L’HYSOPE
J^ous n’avons que des conjectures à enregistrer au sujet de l’Hvsope des Saintes -Ecritures. L 'Hysopus officinalis des botanistes modernes est une plante herbacée, aromatique, de la famille des Labiées et qui ne répond nullement aux conditions voulues pour être la plante en question.
iVu moyen -âge, le nom d’Hysope a été donné, tourà-tour, au mélampyre, à la gratiole et à beaucoup d’autres plantes; Celsius en énumère jusqu’à dix-huit.
Il paraît évident que la plante appelée uactoTuoç par les Grecs était effectivement l’Hysope des botanistes modernes, mais le mot hébreu esobh que les traducteurs alexandrins ont rendu par hysope , sans doute à cause de la similarité du son, ne saurait se rapporter à cette plante potagère.
Les seules données que nous ayons pour reconnaître l’Hysope des livres saints sont les suivantes : c’était une très-petite plante, puisqu’elle est mise en con-
traste avec le cèdre, et elle croissait sur les murs :
Depuis le cèdre qui est au Liban jusqu'à VHysope qui sort de la muraille (1 Rois iv, 33); ses branches atteignaient un certain développement et possédaient une certaine consistance puisqu’on s’en servait pour asperger. (Ex. xii, 22.)
Certains auteurs ont cru voir l’Hysope de Salomon dans le Bryum trunculatum , petite mousse qui abonde sur les murs de Jérusalem et qui est proche parente de la mousse commune ( Bryum rurale) qui se développe en Europe sur les toits de chaume: mais une mousse ne pourrait guère servir comme aspersoir.
Il est fort possible, d’ailleurs, que le mot hysope n’ait pas été rigoureusement appliqué à une seule plante et que l’Hysope de Salomon ait été, en effet, une mousse, tandis que celle de Moïse aurait été une autre herbe telle que le Parietaria officinalis , plante de la famille des Urticacées qui croît contre les murs dans les pays chauds et dont les longues tiges à feuillage touffu pourraient très-bien servir pour asperger avec de l’eau ou du sang.