G A P P A R I S SPIN OS A
Famille des Capparidées. Arbrisseau à tige rampante et à ramaux sarmenteux et annuels. Feuilles alternes, glabres, arrondies, tronquées et échancrées, garnies de deux épines stipulaires à leur base. Fleur axillaire, blanche ; quatre sépales concaves, quatre pétales très - grands alternant avec les sépales ; étamines trèsnombreuses et très-longues; anthères jaunes, style souvent nul. Fruit souvent avorté.
ans les pays chauds le Câprier croît en abondance sur les vieux murs et les rochers arides; c’est une des pins belles plantes de la tlore du midi ; les boutons non épanouis de ses fleurs confits dans le vinaigre forment le condiment connu sous le nom de Câpres.
Cette charmante plante n’est mentionnée qu’une seule fois dans la Sainte-Ecriture ; le mot qui constitue son nom en hébreu est même rendu dans les versions françaises par « appétit, » ce qui donne un tout autre sens à la phrase.
Nous lisons dans Eco. xn, 7 : « Quand on redoutera les lieux élevés et qu’on tremblera en marchant; quand 1 amandier fleurira et que le chant de la cigale sera un ennui et quand Y appétit faiblira, parce que b homme s en va dans la demeure qu’il ne quittera plus... »
Le mot abvyonah que nos traducteurs ont rendu par appétit signifiait et l’appétit et le condiment qu’on employait alors comme aujourd’hui pour stimuler l’appétit, c’est-à-dire, la câpre. Les Septante ont traduit abiyonah par *a Tnraptç; la Yulgate également. Que ce soit le vrai sens à donner au mot dans ce passage, cela paraît assez vraisemblable, car une allusion à une fleur qui se fane et qui représente l’appétit lorsqu’il « faiblit », allusion suggérée naturellement par l’emploi et le nom de la plante, paraît infiniment plus en harmonie avec le langage figuré de ce magnifique passage, qu’une mention directe d’une sensation physiologique.
La fleur du Câprier était admirablement adaptée à cette image; elle se fane avec une promptitude remarquable et ces longues étamines, dès qu elles commencent à pencher, offrent un tableau saisissant de la flétrissure et de la décadence.
En outre, plusieurs plantes de la famille des Capparidées sont remarquables pour les longs pédoncules de leurs fruits qui se retournent en bas, vers la terre, dès que la fleur se fane. Or, le Câprier abondant sur les ruines et sur les tombes en Orient, il offre une
image frappante de la tête de l’homme qui se courbe avant la mort.