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Les abus de l'administration communale avatent ainsi provoqué eux-mêmes la naissance de l'institution qui allait ètre pour elle un sérieux adversaire ef qui devait entrainer ou au moins précipiter sa ruine.
Tandis que la boulangerie municipale végétait, la boulangerie coopérative prospérait : deux fours nouveaux étaient ouverts dans la ville etia production qui était de 600 kilogrammes le jour de Fouverture du premier four, montait le 31 décembre à 3,400 kilogrammes. De plus, tout en maintenant les prix de vente de 0.02 plus bas que les prix de la boulangerie municipale, le premier exercice accusait un bénéfice net de 2.7951. 60 à répartir entre les actionnaires.
Et cela est d'autant plus étonnant que Pambiant de la ville, déjà assez peu favorable au bon fonctionnement des institutions politiques etadministratives, n’était pas davantage propice à l'institution et au développement des sociétés anonymes par action. Mais elle était née sous l'empire de la nécessité et répondait à un réel besoin d’une partie de la population et c'est ce qui explique son succès.
Ces succès ne laissaient pas que d'inquiéter vivement le pro-syndic. Dès le 8 août 1904, c'est-à-dire un mois après son installation, il proelamait dans un article tout bourré de chiffres la faillite morale de la coopérative (1).
(1) Corrière di Catania, 8 août 1904.
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Le 30 septembre, à la suite d'une réunion tumultueuse des ouvriers boulangers employés à la boulangerie municipale, ceux-ci très surexcités donnèrent l'assaut aux fours coopératifs de la Via Garibaldi et détruisirent deux d’entre eux qui furent d’ailleurs aussitôt reconstruits.
Jusqu'à ce moment, la boulangerie coopérative n'a pas cessé de prospérer. En décembre 1905 les sociétaires étaient 1.095 et la production quotidienne du pain se montait à 6.000 kilogrammes, les bénéfices à 6.089 1. 63 par an.
A la fin de l'exercice 1906, ils étaient de 3.569 1. 90 et toutes les dépenses de premier établissement étaient amorties, deux nouveaux fours étatent construits et la production s'élevait par jour à près de 6.000 kilogrammes, le nombre des sociétaires était de 1.383 (D). Malheureusement, la boulangerie coopérative n'a pas cru devoir établir un grand établissement rationnel, doté des instruments mécaniques les plus récents : elle s’est contentée de construire dans divers points de la ville des fours assez peu différents des anciens, mais où les règles de l'hygiène, surtout celles de l'hygiène personnelle des ouvriers, sont mieux respectées ; sa clientèle est presque exclusivement composée de l'aristocratie catanaise, et c’est là ce qui explique en partie pourquoi le travail à la mécanique n'a pas été substitué au tra-
(1) Sicilia, 28 février 1907.