‹ La botanique de la bibleChapitre 39 sur 76 · LE PLATANE · texte numérisé non relu

LE PLATANE

PLATANUS ORIENTA LIS

Famille des Amentacées. Arbre à feuillage touffu et à écorce blanchâtre, se détachant annuellement par plaques. Feuilles alternes , grandes , palmatinervées , en cœur à la base , à trois à cinq lobes profonds, lancéolées, sinuées ou dentées; tomenteuses et pulvérulentes dans leur jeunesse ; à la maturité glabres. Fleurs monoïques en chatons globuleux ; les mâles à étamines en nombre indéfini, mêlées d’écailles; les femelles à ovaires très-nombreux, très-serrés, à style simple. Fruit : une petite massue couverte inférieurement de poils articulés.

e mot hébreu armon qui se rencontre dans plusieurs passages de l1 Ancien-Testament a été traduit par

Châtaignier , Hêtre , Erable , etc.

C’est un de ces cas dont j’ai parlé dans l’introduction de cet ouvrage où le mot hébreu est à peu près intraduisible, puisque nous n’avons aucune donnée pour reconnaître l’arbre auquel il s’appliquait.

Le Septuagint rend ce mot par TuXàiavoç et il n’y a aucune raison de douter que le Platane ne soit l’arbre

dont il s’agit. Il est mentionné notamment dans Gen. xxx, 37 et dans Ezéch. xxxi. 8.

Les baguettes dont il est question dans le premier de ces deux passages et l’usage que Jacob en fit, correspondent très-exactement aux rameaux terminaux du Platane qui sont parfaitement droits et dont l’écorce s’enlève avec une grande facilité. La description de l’arbre donnée par Ezécliiel dans le second passage répond aussi on ne peut mieux au port majestueux et élevé de l’espèce en question.

Le Platane est indigène dans l’Asie occidentale, mais il est cultivé aujourd’hui, comme arbre d’ornement, dans tous les pays. Les Romains l’introduisirent en Italie vers l’époque de la prise de Rome par les Gaulois; Denys l’Ancien en planta autour de son palais à Reggio ; on commença à le cultiver en Angleterre vers le milieu du seizième siècle, mais ce ne fut qu’en 1754 que Louis XV l’introduisit en France. Le bois du Platane n’est pas très-dur, mais il est fin et élégamment marbré de veines en réseau. On l’emploie dans l’ébénisterie de luxe.

Le Châtaignier que les traducteurs français ont voulu voir, malgré le Septuagint, dans Xarmon du texte hébreu, comme par exemple dans Ezéchiel, xxxi, 8, est un bel arbre originaire d’Orient, mais qui aime les terrains secs et montagneux, tandis que Xarmon nous est représenté plutôt comme une essence de la plaine. Le Châtaignier croît dans toute l’Europe tempérée. On dit que les Romains tirèrent leurs premières châtaignes de Castane , ville de Pouille, ce qui leur fit donner le nom de castaneæ mtces.

Get arbre atteint quelquefois des dimensions extraordinaires. Le fameux Châtaignier, dit aux cent chevaux, qu’on admire sur la pente de l’Etna, près de Catane, a 53 mètres de circonférence. On prétend que Jeanne d’Aragon, allant d’Espagne à Naples et visitant l’Etna, put s’abriter pendant un orage sous le feuillage touffu de cet arbre avec tous les cavaliers de sa cour.

Les châtaignes bouillies, rôties ou en farine forment l’unique nourriture du peuple dans plusieurs des régions montagneuses de la France, de l’Italie et de l’Espagne; Virgile place la châtaigne parmi les aliments les plus délicats :

Sunt nobis mitia poma,

Castaneæ molles et pressi copia lactis.

Le bois du Châtaignier est pesant, élastique et d’une grande force ; on le préfère à tout autre pour les douves de tonneau.

Il ne faut pas confondre le Châtaignier ou Marronnier dont nous venons de parler, avec le Marronnier d’Inde (Æsculus hippocastanum ) , arbre a belles fleurs odorantes, introduit d’Orient en Europe vers 1590 et qui ne ressemble au Châtaignier que par la forme de ses fruits, dont les propriétés sont cependant très- différentes et nullement alimentaires.

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