CHANT SIXIEME
O Vénus! quel mortel oserait affirmer
Qu'une âme ici-bas sait réellement aimer
Avant d'avoir subi l'épreuve de Tabsence ?
L'absence aux vrais amants est un malheur immense,
D'après le très illustre ermite de Ferney.
Oh ! cette fois, je crois que Voltaire a dit vrai,
Oui, l'absence des feux qu'éprouve un cœur sensible
Donne un critérium à peu près infaillible.
Elle éteint une ardeur mensongère en un jour;
Elle rend éternel un véritable amour.
Tels étaient les pensers où vivait la duchesse. Depuis que son héros, soustrait à sa tendresse,
Passait ses tristes jours dans un exil amer. Par un beau soir d'octobre, assise en rocking-chair, La duchesse suivait d'un œil mélancolique Les ravages du vent dont le souffle énergique Dépouillait les jardins de leurs derniers joyaux, Le soleil se couchait, et le chant des oiseaux Excitait dans son âme un trouble plein de charmes Qui presque à son insu mouillait ses yeux de larmes.
Soudain, d'un geste plein de résolution,
Mon héroïne ouvrit avec émotion,
Un cahier que nouaient de nombreux rubans roses.
Elle prit une plume, et, les paupières closes,
Demeura quelque temps dans Timmobilité.
Puis comme si quelqu''un derrière elle eût dicté,
D'une tremblante main elle écrivit ces lignes :
« O mon âme ! tais-toi. Vainement tu t'indignes,
De souffrir des tourments que d'autres ont soufferts.
Résigne-toi : tes maux deviendront moins amers.
L'existence t'est dure, ô pauvre inconsolée ! Qu'un soleil radieux éclaire la vallée, Que sous le souffle pur de Taimable printemps, La terre ait revêtu ses habits éclatants,
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Un hiver éternel restera ton partage.
La mort même, la mort, lorsque je Penvisage, Ne me garantit pas la fin de mon tourment, Et dans mon désespoir, pour tout soulagement, Je suis réduite à faire, à Pheure où j''agonise, De mon sombre destin la lugubre analyse. »
A peine la duchesse ayant écrit ces mots, S'apprêtait à goûter les douceurs du repos, Qu'un vacarme effrayant vint frapper son oreille. « Rêvé-je? juste ciel, dit-elle, ou si je veille? » Mais au bout d'un moment le fracas devint tel, Qu'il semblait qu'un combat se livrait dans l'hôtel. Cherchant de quel endroit part ce bruit ridicule, La duchesse assourdie arrive au vestibule. Elle entre, et tout à coup découvre devant soi. Un spectacle imprévu qui la glace d'effroi.
Un de ces vagabonds dont l'aspect seul écœure.
Etait là sous ses yeux profanant sa demeure.
Ses habits, tellement il les avait portés.
N'étaient plus que haillons ; ses souliers tout crottés,
Paraissaient avoir fait à ses pieds trois cents lieues ;
Ses yeux étaient couverts par des lunettes bleues ;
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Son corps était atteint de déviation,
Et pour marcher, malgré sa claudication,
Le pauvre malheureux, en traînant les chevilles,
Appuyait ses deux bras sur de vieilles béquilles.
En voyant ce bonhomme entrer dans leur logis, Les Suisses s'étaient mis à jeter les hauts cris, Et sur-le-champ vingt-cinq à trente domestiques, Leur apportaient Tappui de leurs mains énergiques, L'un tenant un balai, l'autre une pelle à feu, Un troisième une broche apte à servir d^épieu. D'autres des coutelas de cuisine et de chasse. Enfin, venus trop tard pour trouver une place, Parmi les combattants, deux ou trois maîtres-queux. Les excitaient de loin par leurs cris belliqueux.
On eût cru qu'aisément cette nombreuse armée,
Serait venue à bout d'un malheureux pygmée.
Mais sous ses vieux haillons l'homme se redressant,
Devant ses ennemis prit un air menaçant.
Il saute sur l'un d'eux armé d'une béquille.
« Malheureux, hurlc-t-il ; va-t'en, ou je t'étrille! »
Cette mâle attitude en impose aux laquais.
Ceux qui sont près de lui s'effacent inquiets ;
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Les autres plus hardis cherchent des projectiles Et le visent de loin avec leurs ustensiles.
Le bonhomme en haillons avait déjà reçu Plusieurs balais lance's par un bras résolu, Lorsque mon héroïne accourant au vacarme Dans Pimmobilité fit demeurer chaque arme. « Que se passe-t-il donc? dit-elle aux combattants. Que fait ici cet homme assailli par mes gens? » Mais l'homme sans répondre arracha ses lunettes. «Grand Dieu ! s^écria-l-elle. Imprudent que vous êtes! Vous ici ! Je me meurs ! » Et devant son amant, Elle s'évanouit sans faire un mouvement.
Quand de ses sens enfin elle reprit Tusage, La duchesse aperçut d'abord la douce image De Tétre cher auquel son cœur s'était donné. Le brave général avait abandonné Son ignoble défroque à présent inutile. Soutenant d'une main son amante immobile, De l'autre il présentait à ses nerfs olfactifs Trois ou quatre flacons de sels confortatifs. Ces remèdes offerts par une main chérie Rappelèrent bientôt la duchesse à la vie.
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Ainsi que le pêcheur amène à son esquif L''infortuné poisson dans ses filets captif, La duchesse embrassant son amant par le torse L'attira sur son sein palpitant avec force. Trois fois les deux amants de bonheur enivrés, Oubliant quels malheurs les avaient séparés, Goûtèrent les douceurs d'une ineffable étreinte. Puis, lorsque, sa première ardeur étant éteinte. Mon héros eut mis fin à son expansion, La duchesse entama la conversation.
— Oh ! qui m'eût fait jadis prévoir, s'écria-t-elle, Qu'un Jour le noble objet de ma flamme éternelle S'offrirait à mes yeux vêtu comme cela ?
Le héros de Longchamps en est donc réduit là ?
— Oui, madame, plaignez mon existence affreuse, Répondit Boulanger d'une voix caverneuse.
Pour venir en ces lieux sans qu'on en soit instruit. Je dois me déguiser comme un voleur de nuit. Moi qui des généraux porte le blanc panache, Sous d'ignobles haillons il faut que je me cache.
C'est honteux, ridicule, absurde, je sais bien; Mais pour vous voir je n'ai que ce triste moyen.
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Mon affreux successeur, en ce moment m.on maître, Refuse obstine'ment de me laisser paraître Dans ce Paris encor plein de mon souvenir. Et pendant qu'en exil on cherche à me tenir, Les hommes au pouvoir, habiles politiques. Corrompent à prix d'or mes braves domiestiques, Et leur haine sans cesse égarant ma raison Me fait craindre partout le fer ou le poison.
Oh ! quels amers tourments l'existence me donne ! Mon plus ancien ami, Clemenceau, m'abandonne. ;^uand on parle de moi, ce prince des ingrats Répond en souriant qu'il ne me connaît pas. \illeurs Ferry s'agite et fait le diable à quatre;
1 m'insulte de loin, et ne veut pas se battre, ^e lâche ! Ah ! si j'avais toute ma liberté !
i mon juste courroux n'était pas arrêté ^ar l'amour de la France et par la discipline, ^ue j'aurais vite fait rien qu'avec ma houssine
)'imposer le silence à mes vils détracteurs ! 4ais hélas ! puis-je agir contre ces imposteurs ? ^nchaîné, bâillonné par un devoir austère, l me faut supporter les affronts et me taire
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Lorsque mes ennemis par d'infâmes moyens Me rendent odieux à mes concitoyens.
De ce triste combat livré pour ma ruine Ces traîtres sortiront vainqueurs, je le devine, Et le dégoût où m'ont plongé ces scélérats Me fait à certains Jours désirer le trépas,
— Que dis-tu, malheureux? s'écria la duchesse.
Ignores-tu pour toi ce qu'a fait ta maîtresse?
Pendant que dans l'exil tu consumais tes jours,
Je me suis assuré le précieux concours
Detout ce que Paris compte en fait de grands hommes.
Je ne te dirai pas ni le temps ni les sommes
Que cela m'a coûté ; mais il te faut savoir
Quels Français sur ta tête ont placé leur espoir.
Ne m'interroge pas ; tu verras ce soir même i
Si je te trompe, Ernest, quand Je dis que Je t'aime. »
Lorsque dans le ciel noir l'amoureuse Phébé Eut montré son croissant élégamment courbé, Nos deux amants, le cœur Joyeux, la panse pleine, Se levèrent enfin de table non sans peine. Et se donnant la main dirigèrent leurs pas Vers un salon tendu d'un superbe damas,
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Et dans lequel était déjà beaucoup de monde.
Le général allait saluer à la ronde,
Quand la duchesse, avant qu'il n'en eut pris le temps,
Adressa ce discours austère aux assistants,
« Messieurs et chers amis, Pheure est enfin venue
Où votre fière ardeur, jusqu'ici contenue,
Va pouvoir se donner libre cours en ces lieux.
Nous poursuivons un but entre tous glorieux :
C'est de donner pour chef suprême à la patrie
L'illustre général dont mon âme est ravie.
Si simple qu'elle semble aux yeux des gens sensés,
Cette entreprise exige, ainsi que vous pensez,
Plusieurs conditions de succès absolues,
Et qui par ce temps-ci ne courent pas les rues.
Il faut de l'or, j'en ai beaucoup. Il faut aussi Du talent : mais au fait pourquoi dire ceci A Rochefort, Dillon, Deroulède, Laguerre, Vergoin, ces grands esprits que la France vénère ? Ce qu'il vous fautapprendre,ô mes chers compagnons. C'est que cette entreprise où nous nous engageons Dans un jour rapproché peut nous faire connaître La misère, l'exil, la prison et peut-être
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La mort. Vous frémissez, messieurs. Je vous comprends Si vous craignez, partez, il en est encor temps.
— Madame, répondit Dillon d^une voix calme, Nous ne demandons tous qu'à mériter la palme Que le martyre place à la main des élus. Maintenant pour ma part, je vous dirai de plus
Que j^aime Boulanger presqu'autant que moi-même, Et qu'il est à mes yeux digne du rang suprême. On dira que je veux, sous son gouvernement, Rétablir mon crédit fort mince en ce moment, Il est vrai. Mais, ma foi, tant pis si Ton s'en choque. Je ferai mon devoir; le reste, je m'en moque.
— Je suis avec Dillon parfaitement d'accord. Madame, répondit à son tour Rochefort.
Rien ne m'arrêtera ; ma foi vous est promise : Je suivrai jusqu'au bout votre noble entreprise.
Nul devant le péril ne m'a vu me sauver, '
Et si sous la Commune il a pu m'arriver De fausser compagnie aux bons incendiaires, C'est que je n'aimais point leurs vilaines manières. Mais à présent, reçu chez des gens comme il faut, Du diable si je songe à leur faire défaut.
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— Madame ! s'écria vivement De'roulède,
Ne pensez pas en moi trouver cette ardeur tiède Qu'on rencontre parfois chez les amis peu sûrs. Pour moi la politique a des côte's obscurs; Mais le patriotisme illumine mon âme, Et J'affirme que seul le général, Madame, Porte des sentiments français comme les miens. Donc : Vive Boulanger ! A bas les Prussiens ! La revanche ! En avant pour la grande campagne ! Vive, vive la France, et mort à TAllemagne !
— Je reviens de Pontoise, il est vrai, dit Vergoin, Mais je sais tout ce dont notre France a besoin, Madame la duchesse. Il est incontestable
Que son état présent est vraiment détestable. Tout ce que nous avons souffert ces temps derniers, La chute du commerce et les krachs financiers, !Les vols honteux commis par les opportunistes Et les excès toujours croissants des journalistes, Enfin la honte où gît notre gouvernement, Tout, sans exception, provient uniquement
De la corruption des mœurs nationales.
On n'imagine point à quelles saturnales
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Nos gouvernants parfois osent s^abandonner ! Combien en voyons-nous le soir après dîner S'afficher en public aux côtés d'une fille? Dans ces conditions que devient la famille ? Que deviennent Thonneur, et les grands sentiments Chers aux républicains ? Les mœurs des gouvernants Exercent sur le peuple une entière influence, Et la France devient un lupanar immense.
Hé bien ! il faut de suite agir contre le mal. Quand les Français pour chef de Tordre social Auront enfin un homme aux mœurs irréprochables Comme le général, leurs excès condamnables Disparaîtront bien vite, et la prospérité Grandira ce pays qu'elle avait déserté.
Peut-être un peu longtemps devant vous je déclame, Mais je suis avocat, vous le savez, Madame, Et je puis bien parler à l'aise franchement Puisque je ne suis pas suspendu pour l'instant.
— Fort bien ! je vois, reprit gravement la duchesse, Que vos cœurs généreux sont exempts de faiblesse. Car, je n'en puis douter, le silence de ceux Qui n'ont pas souflâé mot les engage encor mieux
Que les discours ardents que nous venons d'entendre Et maintenant, Messieurs, essayez de m'apprendre Comment notre entreprise atteindra le succès, Et comment nous rendrons le bonheur aux Français. C'est surtout sur ce point que vos sages lumières Me sont en ce moment tout à fait nécessaires. »
A ce pressant appel, un silence de mort Répondit seul. Vergoin regarda Rochefort, Dillon derrière lui, Déroulèdc par terre. « Madame, dit enfin le jeune et beau Laguerre, Pour trouver le succès, en toute occasion. Je ne sais qu'un moyen certain : Tobsession. Pourquoi va-t-on le soir ouïr Paulus ? Serait-ce Parce qu'il est un homme unique en son espèce? Non, c'est tout simplement parce que nos regards Rencontrent dans Paris son nom de toutes parts.
Pourquoi de Géraudel mangeons-nous les pastilles, Sinon uniquement à cause des flottilles De réclames, de faits divers, de prospectus, Dont nos yeux sont depuis si longtemps rebattus ? Ceux dont l'obsession a pu subjuguer l'âme Sont comme hypnotisés, et vous savez, Madame,
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Qu'à la suggestion nul ne peut résister. Le jour où les Français entendront répéter Le noinde Boulanger dans toutes les gazettes, Quand ses hauts faits seront chantés par les poètes,
Quand on verra son nom couvrir des murs entiers, Ses exploits figurer dans les calendriers, Et sa photographie orner comme un fétiche La mansarde du pauvre et le palais du riche, Quand chacun aura vu son visage charmant, Quand les femmes partout le voudront pour amant, Ce jour-là Boulanger possédera la France. Madame, je vous ai dit tout ce que je pense. Croyez-moi, vous n'avez qu'à nous fournir des fonds, Et dès lors le succès est certain : j'en réponds.
Trois ou quatre journaux de probité facile Où notre général dans son plus brillant style Produirait ses griefs contre nos gouvernants;
— Des hymnes, des chansons aux refrains entraînants;
— Des milliers de portraits, d'affiches, de gravures ;
— Une inondation d'almanachs, de brochures;
— Un orchestre ambulant; — un régiment nombreux De camelots armés de gourdins dangereux ,
— Un grand choix de discours, les uns démocratiques, Les autres cle'ricaux ; — quelques filles publiques ;
Avec cela, Madame, on cre'era sans effort
Un vrai gouvernement durable, honnête et fort ».
A peine terminé, ce chef-d'œuvre oratoire
En acclamations souleva Pauditoire.
Seul, le comte Dillon, immobile à Técart,
Dansces communs transports ne prenait point sa part.
« Hélas ! Messieurs, dit-il, vous ne vous doutez guère
Des devoirs auxquels est soumis un militaire.
Ils sont d'une rigueur qu'on ne soupçonne pas.
Il nous est interdit, à nous autres soldats,
De livrer au public nos vers ou notre prose.
Croyez-vous, mes amis, que le général ose,
Lui si discipliné, violer cette loi ? »
En entendant ces mots, chacun demeura coi,
Et soudain, sur les fronts rayonnants d'allégresse,
Le bonheur triomphant fit place à la tristesse.
Malgré sa surdité, le brave confesseur
A qui mon héroïne ouvrait souvent son cœur
Entendit ce silence. Il en requit la cause.
Et quand par la duchesse il eut appris la chose,
112 La Buulangcade
« Vraiment, s'écria-t-il, Messieurs, vous plaisantez.
C^est cci obstacle-là qui vous tient arrêtés?
L'illustre ge'ne'ral, dit-on, ne peut écrire?
Hé bien ! qu^à Pun de nous il conte son martyre,
Et la France aussitôt connaîtra tous les torts
Qu'on eut à son égard. La discipline alors
Sera tout à la fois respectée et tournée. »
A ces mots derechef, une joie effrénée
Souleva les transports de tous les assistants.
<( Ah ! disait Rochefort, ces curés, quelles gens !
De quoi qu'on les accuse, il faut le reconnaître, Dans Fart de gouverner le dernier est un maître ! » Il prononce ces mots, et du noble marquis Dans un cri général tous partagent Tavis. Déroulède brandit sa formidable canne Et dit quUl la consacre à servir la soutane. De la grâce chacun sent Tefficacité :
Vergoin même, Vergoin fait vœu de chasteté. Et l'on se quitte enfin dans cette effervescence En jurant de donner Boulanger à la France.
« Hé bien ! dit la duchesse avec un air joyeux Lorsque ses invités eurent vidé les lieux.
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Hé bien! es-tu content de ma diplomatie?
— Ma foi ! dit Boulanger, écoute, mon amie, J'en suis bien désolé, mais je ne comprends pas.
— Est-il vrai ? s'écria la duchesse. En ce cas Ecarte tout soupçon de ton esprit timide.
Marche les yeux fermés : c'est TAmour qui te guide, Mais voici qu'il est tard, ô mon tendre proscrit ; La nuit s'avance; viens, allons nous mettre au lit. »