‹ La botanique de la bibleChapitre 37 sur 76 · LE PALMIER · texte numérisé non relu

LE PALMIER

P H OÈ N 1 X D A G T Y L I F E RA

Famille des Palmiers. Arbre à tige simple, hérissée d aspérités formées par une portion des pétioles qui subsiste après la chute des fouilles, nue, couronnée par un faisceau de fouilles. Feuilles persistantes, pétiolées, pennées, à folioles en lame d’épée, pendantes en lestons, longues de 3 à 4 mètres. Fleurs enveloppées dans leur jeunesse d’un spathe coriace, d’une seule pièce, s’ouvrant longitudinalement; dioïques, sessiles , en panicule très-rameuse; périantlie à six divisions, trois internes et trois externes, simulant un calice et une corolle ; sépales, dans les fleurs mâles, à préfloraison valvaire ; dans les femelles, à préfloraison imbriquée et tordue ; six étamines, trois carpelles. Fruit : un drupe roussâtre, charnu, à saveur agréable, ovale, contenant un noyau osseux, dur.

^>et arbre abondait en Palestine autrefois; voir : Ex. xv, 21 ; Nom. xxxiii, 9: Deut. xxxiv, 3; Juges, iv, 5; Jean, xii, 13.

Des Palmiers étaient gravés dans le saint lieu du temple entre les chérubins, sur les murs et sur les portes (1 Ro:s, vi, 29). Des palmes devaient être employées dans la fête des tentes Lév. xxm, 10; Néh. vin, 15.

Au temps de l’Empire Romain, le Palmier parait avoir été considéré, en quelque sorte, comme l’emblème de la Palestine, les monnaies lrappées par les vainqueurs des Israélites, présentent une femme pleurant sous un Palmier avec la légende : Judæa capta.

Cet arbre, d’ailleurs, est l’emblème de la victoire. Les triomphateurs romains portaient une Palme à la main ; de là l’expression : accorder la Palme ; palmam qui memit ferat.

Le Palmier, grâce à la disposition de son feuillage qui rappelle le rayonnement d’un foyer lumineux, était l’arbre sacré d’Apollon, le dieu de la lumière ; de là, sans doute, son adoption comme le signe du triomphe.

Le mot tamar (grec 90 îvtç) que tous les traducteurs anciens et modernes rendent par Palmier ou Dattier, signifie littéralement droit ; le nom arabe moderne du Dattier est tamr .

Le Dattier croit spontanément dans toute la région méditerranéenne; on doute cependant qu’il soit indigène en Europe. Il y prospère dans les contrées méridionales, mais ses fruits n’y mûrissent que rarement. O11 pense que les premiers Dattiers ont été rapportés d’Orient par les Croisés et plantés à Hvères, en Provence, qui était un de leurs ports de débarquement.

Aujourd’hui on les trouve sur tout le littoral Méditerranéen, ou ils sont devenus une plante d’ornement des plus recherchées; mais malheureusement cet arbre est d’une croissance extrêmement lente.

Le Dattier n’est cultivé, comme produit, que sur un seul point des côtes d’Europe, c’est à-dire à Bordighera dans la Ligurie occidentale. Le sol léger et sablonneux de

cette localité, a favorisé une industrie qui date, dit-on, du temps de saint Ampeglio, patron de l’endroit, qui, à ce que raconte la légende, introduisit dans le pays trois choses : le Palmier, la Vigne et le Christianisme.

Les Dattiers y existent aujourd’hui par milliers; on en voit de véritables forêts, telles qu’il est rare d’en trouver en Orient ou en Afrique. Cependant les dattes n’y mûrissent qu’en très-petit nombre ; malgré les milliers de Palmiers qui existent dans la localité, on a évalué le produit total en dattes à seulement cent-cinquante kilogrammes. Ce fait est dû sans doute, en grande partie, à ce que la culture n’a pas lieu en vue du fruit.

Le voyageur qui, traversant la Bordighera, admire ces magnifiques plantations au type tropical, est désagréablement frappé de voir que la plupart des arbres ont leurs feuilles liées exactement comme on lie des laitues pour les blanchir. Le but est, d’ailleurs le même.

La Bordighera a une sorte de monopole pour la fourniture des palmes destinées à la fête des Rameaux à Rome, et à celle des tentes chez les Juifs d’Allemagne. Deux variétés de Dattiers sont cultivées pour cet objet; l’une dite palma alla romana , à feuilles très-longues et à folioles terminées par une pointe très-solide, l’autre dite palma all’ebrea, dont les feuilles sont plus courtes et les folioles arrondies. Après avoir été liées pendant plusieurs mois, les feuilles de l’intérieur sont d’un jaune tendre; elles sont alors attachées par paquets et expédiées à destination.

La datte, le fruit du Palmier, forme un aliment important dans tous les pays orientaux et surtout dans le Nord de l’Afrique; elle n’est mentionnée qu’une seule fois dans

la Sainte Ecriture, Den. xliii, 11. La datle sèche est aujourd’hui un article important d’exportation dans ces mêmes pays.

Mais ce n’est pas seulement par ses fruits que l’homme tire parti du Dattier. Ses folioles servent à faire des nattes,

ses pétioles fibreuses fournissent des paillassons et même des cordes assez résistantes, et les noyaux de ses fruits sont mangés par les chameaux.

Lue seule espèce de la famille des Palmiers appartient réellement à l’Europe, le Chamœrops humilis arbrisseau qui ne dépasse guère deux mètres de hauteur, et qui croît entre les fentes des rochers sur nos côtes méridio-

nales.

Outre le Dattier, cette famille renferme plusieurs espèces importantes par leurs produits, parmi lesquelles le Cocotier ( Cocos nucifera) , originaire des régions tropicales de l’ancien continent et le sagoutier ( Sagus Rumphii ), originaire de l’Archipel indien, dont l’intérieur de la tige fournit la fécule connue dans le commerce sous le nom de Sagou.

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