‹ La boulangeadeChapitre 10 sur 15 · CHANT NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHANT NEUVIEME

Sur les bords de la Seine, il existe à Paris Un grand palais aux murs majestueux et gris. L^étranger se demande en clignant la paupière Devant ce haut portique et ce fronton sévère, Ces marbres imposants qui flanquent le perron. Quelle Minerve peut cacher ce Parthénon. Mais, malheureusement, si sacré qu'il paraisse, Ce palais ne sert pas d'asile à la sagesse. C'est la scène où la France, à court d'amusements, S'occupe à voir jouer ses chers représentants.

On a beaucoup médit du parlementarisme, Et franchement pour lui j'ai peu de fanatisme.

i5o La BoulangeaAe

Mais on ne pourrait pas dire qu''en vérité

Cette institution soit sans utilité.

Ainsi, sans chercher loin, n'est-ce pas à la Chambre

Qu'on vote les impôts de janvier à décembre,

Et qu'on voit si l'emploi s'en fait honnêtement?

Il est vrai, c'est certain, que le gouvernement

Peut bien tromper la Chambre, et que ce beau contrôle

Laisse au contribuable un assez pesant rôle.

Mais qu'est-ce que ça fait? On est toujours content, En payant, de savoir où passe son argent. N'est-ce pas à la Chambre aussi qu'on interpelle Le ministre qui met la loi sous sa semelle, Ce qui nous garantit, à ce que l'on prétend, De l'arbitraire. Ainsi, quand un préfet méchant Révoque un employé, fut-ce un garde-champétre, La Chambre blâmera le ministre peut-être. Il est vrai que l'arrêt n'est pas moins appliqué. Le garde-champêtre est et reste révoqué.

Mais qu'est-ce que ça fait?On peut toujours sans crainte , Pour la forme, flétrir la plus petite atteinte Portée aux droits sacrés du moindre citoyen ; Dans notre cher pays cela n'engage à rien.

La Boulangeade i 5 i

En plus de ces raisons d'être fort générales, Le parlementarisme en a de spéciales.

Voyez cet homme : hier, râpé, sale, illettré. Habitant inconnu d'un village ignoré, Il soignait le sabot des animaux malades. La puissante amitié de quelques camarades

L'a tiré brusquement de son obscurité, Et d'un vétérinaire a fait un député.

Aujourd'hui cet homme a l'oreille d'un ministre. Il se pavane, enflé de son orgueil de cuistre, Et vend effrontément aux riches cette croix Qu'il demandait pour lui vainement autrefois. Cet autre a dirigé dans le temps une agence Où la moralité brillait par son absence. L'intrigue l'a poussé; puis l'argent est venu Par un mode qui gagne à n'être pas connu.

En le voyant si bien gérer sa propre affaire, Des électeurs séduits en font leur mandataire, Le voilà député. Puis le gouvernement Pressentant ses moyens, l'envoie en Orient, Où donnant libre cours à ses gredineries En exploitation il met nos colonies.

I 5 2 La Boiilangeade

On le fait revenir quand il s'est fait la main ; On Taccable d'honneurs ; il est ministre entin. Cet autre homme tenait un cabaret naguère Fréquenté par des gens d'aspect patibulaire.

Un Jour de trouble, au nom de Tordre social,

Il s'est mis à tonner contre le capital.

Ses clients charmés Pont doté de leurs suffrages.

Aujourd'hui, pratiquant des maximes plus sages,

L'ancien cabaretier s'occupe avec amour

D'arrondir un petit capital à son tour.

Cet autre a dans le temps pris part à la Commune.

Les otages tombés contre un mur à la brune,

Paris incendié devant les Versaillais,

De sa triste carrière étaient les plus haut faits.

Aujourd'hui, revenu de la Calédonie,

Il siège à notre Chambre en bonne compagnie,

Ht l'ancien communard s'occupe à composer

Ces lois qu'il a passé sa vie à mépriser.

Mais Je pense que c'est suffisamment m'étendre

Sur les bons résultats qu'un peuple peut attendre

Du parlementarisme ; il faut envisager

Ce qu'une Chambre aussi prés£nte de danger.

La Boulange ade i53

Or, dit-on, la plupart de nos parlementaires N'entendent sûrement pas grandVhose aux affaires.

Les uns se font nommer pour venir à Paris

Pendant que leur moitié gardera le logis ;

Les autres pour parler sans avoir rien à dire ;

Les autres pour avoir un titre à faire inscrire

Sur leurs cartes ; ceux-ci pour faire en gens prudents

Leurs affaires avant celles de leurs mandants.

La plupart ignorant à peu près la grammaire,

Leur concours aux travaux semble peu nécessaire.

Quant à ceux qui seraient de quelqu^utilité,

Ils montrent à venir peu d'assiduité.

On ne peut leur en faire un crime en conscience, Car on a vu souvent au cours d'une séance Un député, pressé par un besoin urgent. Soulager ses voisins du poids de leur argent. Mais la Chambre reçoit de plus graves reproches Que celui de compter de nombreux vide-poches. Un député fut-il assez honnête encor Pour ne pas détailler ses votes à prix d'or, 11 n'en sera pas moins, comme homme politique, Intolérant, étroit, obstiné, dogmatique,

i54 La Bûiilangeade

Repoussant sans les lire en bloc aveuglément Les projets e'manés d'un parti diffe'rent, Enfin ne retrouvant un reste d'énergie Que pour le dépenser en phraséologie, Dans des débats oiseux, des luttes sans honneur, Ce qui ne permet point au crédule électeur De voir naître jamais ces brillantes réformes Qu'offrent des candidats les programmes énormes Mais que ne donnent pas nos chers représentants Dans leurs discussions d'eunuques impuissants.

Ce sont tous ces abus que les bons patriotes Suppliaient Boulanger d'écraser sous ses bottes. Cest dans ce noble but que les Français partout Demandaient qu'on jetât les bavards à Fégout, Et que les électeurs du Nord, de la Dordogne, Donnaient à mon héros cette lourde besogne. Donc, le douze juillet, fidèle à son mandat, Le général allait prendre part au débat De la Chambre, étendu dans un landau superbe Et tout environné d'œillets rouges en gerbe.

Nos braves députés somnolaient doucement Sur un projet privé d'intérêt, concernant

La Boiilangeade i55

Les altérations que font subir au sucre

Les e'piciers gagnés par la rage du lucre,

Quand l'apparition brusque démon héros,

En agitation vint changer leur repos.

Tel un enfant qui heurte une ruche endormie

Se voit environné d'abeilles en furie

Qui s'élancent dans l'air en nombreux bataillon

Et tournent contre lui leurs piquants aiguillons.

La Chambre apaise enfin son vacarme alarmiste. Mais si le bruit s'éteint l'anxiété persiste. Le président navré, sur un ton sépulcral, Accorde la parole au brave général, Qui, le jarret tendu, s'avance à la tribune. Alors, comme des chiens aboyant à la lune, Les députés debout poussent d'horribles cris. Pour la première fois l'on voit marcher unis Modérés, radicaux, communards tous ensemble. Tant est grande la peur dont chaque parti tremble.

Laissant ses ennemis crier comme des sourds Le brave général commence son discours.

Remontant en arrière, il montre les jours tristes Où nous fûmes pillés parles opportunistes,

i56 La Buulangeade

Le pays dans leurs mains déchu de sa grandeur,

Les droits les plus sacrés violés sans pudeur,

Les persécutions contre les catholiques,

Les procès monstrueux faits aux feuilles publiques,

Les citoyens traînés en prison sans motif.

Les tribunaux vendant leurs arrêts au tarif,

L^égalité cessant d'être appliquée aux riches.

Les ministres, drapés dans leurs vertus postiches,

Se partageant les fonds publics impunément.

Et puis, comme contraste à Tenrichissement

Des amis du pouvoir, le général rappelle

La misère où le peuple enfonce de plus belle.

Les champs abandonnés, les ateliers déserts.

Le krach du Panama, les logements trop chers,

Les inondations, les épouses volages.

Les rencontres de trains, le trafic des suffrages.

Enfin, le général expose le désir

Des milliers d'électeurs qui Tout voulu choisir.

Le pays, à présent las des vaines querelles,

"Veut reviser les lois constitutionnelles.

Ayant ainsi parlé, Téloquent orateur

Va regagner son banc comme un triomphateur.

Au milieu du tumulte où la Chambre s^aflfole, Aucun n'a pu saisir une seule parole ; Pourtant, de confiance, on applaudit ici, Et là-bas le fracas recommence grossi.

L'air est tout ébranlé d'apostrophes, d'injures Que les représentants, comme autant de souillures, Se lancent au visage avec acharnement.

Rien n'est plus respecté dans cet égarement : On s'appelle voleur, escroc, imposteur, traître, Echappé de Mazas, affronts sanglants peut-être. Mais la plupart du temps justifiés, hélas ! Cependant bien tranquille au milieu du fracas, Le président contemple avec un doux sourire Un désordre qu'il voit souvent se reproduire.

Soudain Floquet atteint la tribune d'un bond. La main dans son gilet, leiegard furibond, « A quoi vise, dit-il, ce discours hypocrite ? Pour ma part quel reproche est-ce que je mérite? Sont-ce mes sentiments qu'on ose suspecter ? Le souvenir du Czarne peut-il attester Mon horreur des tyrans et mon patriotisme? Plus tard, quand j'ai tourné vers le radicalisme.

i58 La Boulangeade

N'ai-je pas prodigué des programmes pompeux Où je jurais d'aider le peuple malheureux

A balayer un jour ses exploiteurs infâmes ?

Je refuse, il est vrai, de remplir mes programmes

Aujourd'hui. Mais n'importe, ils existent. Messieurs.

Que me reproche donc le parti factieux ?

Le peuple est malheureux toujours, dit-il. Qu'y faire?

Ai-je rien négligé jusqu'ici pour lui plaire ?

Je donne à chaque instant des fêtes d'apparat

Dont le peuple de loin peut admirer l'éclat.

Je donne encor, assez souvent ne vous déplaise,

De superbes festins dont le peuple à son aise

Peut à mes soupiraux respirer le fumet.

Et d'ailleurs, si le peuple a si faim en effet,

Tant qu'il veut, 5 son saoul, il peut manger du prêtre.

Et s'il n'a pas d'argent, s'il manque de bien-être,

En revanche il élit du moins les députés.

Qui se font des trésors sur ses calamités.

Non, le peuple est heureux sous notre cher régime ;

Si modeste qu'il soit, son rôle est si sublime,

Qu'au milieu des grandeurs dont je suis prisonnier

Bien souvent je voudrais n'être qu'un ouvrier.

La Boulangeade i 5 9

De vils ambitieux nous parlent à cette heure De la revision. Pensent-ils par ce leurre Abuser le pays ? Non, on veut des moyens De s'attirer les voix de ses concitoyens ; Par la revision on espère détruire Notre gouvernement pour restaurer l'Empire. On espère abolir nos saintes libertés.

Empire ! Royauté ! Régimes détestés !

Pour revenir à vous il faudrait que la France De ses propres malheurs eût perdu conscience.

Quels temps nous rendrait-on ? Serait-ce les beaux Jours Où l'inquisition à tous nos carrefours Nourrissait les bûchers de victimes humaines ? Serait-ce l'heureux temps où, liés aux domaines D'un maître tout-puissant, pendant qu'un vil seigneur Dans sa couche impudique enterrait notre honneur, Nous allions tristement, conduits par deux patrouilles, Agiter ses fossés pour chasser les grenouilles ? Serait-ce le grand siècle où, simples roturiers, Nous voyions nos écus partir Jusqu'aux derniers

Pour les plaisirs du prince et de ses concubines ? O France ! ouvre les yeux ; vois où tu l'achemines !

I Go La Boulangcade

Envisage celui qui veut te rabaisser

Sous le joug dont tu viens de te débarrasser.

De quel espoir sacré cet homme est-il le gage ?

Bonaparte lui-même était mort à son âge.

Nous mettrons-nous aux mains d\tn nouveau général,

Qui pour mieux arriver selon son idéal

A rimmortalité quMl se croit départie

Passa par Tantichambre et par la sacristie ? »

Aussitôt derechef un vacarme effrayant

Accueille sur sa fin ce discours foudroyant,

Et Floquet va s'asseoir Torgueil sur le visage.

Le brave général, bondissant sous l'outrage,

Riposte en l'appelant « Sale pion ». Alors

Ils sautent l'un vers Pautre ; on les prend par le corps ,

Et tandis que la Chambre adopte la censure,

Mon héros furieux crachant à sa figure

Sa haine, son mépris et sa démission,

Entraîné par les siens, sort du Palais-Bourbon.

Le soir même Paris, en proie à l'épouvante, Savait déjà qu'après cette scène émouvante, Le général allait se battre avec Floquet. Ce bruit n'était que trop fondé. Par un valet

La Boulangeade i6i

La duchesse ignorante avait appris Taffaire. Dire le de'sespoir de cette femme altière Serait chose impossible. Elle courut en pleurs Vers son amant fidèle, objet de ses douleurs. Maudissant à grands cris sa triste destinée. Malheureux général ! Duchesse infortunée !

Sont-ce là les plaisirs que vous vous promettiez?

Auprès de Boulanger, accroupie à ses pieds,

Par moments la duchesse en cette humble posture

Arrache de son front sa blonde chevelure,

En accusant tout haut sa folle ambition

De mener son amant à sa perdition ;

D'autres fois, suspendue à ses lèvres si chères,

Evoquant les beaux jours de leurs amours premières,

Elle veut, sans attendre un seul instant de plus,

S'enfuir seule avec lui vers des bords inconnus.

Cependant Rochefort survenant auprès d'elle Entreprend de calmer cette douleur mortelle. Il lui dit que souvent en duel il s'est battu Et que jusqu'à présent il n'a jamais rien eu, En portant à son cou des médailles bénites Qui lui venaient en don de deux pères jésuites

i62 La Boulangeade

Ce peu de mots frappa la duchesse très fort. Suivant de point en point l'avis de Rochefort, Elle s'en fut chercher un paquet de reliques Qu'elle avait, comme en ont les bonnes catholiques,

Et, cessant de pleurer, en farcit de sa main L'habit que son amant mettrait le lendemain. Puis Rochefort partit pour l'église voisine, Emportant, dans un grand fourreau de moleskine, Le glaive que prendrait son ami dans son duel, Pour le faire bénir selon le rituel.

Alors demeurés seuls, Boulanger, la duchesse. Chacun de leur côté s'en furent à confesse. Pour la première fois, le soir, les deux amants Allèrent se coucher dans deux lits différents.

Ainsi le désira la duchesse immuable.

D'abord pour éviter d'être pris par le diable

En péchant quand la mort peut-être était près d'eux ;

Et puis pour qu'au moment de son duel hasardeux

Son amant eut gardé son énergie entière.

Mais tous deux cette nuit ne sommeillèrent guère.

La duchesse voulut, ne pouvant fermer l'œil.

Faire de la charpie, assise en son fauteuil ;

La Boiilangeade i63

Au jour la quantité qu'elle en avait forme'e Eût suffi largement pour tout un corps d'arme'e.

Cependant le moment du combat est venu. Le couple affligé part dans le landau connu Chez Texcellent Dillon, qui prête sa demeure Aux duellistes. Devant sa maîtresse qui pleure, Boulanger reste calme. Une dernière fois, Elle Tembrasse, et monte au grenier sous les toits Pour contempler de loin le duel sans qu'on la voie. Telles, aux temps passés, du haut des murs de Troie, Les dames observaient à leurs moments perdus Les Grecs et les Troyens dans Tassant confondus.

Quand les deux ennemis se virent face à face,

Boulanger s'écria les traits pleins de menace :

« Je ne te fuirai plus, misérable Fioquet.

Si tu m'as fait sauver hier par ton caquet,

Maintenant, imposteur, je vais te tenir tête.

Il faut donc qu'à mourir Pun de nous deux s'apprête.

Mais d'abord, attestons ici nos électeurs.

Qu'ils gardent nos serments ! Je jure, si tu meurs,

De donner aux Français même avant toutes choses,

La revision. Toi, jure-moi, si tu Poses,

1G4 La Boulangeade

Au cas où par ton bras je tomberais occis, De la donner aussi, comme tu Pas promis. » Mais Floquet lui répond, l'œil brillant de colère : « Ne viens pas me parler, exécrable adversaire, De ta revision. De même quHl n'est pas De fidèles serments entre souris et chats, De même, aussi longtemps que nous vivrons, aucune Revision jamais ne nous sera commune.

Défends-toi maintenant ; tâche, si tu m'en crois, De tenir ton épée aussi bien qu'autrefois

Dans les processions tu tenais ton grand cierge ! » Parlant ainsi, Floquet allonge sa flamberge, Et cherche à l'improviste à percer son rival. Mais, détournant le coup, le brave général S'écrie avec fureur : « Tu m'as manqué, perfide ! A ton tour défends-toi, car ton sort se décide. Puisse mon glaive aigu s'enfoncer dans ton corps Et t'envoyer mentir au royaume des morts ! La lutte à mes amis deviendrait plus légère, Car à vous deux Ferry vous faites bien la paire. »

Le héfos en disant ces mots fond sur Floquet, Gomme l'aigle royal qui s'élance d'un jet

La Boulangcadc i65

Sur le lièvre craintif ou la brebis timide. Le ministre, devant cette attaque intrépide, Recule en opposant la ruse à la valeur. Tout en se défendant, il cherche avec ardeur Vers quel point il pourrait percer son adversaire. Mais le beau général, devant comme derrière, Se trouvait protégé par les objets bénits Que la duchesse avait cousu sous ses habits,

Sauf cependant au point où le cou s'articule Tout au bas de la gorge avec la clavicule. C'est là que brusquement le glaive de Floquet S^enfonce. Malheureux général! C'en est fait! Te voilà renversé, conché dans la poussière ! Pour comble de malheur, insultant ta misère, Ton féroce ennemi s^avance auprès de toi. « Hé bien ! dit-il, voyons, es-tu content de moi ? J'espère qu'à présent tu vas rester tranquille. Et que tu n'iras plus semer de ville en ville

La haine et le mépris de mon gouvernement. Va, ta revision se meurt en ce moment. Ils reviendront à nous, traître, tous ces suffrages Que tu nous as volés au cours de tes voyages.

i66 La Boulangeadc

Ton triomphe est fini : désormais les Français

Par d'autres que par moi ne seront plus refaits.

Au revoir ; continue à payer des poètes

Qui propagent ta gloire avec leurs chansonnettes ;

De ta téme'rité ce juste châtiment

Ne leur servira pas d'un petit aliment. »

Il dit, et se retire. Immobile par terre,

De'jà le général a fermé sa paupière ;

C'est presqu'un mort auquel Floquet vient de parler.

Les amis du vaincu, laissant leurs pleurs couler,

Emportent le héros tombé dans sa défaite,

Deux aux pieds, deux aux bras, un cinquième à la tête ;

Un sixième tenait le glaive, et le restant

Plaignait du général le sort déconcertant.

Mais déjà l'amitié, l'amour et la science

S'empressent pour sauver cette noble existence.

Page 1