LA RUE
R U TA GRAYEOLENS
Famille des Rutacées. Plante herbacée, à souche sous-ligneuse, à tige de 40 à 60 centimètres et exhalant une odeur forte et repoussante. Feuilles alternes, deux ou trois fois pennatiséquées, à segments légèrement charnus, ovales. Fleurs régulières, en corymbe terminal d’un beau jaune; calice monosépale persistant, à trois à cinq divisions ; corolle à quatre ou cinq pétales en cuillère; huit à dix étamines irritables au toucher; un style; un ovaire; une capsule à quatre ou cinq valves. Semences nombreuses, réniformes.
fees Pharisiens payaient la dime de la Rue (Luc xi. 42); c’est d’ailleurs la seule mention que nous trouvions de cette plante peu attrayante.
Le mot grec ^yavov indique clairement notre Rue. Dioscoride en décrit deux variétés qui correspondent parfaitement aux deux variétés que nous connaissons aujourd’hui, l’une cultivée à feuilles larges, l’autre sauvage à feuilles très-étroites.
La Rue était employée autrefois en médecine comme
vermifuge; au moyen-âge on croyait qu’elle fortifiait la vue :
Nobilis est ruta quæ lumina redclit acuta.
Malgré sa saveur et son odeur désagréables, les anciens la faisaient entrer comme assaisonnement dans leurs aliments, chose qui se fait encore d’ailleurs dans certaines contrées d’Europe.
La Rue est originaire du Midi où elle croît sur les rochers arides et chauds; elle ne supporte que difficilement les climats du Nord.