par tous les peuples de l’antiquité , qui allaient conclure leurs traités portant une branche d’Olivier :

Paciferæque manu ramum protendit olivæ.

Notre Seigneur affectionnait particulièrement la montagne des Oliviers, plantation qui couvrait une des collines des environs de Jérusalem. On assure que plusieurs des arbres sous lesquels Jésus -Christ s’est assis avec ses disciples subsistent encore, fait qui n’a rien d’étonnant, vu la longévité extraordinaire de l’Olivier.

La culture de cet arbre et la fabrication de l’huile remontent jusqu’à la plus haute antiquité. Selon les uns, Cécrops aurait transporté l’Olivier d’Egypte en Grèce vers l’an 1580 avant notre ère; selon d’autres. Hercule, de retour de ses expéditions, l’aurait planté sur le mont Olympe. Les Grecs avaient une vénération particulière pour cet arbre. Pline rapporte qu’il était défendu parmi eux de faire servir le bois de l’Olivier à des usages vils, et de le brûler même sur les autels.

Ce sont probablement les Phocéens qui ont introduit l’Olivier en Provence, environ 600 ans avant Jésus-Christ.

Pline assure qu’au temps de Tarquin l’Ancien, il n’y en avait point en Europe ni sur les côtes d’Afrique.

L’Olivier fleurit au printemps, et on récolte ses fruits dans l’automne. Ils sont acres et amers; on en obtient l’huile d’olives par expression sous de forts pressoirs.

La culture de l’Olivier constitue aujourd’hui la principale richesse agricole des côtes montagneuses du midi de l’Europe.

Le voyageur qui se rend dans le midi rencontre les premiers Oliviers dans les environs de Marseille, mais ils sont de petite taille et souvent détruits par les rigueurs de l’hiver. La véritable forêt d’Oliviers, aux arbres séculaires, commence dans les environs de Cannes, à l’est de la chaîne de l’Estérel, et elle s’étend de là, presque sans interruption, jusqu’aux plaines froides du Serchio et de l Arno en Toscane. Elle recommence près de Naples et revêt de sa verdure sombre toutes les côtes des Calabres, de la Terre d’Otrante et de la Pouille. Il en est de même sur les côtes d’Espagne.

Les Oliviers sont plantés à une distance de douze à quinze mètres dans tous les sens. On ne les taille pas assez en général; le paysan ignorant pense que plus l’arbre est grand plus il fera de fruits ce qui est une erreur. L’Olivier, abandonné à lui-même et serré par ses compagnons dans la plantation, s’élance vers le ciel et se dégarnit au-dessous ; il fait en conséquence beaucoup de bois et la sève se perd dans ses longues branches avant d’arriver au fruit. Soumis à une taille intelligente,

1 Olivier doit être complètement isolé; ses rameaux ne doivent jamais s entrecroiser avec ceux de ses voisins; son branchage doit être arrondi et creux au milieu afin

que l’air puisse circuler partout. Ce système de taille nuit beaucoup à l’aspect pittoresque de la plantation, mais il en augmente énormément le produit.

Il est extrêmement difficile de déterminer la moyenne

du rapport d’un olivier, car son produit varie dans des proportions extraordinaires, en qualité et en quantité, avec les dimensions et la culture de l’arbre, la nature du sol et les conditions topografiques et climatériques. En Provence et dans la Ligurie, les Oliviers produisent peu depuis une cinquantaine d’années. On attribue ce phénomène à la sécheresse déterminée par le déboisement des montagnes, car l’Olivier ne produit beaucoup qu’à la condition d’être abondamment arrosé.

Abandonné à lui-même, sans taille ni engrais, l’Olivier ne produit, en moyenne, que trois kilogrammes d’huile, ce qui constitue un rapport inférieur à trois francs. Cou venablement taillé depuis sa jeunesse, arrosé largement et engraissé avec des substances azotées, surtout avec des matières cornées, telles que des chiffons de laine, le même arbre pourra donner vingt kilogrammes d’huile, c’est-à-dire un rapport net de près de trente francs.

Or, en supposant les oliviers plantés à peu près à quinze mètres dans tous les sens, il y en aura environ soixantedix dans un hectare. Sans culture, cet hectare ne rapportera que deux-cent-dix francs de produit brut, dont il faut déduire les frais de la cueillette et de l’expression de l’huile, tandis que, convenablement cultivé, il donnera plus de deux mille francs de produit brut, dont il faut déduire, au plus, mille quatre-cents pour la culture, ce qui laisse un revenu net de sept-cents francs.

La qualité de l’huile d’olive varie selon la nature des

olives et le mode de fabrication. Dans les pays chauds du Midi de l'Europe, on préfère en général l’huile qui conserve un peu du goût du fruit et une couleur verdâtre, tandis que dans le Nord on préfère celle qui est complètement blanche et sans aucun goût. L’huile vierge, c’està- dire celle qui s’écoule des olives amassées en ias sans pression, présente ce caractère au plus haut degié, obtenue par expression à Iroid, elle est encore très-limpide et insipide, mais en général on verse de 1 eau chaude sur les olives, sous le pressoir, afin de faciliter 1 écoulement de riiuile qui, grâce à ce procédé, prend toujours de la

couleur et du goût.

Le bois de l’Olivier est dur, cassant, agréablement veiné et susceptible d’un beau poli ; il est beaucoup employé dans lébénisterie de luxe; les anciens en taisaient des

statues. Les chérubins qui couvraient l’arche dans le temple de Salomon étaient en bois d Olivier, ce qui explique le passage : Apoc. xi, 4.

Un autre nom de plante, que les traducteurs confondent souvent avec 1 Olivier, se rencontre trois lois dans 1 Ancien Testament. C’est le mot etz shamen qui signifie littéralement arbre huileux.

Dans : 1 Rois, vi, 23, Osterwald, traduit par bois d’Olivier; dans Néhémie, viii, 15, par arbre huileux et dans

Esaïe, xli, 19, par Olivier.

Il est fort possible que cette expression, qui pouvait très-bien n’être qu’un terme générique et populaire, ait désigné effectivement dans certains cas le bois d’olivier, comme dans : 1 Rois, vi, 23 ; mais il est certain qu elle doit avoir une autre signification dans Néh. viii, 15, puisqu’il y est question, en même temps, du vrai Olivier :

« Allez a la montagne et apportez des rameaux d’oliviers et des rameaux à' arbres huileux. »

Naturellement on n’a pu faire que des conjectures a cet égard. Certains écrivains ont proposé comme « l’arbre huileux » le Faux Baume de Galaad ( Balanites Ægyptiaca) ; d’autres ont suggéré le Chalef (Eleagnus angustifoliusj, ce qui paraît plus probable puisque cette plante abonde en Palestine tandis que l’autre n’y est pas tiès-iépandue. Le Chalef est une Eléagnacée dont le port ressemble a celui de l’Olivier; il en est de même du fruit qui est une baie d’un vert foncé et d’une grande amertume. On peut en extraire une huile d’une qualité

inférieure. Le bois est dur et se prête bien aux travaux de menuiserie.

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