‹ La boule de vermeilChapitre 30 sur 46 · LES HOTES DE SAIXT-JUL1EN · texte numérisé non relu

LES HOTES DE SAIXT-JUL1EN

L'église Saint-Julien-le-Pauvre, que l'on n'aperçoit que d'une ruelle, et par les fentes d'une vieille porte de bois, est la plus touchante église de Paris. Elle fut, dès longtemps, à moitié démolie, et de l'ancien portail on ne voit plus, à l'extérieur, que la travée gauche. Près de la porte est 1 énorme puits de fer du xne siècle : il eut des privilèges miraculeux: aujourd'hui, sa margelle est pleine de terre et un petit sapin vert y pousse.

La cour est vaste ; de grandes maisons populeuses, aux fenêtres pleines de pots de fleurs et de cages d'oiseaux, y ouvrent leurs seuils. Les gamins joufflus jouent au cerceau, creusent des trous, font des jardinets, construisent des cabanes de bois adossées aux bas-côtés de l'église. Les mères, de leur fenêtre, les surveillent. Lorsque les ouvriers rentrent du travail, ils n'envient pas le repos de Cbatou et d'Asnières.

Ils ont des arbres, du soleil, de l'air.

Il est difficile de leur persuader qu'ils habitent dans une rue trop étroite et que la Salubrité publique veut qu'on démolisse leur maison.

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