CHANSON
A ce malheur qui jour et nuict me poingt, Et qui ravit ma jeune liberté, Dois-je tousjours obeyr en ce point, Ne recevant que toute cruauté ?
Fidèlement
Aymant,
Je sens
Mes sens
Troubler, Et mon mal redoubler.
Cest or frizé, et le lis de son teint, Soubs un soleil doublement esclarcy.
Ont tellement mes mouëlles attaint.
Que je me voy desja presque transi ; Son œil ardant,
Dardant
En moy,
L'esmoy
Du feu.
Me brusle peu à peu.
Je cognois bien, mais helas! c'est trop tard, Que le meurtrier de ma franche raison S'est escoulé par l'huys de mon regard, Pour me brasser ceste amere poison :
Je n'eus qu'ennuits.
Depuis
Le jour
Qu'amour,
Au cœur M'inspira sa rigueur,
,Et nonobstant (cruelle) que je meurs, En observant une saincte amitié.
Il ne te chaut de toutes mes clameurs Qui te devroient inciter à pitié.
Vien donc, Archer
Très cher,
Volant,
Doublant
Le pas.
Me guider au trespas 1
Ny mes esprits honteusement discrets, Ny le travail que j'ay pour t'adorer.
Larmes, souspirs, et mes aspres regrets. Ne te sçauroyent (Dame) trop inspirer; Si, quelquefois,
Tu vois
A Lœil,
Le dueil
Que j'ay Pour l'amoureux essay.
Quelqu'un sera de la proye preneur ^ :
Que j'ay long temps par cy devant chassé, j
Sans mériter, jouyra de cet heur i Qui a si fort mon esprit harassé.
C'est trop servy :
Ravy
Du mal
Fatal, j
Je veux i Concevoir "autres veux.
Quelque lourdaut, ou quelque gros valet, :
Seul, à l'escart, de mon heur jouyssant,
Luy tastera son ventre rondelet, ■
Et de son sein le pourpre rougissant : \
De nuict, de jour, '\
L'amour j
Me fait j
Ce fait !
Penser, !
Et me sert d'un enfer. '
Or, je voy bien qu'il m'y convient mourir I
Sans espérer aucun allegoTient ; ]
Puis qu'à ma mort tu prens si grand plaisir, j
Ce m'est grand heur, et grand contentement, i
Me submettant, '
Pourtant ' •
Qu'à tort j
La mort 1
L esprit I
Me ravit par despit. •
q8 gaillardises
SONNET
Il me desplaist beaucoup qu'une nouvelle Mesche Offusque le Flambeau du naturel Amour ; Je m'attriste d'ouïr ce qu'on dit de la Cour ; (^) Mon Visage, d'ennui, se jaunit et dessèche. (^)
Le Roy, comme l'on dit, accole, baise, et lesche. De ses potipins mignons le taint frais, nuit et jour; Eux, pour avoir argent, lui prestent, tour à tour, Leurs Fessiers rebondis, et endurent la bresche.
Ces Culs devenus Cons engouffrent plus de biens
Que le Gouffre de Scylle hay des Anciens,
Et auroit mieux valu, pour le bien de la France,
Qu'Henri, second du nom, à qui je fus donné,
Bien qu'il desplaise aux Dieux, eust les Culs bouquiné,
Que de faire un Néron de sa noble Semence. (^)
SONNET
Foutes Bouches, Culs, Cons, et, d'une main lubrique, Donnés vous de Venus le savoureux Plaisir ; Avecque vos Mignons consommés le loisir Qui est deu, selon Droit, à la chose publique.
Tandis que vous branles, sans faire sang, la Pique, Et que des Voluptés se paist vostre Désir, Vostre Couronne chet, et l'on s'en veut saisir. Par ruses et accords que l'estranger prattique.
Je sçai que vous dires que le Grand Juppiter
Ne fait rien dans le Ciel que Culs et Cons fouler,
Et que pour tout cela il ne perd sa Couronne :
Il est plus fort là haut que vous n'estes ici p Il a des Fils vaillans : vous n'estes pas ainsi; Vostre Semence chet en terre qui n'est bonne.
SONNET
A Dieu, Cons rondelets, Corralines Fossettes, L'entretien de Nature et de tout l'univers ; A Dieu, antres Velus, plains de plaisirs divers, Fontaines de Nectar, Marbrines Motelettes.
Ores, en vostre lieu sont les fesses molettes. Et les Culs blancs de chair, de tout Poil descouverts ; Les Culs plus que les Cons sont maintenant ouverts : Les Mignons de la Cour y mettent leurs lancettes.
Le Roy ne m'aime point, pour estre trop barbu ;
Il aime à semencer le champ qui n'est herbu,
Et, comme un vray Castor, chevaucher le derrière .' (*)
Lors, qu'il foute les Culs, qui sont Cons estrecis : (^) Il tient du naturel de ceux de Medicis, Et, prenant le Devant, il imite son Père !
A FRERE ANDRE TIIEVET,