‹ La bouquinade et autres gaillardisesChapitre 36 sur 48 · ELEGIE A JANET · texte numérisé non relu

ELEGIE A JANET

Pein moi, Janet...

'Le fan et dont il est question, est François Clouet, dit Jehannet. peintre ordinaire des rois Henri II et Charles IX, et non son père, Jean Clouet, mort en 154^. Ronsard a imité dans cette Elégie les Odes XXVIII et XXIX d'Anacréon, l'une sur le Portrait de sa Maîtresse, et l'autre sur celui de Bathyle. Quant aux imitations de l'Arioste et de Jean Le

Maire, cf. Paul Laumonnier : Ronsard Poète Lyrique, 503-505 ; Œuvres Complètes, Lemerre, 191Q, t. W\, 180, Notes. Cf. Remy Belleau, éd. Gouverneur, II, 112 : Portrait de sa Maistresse. (*) Sur ce tableau les beautez de m'amie,

[Œuvres, 1572.) (-) Il suffit bien que tu la sçais portraire Telle qu'elle est, sans vouloir desguiser

{Œuvres, 1587.) Il suffist bien si tu la sçais portraire

{Œuvres, i=»72.j (^) Serrez, retors, recrespez, annelez,

{Œuvres, 1584.) (^) Ou les allonge, et que libres ils sentent,

{Œuvres, 1384.) (^) La mesme odeur de ses propres cheveux, Car ces cheveux comme fleurettes sentent. Quand les Zeph3Ts, au printemps, les esvantent.

{Œuvres, i^bo.) {^) Ce vers et les cinq suivants sont supprimés

dans les Œuvres, 1500.

(') Ce vers et les trois suivants sont supprimés

dans les Œuvres, 15O7.

( ■ ) Mais qu'il soit tel qu'est la calme marine,

Mais qu'il soit tel qu'est l'eau de la marine,

[Œuvres, 1578.) Ç) Mais las ! Janet, helas ! Je ne sçay pas

[Œuvres, 1578.) (*") L'un soit piteux et larmoyant à voir. Comme celuy d'Ariadne laissée

{Œuvres, 1378.)

204 CiAILI.ARDISES DE RONSARD

Près de la mer, de pleurs se consommoit,

[Œuvres, 1384-) Apres vingt ans loing d'elle séjourné.

[Œiivrcs, 1387.) Pein-le moy donc my court, my aquilin,

[Œuvres, 1584.) ('^) Pareille au teint de la rose qui noue

[Œuvres, 1584.) ('^) Dessus du laict, ou au teint blanchissant

[Œuvres, 1584.) Le but d'un coing qui ja commence à croistre.

[Œuvres, 1573.) Plus blanc que lait caillé dessus le jonc,

[Œuvres, 1578.J '^^^ Gresle et charnu, et sa gorge douillette,

(Mes langes, 1555.) La main égale à celle de l'Aurore.

[Œuvres, 1078.) (-^) Estre semblable à celle que l'on voit.

(-*) Net, blanc, poly, large, entre-ouvert, et plein,

[Œuvres, 1578.) Texte des Meshiuges, 1555. Dans les Mes-

l anges, 1554 :

Puis, quand au til tu auras decouvers (-^) Texte des Meslanges, 1555. Dans les Mesl anges, 1554 :

Toujours les couve, et les aille en entant, Tout potelé, gracelet. rebondy.

(Œuvres, 1507.) (-^) Qu'un bel œillet favoris du Soleil.

[Œuvres, 1578.)

(-^) A pleine chair^, rondes tout à l'entour,

[Œuvres, 15 78.) (-') Telles que l'ont les vierges de Zacene,

Quand, prez d'Eurote, en s'accrochant de bras, D'un tour de lutte ell' se jetent à bas ;

{Mcsl auges, 1555.) Luttent ensemble, et se gettent à bas :

(Œuvres, 1578.) (-'') Quelque vieil cerf es forests Amyclées.

( Œuvres, 1587.) (-^) Ce vers et les ou^e suivauts sont supprimés

dans les Œuvres, 1500.

(^') Texte des Meslauges, iS55- Dans les Mesî auges, 1534 :

Tu fuis, Janet, à peindre son visage,

ODELETTE A JANE Jaue, eu te baisaut...

Richelet écrit que '^ Cette petite Ode est quasi d'invention semblable à cet Epigramme de Martial // ! la cinquantième du Livre 4) :

Quid me. Thaï, senem subindè dicis?

Nemo est. Thaï, senex ad irrumandum.

On voit qu'elles n'ont rien de commun, et que celle de Martial est franchement obscène. -'-' L'autre point >/, dont parle Ronsard, est -r le point final // en amour, et non l'irrumation. V Odelette serait plutôt, pour la première partie du moins, une rém.iniscence de l'Ode XI d'Anacréon. Toutefois, dans les Meslauges de i35> Ronsard la donne comme

K Prise du latin de D'Aurat ». La pièce de Dorât n'a pas été réunie à ses œuvres ; elle est inconnue.

La Jane de X Odelette est la même, croit M. Paul Laumonier. que celle qui est nommée dans le sonnet du Second Livre des Amours : Je ne suis variable... (Lemerre, iqiq, I, 147), et dans le Deuxième Livre des Odes, X : Fay rafraischir mon vin... (Lemerre, II, 200).

Cf. Ronsard Poète Lyrique, 514.

(^j Comme si un poil blanc ou noir

[Œuvres, 1587.)

(-) Sur le baiser avoit pouvoir !

[Œuvres, 1584.)

(3) Pour te baiser, pourveu que point

[Œuvres, 1584.)

ODE

Quand je veux en amours...

Paraphrasé d'Anacréon^, Ode XI. Ce vers : ''-' Volontiers bon cheval ne devint jamais rosse y> est un proverbe cité par Oudin dans ses Curiosité:^ Franco ises, p. 237. b., à la suite du Dict. de l'Ane. Langage, de La Curne de Sainte-Palaye, t. 10 : ^^ Jamais bon cheval ne devint rosse, c'est-à-dire : Jamais homme de bonne nature ne devint lasche. » M. Paul Laumonier, Œuvres Compl. Lemerre VII, ^o^, dit que l'origine est un vers de V Electre de Sophocle rappelé par H. Estienne dans la préface de son Anacréon : « equum generosum, quamvis senex sit, in periculis animositate non destitui. »

Remy Belleau a traduit la même Ode d' Anacréon. Cf. Œuvres CompL, éd. Gouverneur, Paris, iSby, I, 21. Elle avait déjà été traduite par Mellin de Saint-Gelais, Œuvres Conipl., éd. Blanchemain, Paris, 1873, III, 112 :

Des femmes suis appelé Vieillard tout chauve et pelé ; Et me disent que je preigne Un mirouer, et que j'appreigne, En me voyant sans cheveux A n'estre plus amoureux.

Or, quant à moy, je n'ay cure De poil ne de chevelure :

Si j'en av ou n'en ay point.

Ce soing guieres ne me poinct.

Je n'ay ny ne veux avoir Autre cure, autre sçavoir Que de tant plus m'esjouir, Que plus les ans vont foaïr.

(*j Ta couleur est d'un mort qu'on dévale en la fosse ;

[Meslanges, 1555.) (^) Car un gentil cheval ne devient jamais rosse !

{ Meslanges, iS^S-j Un cheval généreux ne devient jamais rosse !

{Œuvres, 1587.) (■*) Si tu veux le sçavoir, pren ce miroir, et vov

[Œuvres, 1578.) (^) Car jamais je n'appris à mirer mon visage.

[Œuvres, 1584.) Il n'est plus temps d'apprendre à mirer mon visage,

[Œuvres, 1587.)

(•') Mais puis que le tombeau me doit bien tost avoir, Certes, tu me devrois d'autant plus estre humaine,

{Œuvres, 1550.) Mais puis que mon corps doit sous la terre moisir, Bien tost, et que Pluton victime le veut prendre. Plus il me faut haster de ravir le plaisir D'autant plus que ma vie est proche de sa cendre.

[Œuvres, 1587.) C') Ses plaisirs, mesme au temps qu'il sent la mort prochaine.

{Œuvres, 1578.)

ODE A SA MAISTRESSE

OuûUci au temple^.

C'est une amplification d'une épigramme d'Asclépiade (cf. Anthol. Grecque, Épigr. érot. n° 85) : « Tu gardes ta virginité; et à quoi bon? Car ce n'est pas quand tu seras chez Pluton, que tu trouveras un amant, jeune fille. C'est chez les vivants qu'on jouit des douceurs de Cypris. Aux bords de l'Acheron, ma belle, nous ne serons plus que des os et de la cendre. » Voir aussi Jean Second, Elegiœ,

Dans les Œuvres de 1587, une note de Muret avertit que » Ceste chanson n'appartient en rien à Cassandre >/. Le sonnet qui la précède dans le Premier Livre des Auiours de 1384, est d'un sentiment identique, et se rapproche encore plus de l'épigramme d'Asclépiade :

Douce beauté, incufdricrc de ma vie, Eu lieu d'un cœur tu portes un rocher : Tu me fais vif languir et desecher Passiouué d'une amoureuse envie.

Le Jeune sang qui d'aimer te convie, N'a peu de toy la froideur arracher, Farouche, fiere, et qui n'as rien plus cher Oue langui/' froide, et n'estre point servie.

Appren à vivre, ô fiere en cruauté:

Ne s^arde point à Plu ton ta beauté.

Quelque peu d'aise en aimant il faut prendre.

Il faut tromper doucement le trespas :

Car aussi bien sous la terre là bas

Sans rien sentir le corps n'est plus que cendre.

Ci. P. Laumonier, Ronsard Poète Lyrique, ^2^]-

(*) Ou toucher à ton beau sein,

[Meslanges, IS55-) (-) Pour quy gardes-tu tes yeus,

[Meslanges, 1555.) (•^) Ton front, ta lèvre jumelle?

[Œuvres, i=.84.) ('') Ny ton visage si beau

p) Les testes de cimeteres.

[Œuvres, i=>S4.) (^) Tu fuis comme un Fan qui tremble ;

[Œuvres, 1571.)

ODELETTE

Pourtant, si j'ay . . .

Imitée d'Anacréon, Oitc XXXIV. Les vers 7 et 8 sont empruntés à un dicton populaire qui s'entend encore aujourd'hui. Rabelais, III, cliap. XXVIII : Coinnieiit frère Jean réconforte Panurge sur le doiibte de Coqi'tage... « — Desjà vo}' je ton poil grisonner en teste. Ta barbe, par les distinctions du gris, du blanc, du tanné et du noir, me semble une mappemonde... Icy est la montaigne de la Lune... Ce touppet ic v tout blanc, ce sont les mons Hyperborées. Par ma soif, mon amy, quand les neiges sont es montaignes... il n'y a pas grand chaleur par les vallées de la braguette.

... — Tu me reproches mon poil grisonnant, et ne consydere poinct comment il est de la nature des pourreaulx, es quelz nous voyons la teste blanche, et la queue verde, droicte et vigoureuse... »

Cf. PaulLaumonier, i^o/z^c?;-^/ Poète Lvrique,6oq- (ni.

(*) Pour cela mocquer il ne faut Ma teste, de neige couverte :

[Œuvres, 1587.) (-) J'av en bas la queue assez franche.

L'autre partie est assez franche.

[Œuvres, 1584.) L'autre partie est assez verte.

[Œuvres, 1387.)

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