‹ La boule de vermeilChapitre 7 sur 46 · LA TACHE D'ENCRE · texte numérisé non relu

LA TACHE D'ENCRE

M"e Sophie s'était assise sur son encrier, qui avait taché, en dessous, le tapis de la table, la table et, parla rainure de la table, le joli parquet de pitchpin, et, en dessus, sa robe de mousseline, son jupon, son pantalon, sa chemise et son petit derrière.

Elle faillit pleurer, puis, pour ôter les taches avant qu'elles eussent séché, elle courut à sa chambre, et elle grimpa en hâte l'escalier comme si elle y fût poursuivie par le remords de sa faute.

Mlle Thérèse, avec son grand chapeau blanc aux marguerites tombantes, avec son ombrelle de dentelle crème etsesboltinesjaunes, aux bouts malheureusement carrés, sonna :

— M"0 Sophie est-elle ici?

— Si mademoiselle veut bien monter.

Et M1!c Thérèse monta, passa dans le couloir dont les murs étaient couverts de gravures extraites des journaux illustrés, et se trouva à la porte de son amie.

Elle entra.

Et elle rit beaucoup parce que son amie, MUe Sophie, toute nue, était à genoux sur le parquet, qu'elle mirait son petit derrière dans son armoire à glace et que, les jambes bien serrées contre le ventre pour tendre fermement sa fesse rose, elle frottait la petite tache d'encre avec sa pierre ponce.

ai mars 1904.

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