‹ La Boulangerie Municipale de CataneChapitre 25 sur 32 · AA · texte numérisé non relu

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« tenue de payer que Punique droit de revente, qui seul « peut-être considéré rigoureusement comme dépense « normale ordinaire » (1):

Nous avons vu que ce droit fut bien réduit à 71. 50 en février 1905 ; mais ce n’était pas là la suppression désirée, cette indemnité continua à peser lourdement sur les finances de la boulangerie et contribua à précipiter sa ruine. Il eût peut-être été difficile de le réduire immédiatement à 3 0/0, mais il eût été nécessaire de le réduire petit à petit, afin de ne pas effrayer les anciens patrons ; il semble qn’on aurait pu le réduire entre février 1905 et 1906; mais il n’en fut rien.

C'était là d’ailleurs une dépense qui eût pu être inuüle, si le pro-sÿndic n'avait pas tenu à réaliser un monopole ; elle ne figure pas sur les registres de la boulangerie municipale de Palerme qui fonctionne concurremment avec les boulangers privés et a pu réaliser en 1904, 9.000 I. de bénéfices, 12.000 en 1905 et 960 [. en

Et, avec M. Tenerelli, nous ajouterons qu'il est regrettable « que l’on ait fait supporter aux contribuables et aux consommateurs de Catane un sacrifice aussi important pour empêcher la concurrence privée, et assurerle monopole municipal, alors qu’en l'occurrence, l'intervention de la commune se justifie pour suppri-

mer le monopole privé et faire naître la concurrence

(1) Enquête, p. 59 et 60.

honnête. » (1) C’est seulement dans les industries qui tendent fatalement à l’organisation monopolisatrice que la commune peut substituer un monopole publie au monopole privé, pour supprimer ou détourner au profit de la collectivité les bénéfices disproportionnés que donne le monopole.

Il nous à semblé intéressant de montrer à la fin de ce chapitre, comment était effectué en réalité le service de la distribution du pain et celui de la revente, sous le régime municipal: nous en faisons ici la description.

Aussitôt sorti du four, le pain produit était amené dans un petit local près de l'entrée: les voitures de distribution attendaient, placées sous le grand hall vitré, à l’entrée de l'établissement: cette opération donnait toujours lieu au plus grand tumulte, et la confusion qui régnait était bien faite pour favoriser la fraude.

Le pain était mis dans de petits paniers de fer rectangulaires, qui contenaient chacun 80 kilogrammes de pain de première qualité, 65 de seconde, et 100 de troisième qualité.

À Palerme, ce système fonctionne également : mais les paniers sont plombés par un surveillant et déplombés seulement au moment d'être livrés au vendeur.

À Catane, il n'en était pas ainsi : cinq ouvriers rem-

plissaient les paniers qui étaient aussitôt portés sur les

(1) Tenerelli. La municipalisation, p. 25.

voitures de distribution, voilures assez mal adaptées, d’ailleurs, à ce genre d'opérations. Il y en avait une dizaine à la fin de l’entreprise.

Chaque cocher recevait un bulletin qu'il signait, certifiant ainsi qu'il avait bien reçu le nombre de pains inscrit sur le bulletin; puis il partait vers 6 heures et demie du matin approvisionner les reventes dont il était chargé.

Les heures d'ouverture et de fermeture de ces reventes qui étaient fixées par arrèté municipal étaient contrôlées par un surveillant.

En recevant le pain, le dépositaire devait en vérifier le poids et laisser un reçu au cocher, qui le rapportait au bureau de la boulangerie.

Les ex-patrons et tous les revendeurs pouvaient, en laissant reçu, prendre eux-mêmes le pain, à leurs propres frais; c'était là un sérieux inconvénient qui entraîna plus d’une fois des erreurs de comptabilité.

On devait payer tous les jours les revendeurs ; mais, en réalité, ils ne l’étaient guère que tous les mois à cause des difficultés d'argent dans lesquelles ne cessa pas d’être Ia boulangerie municipale.

Il nous reste à voir comment était organisée la vente elle-même. Au début, nous savons que le municipe entretint à son compte des dépôts auxquels il donnait le 3 0/0 sur la vente; ils furent supprimés au mois de septembre 1903, et les ex-patrons assumèrent à eux seuls Le soin de la vente: entretenant eux-mêmes une

quinzaine de reventes chacun, auxquels ils accordaient également le 3 0/0.

Les locaux de revente étaient, pour la plupart, dans un état pitoyable. Chaque revente portait sur sa porte une inscriplion indiquant de quel four elle dépendait. Le pain se vendait au poids, nous en connaissons déjà les prix. IT faut remarquer que, lorsque les prix étaient de 0.23, 0.24 ou un chiffre intermédiaire entre 5 et 10, comme il n'y a pas de monnaie divisionnaire à Catane, le consommateur payait le chiffre immédiatement supérieur, et le bénéfice en restait au revendeur.

Ces revendeurs ne portaient pas le pain à domicile, et, comme aujourd’hui encore, sauf à la coopérative, le consommateur devait aller le chercher lui-même à la boutique du revendeur.

Ce revendeur n'accordait aucun crédit et il ne tenait aucune comptabilité, les dépenses étant d’ailleurs assez réduites.

La boulangerie coopérative à supprimé ce système de revente qui entraine de nombreux inconvénients au point de vue hygiénique comme au point de vue financier.

Elle vend à ses seuls sociétaires dans des magasins annexés aux locaux de fabrication, évitant ainsi de faire passer le pain dans les mains de tous ces intermédiaires:

Depuis la fermeture des fours municipaux, le nombre des revendeurs qui avait beaucoup diminué, à commencé à remonter quelque peu et les locaux sont toujours restés aussi malpropres et malsains.

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