LE PIN ET LE SAPIN
Il est dit dans les traductions modernes que le bois de Sapin fut employé dans la construction du temple de Salomon (1 Rois, v, 10); les Sapins sont la demeure de la cigogne (Ps. civ, 17); leur verdure persistante est l’emblème de la prospérité (Osée xiv, 8).
Il n'est point prouvé que les mots berosh et tidhar se rapportent réellement au Sapin ni au Pin. Ce n étaient sans doute que des ternies génériques indiquant des bois de construction provenant d’un conifère.
Ces mots sont traduits dans le Septuagint indifféremment par pin, cyprès et genévrier .
Le Sapin est par excellence le conifère utile à l’homme et en meme temps, comme arbre, le plus beau membre de cette admirable famille.
Ce géant des montagnes qui se dresse si fièrement en pyramide majestueux, forme sur les Alpes une limite de végétation au-dessus de laquelle est le mé-
lèze et au-dessous, le hêtre, le bouleau et enfin le châtaignier.
Abies in montibus altis Crescit, navifragos pelago visura tumultus.
Son tronc aussi droit et presque aussi haut que le stipe du palmier est précieux par sa force et sa durée; aussi a-t-il été employé de tout temps pour la construction de navires et pour les poutres de longue portée. Plusieurs ont pensé que c'est cette essence qui a fourni le bois de çjopher dont Noé construisit son arche.
C’est encore en bois de Sapin que les héros grecs firent leur fameux cheval dans la plaine de Troie :
Sectaque intexunt abiete costas.
Ce n’est qu'après cinq ou six ans d’une végétation tardive que le Sapin s’élance et croit rapidement; il atteint son maximum de développement, dans les bons terrains vers l’âge de cent quinze ans et dans les médiocres, vers celui de soixante-seize.
Les Sapins sont les conifères des montagnes, de la région des glaciers; les Pins moins imposants et moins gigantesques occupent des positions inférieures. Les nombreuses espèces du genre aiment néanmoins pour la plupart les régions froides, élevées et où la neige couvre le sol pendant une bonne partie de l’année. Lorsqu’elles s’étendent vers les contrées chaudes ou le bord de la mer, elles perdent la majesté et le dé-
veloppement quelles atteignent sur les montagnes neigeuses.
Il n’y a guère que le Pin à pignons fPinus pinea) qui appartienne réellement aux pays chauds et y prospéré. Cette admirable espèce croit dans les plaines sablonneuses du bord de la Méditerranée; ses branches forment une tête arrondie ornée d’un feuillage touffu. Ses cônes contiennent des graines de la grosseur d’une olive dont les amandes se mangent crues ou rôties comme les marrons; elles ont un goût qui se rap-
pioche de celui de la noisette, plus une certaine saveur de résine. (Voir : Frêne. )