ODELETTE A SA JEUNE MAISTRESSE
Pourquoi, connue une . . ,
Imitée de VOdc L\^III d'Anacréon. Cf. Paul Laumonier, Ronsard Poète Lyrique, 013 sq. (') Tu ne veux souffrir qu'on te touche,
{Œuvres, 1573.) (-) Et ne veux souffrir que la main D'un escuyer ouvrant ta bouche, T'apprivoise dessous le frein.
[Œuvres, 1587.) (•^) Soudain je t'auroy' faitte au cours,
{Meslanges, 1555.) Je dresserois tes pieds au cours,
{Œuvres, 1578.) Ton corps adresseroit au cours,
{Œuvres, 1587.) C') En la carrière des Amours.
{Œuvres, 1567.) Par la carrière des Amours.
{Œuvres, 1578.) (■') Mais bondissant, tu ne fais ores
EPITAFE DE THOMAS
La volupté...
Il n'v a rien parmi les quelques pièces burlesques et satiriques des Epigrammes Funéraires de VAntho-
logie Grecque qui ait pu inspirer XEpitafe de Thomas, si ce n'est le début du n° 401, de Crinagoras. Ce Thomas, qu'on ne peut identifier, figure déjà dans la Traduction de quelques Èpigrauiuies Grcc:[, du Livret de Folastries, p. 81.
(*) Le vin, qui n'a point de soucy,
[Œuvres, 1S87.)
SONNET
Marie, à tous les coups . . .
Le sentiment exprimé dans le dernier vers rappelle VOde XXXII d'Anacréon, sur le nombre de ses amours. Voir la Note suivante.
(*) Marie, en me tanceant vous me venez reprendre
[Œuvres, 1S78.) (-) Quand j'approche de vous, que j'aille à ma Cassandre,
[Œuvres, 1378.) (3) L'inconstance me plaist : les homme son bien lours
[Œuvres, 1S84.) (^) Oîii de nouvelle amour ne se laissent surprendre;
[Œuvres, 1500.) (5) Le loyal, qui ne veut qu'à une seule entendre, [Coutinuatiou des Amours, i5S7-) Qui veult, opiniastre, une seule prétendre,
[Œuvres, 1584.) (^) N'est digne que Venus luv face de bons tours.
[Œuvres, 15(30.)
SONNET
Je ne suis seulement . . .
Ce Sonnet, sans dédicace dans le premier texte de ISS S, porte le nom de rchristophle de] Choiseul dans le Second Livre des Amours, comme on le voit ci-dessous par la Variante 4. Dans l'édition de 1567 du même recueil, le poète nomme^ à la place, Cherouvrier, musicien auquel fut dédié le Souci du/" Livre des Poèmes {Œuvres CompL Lemerre, iQiQ, V. 99.)
« Il adresse, dit Belleau, ce sonnet à Cherouvrier, l'un de ses meilleurs et plus familiers amis, la vertu et intégrité duquel est assez cognuë entre ceux qui font profession de la musique et des bonnes lettres. Or, à l'exemple de TibuUe, lequel aymoit Nemesis et Délie... c'estoit vergongne anciennement de se contenter d'une Dame. Voy Properce qui s'en excuse avec révérence :
Una contcutum pudeat me vivere amica :
Hoc si crimen erit, crimen Amoris crit. >/
Sur le même propos, voyez notre édition du Livret de Folastries : Première Folastrie, p. 23, et M. Paul Laumonier, Ronsard Poète Lyrique, 150- 159, 536-553; Œuvres compl., Lemerre, iqig, VIII, Notes.
Ce sonnet a été mis en musique, à 4 parties, par Antoine de Bertrand [Second Livre des Amours, 1^78). Le Superius et le Ténor sont à la Bibl. Nat. Le Contratenor et le Bassus manquent.
(') Anne me tient aussi dans les liens d'Amour, [Coiitiiiiiation des Amours, i=>S7.) (-') Ore l'une me paist, ore l'autre, à son tour :
[Œuvres, 1571.) i'^) Un loyal me dira que c'est une folie
[Œuvres, 1500.) ('•) Je respons, Mon Choiseul, que je suis amoureus
[Œuvres, i^bo.) Je respons", Cherouvrier, que je suis amoureux
[Œuvres, 1307.) (^) Les 3'eux, le front, le col,- les joues, et le sein, [Coutiiiuatiou des Amours, 1537.) Les veux, le front, le col, les lèvres, et le sein. Et rien que ces biens la, Choiseul, je ne demande.
[Œuvres, 1300.) Et rien que ces biens la, Cherouvrier, ne demande.
[Œuvres, 1307.)
SONNET
E ! que Je porte...
'< Il est pris, dit Belleau, de la lettre qu'Acontius escrit à Cydippe en Ovide >. C'est la vingtième hêroïde : v. 133 a 150.
(*) Hé ! que je porte et de haine et d'envie
Continuation des Amours, 1337.) Ha 1 que je porte et de haine et d'envie
(-) Cent fois le jour il la visite, à tin
(^) Vous qui avés de sa fièvre le soin,
[Œuvres, 1500.) (^) Parens, chassez ce médecin bien loing,
{Œuvres, 1507.) (^) Ce médecin amoureux de Marie,
[Œuvres, 1578.) (^) Qu'il eust ma fîebvre et qu'elle fust gùarie ! {Coutinuatioji des Amours, 1557.) Qu'il eust mon mal et qu'elle fust garie !
{Œuvres, 1560.)
SONNET
Pourtant, si ta nia/stresse...
Pour l'inspiration du début de la pièce, Cf. Horace, carm. Liv. I, XXXIII : Ad Albiuni Tibulluiu.
SONNET
Las! pour vous trop aimer...
Supprimé dans les éd. collectives de 1578, 1584, 1587, à cause de l'irrégularité prosodique dés tercets, laquelle, d'ailleurs, produit un effet charmant à l'oreille. Cf. Paul Laumonier, Ronsard Poète Lyrique, 511 sq., au sujet de : Si j'ayme depuis naguiere...
Ce Sonnet a été mis en musique, à 4 parties, par Antoine de Bertrand {Second Livre des Amours,
1578). Le Superius et le Ténor sont à la Bibl. Nat. Le Contratenor et le Bassus manquent.
MM. Conte et Laumonier affirment qu'il a également été mis en musique par Certon, mais nous n'avons rien trouvé de tel, malgré de longues recherches.
(*) Mon cœur, que vous brûlez sans intermission,
{Œuvres, 1560.)
(-) Ou pardonnez au moins mes fautes à vous mesme.
{Œuvres, 1572.)
(•^) Si pour trop vous aymer mon sens ne fust perdu.
[Œuvres, 1572.)
SONNET
Sinope, que Je sers...
Sinope, d'après une note de Belleau du Second Livre des Amours de 1300, au sonnet de Lan se rajeunissait en sa verde jouvence (S. XLVL), aurait été une « dame de plus illustre parenté que les premières, dont au-paravant il a fait mention ». Belleau dit encore que, ''■' par révérence >/, Ronsard aurait ''< celle sous le nom de Sinope celle-cy, qu'avecque une extrême affection amoureuse, et presque furieuse, il a aimée de tout son cœur... » Le nom de Sinope, ajoute le commentateur, veut dire « qui gaste et ofïence les yeux et la veuë..., du verbe grec a^v'o, qui signifie perdre et gaster, et 06, qui signifie regard et veuë ». Reprenant en substance cette explication dans son commentaire du Sonnet LVIII. ( Vos yeux estoient blessés d'une humeur emflam-
mec — Q^ui m'ont gasfc les miens d'une semblable hum.eiir) Belleau se contredit : il nomme Marie la maîtresse malade. Plus tard, le poète remplaça le le nom de Sinope par Maisfresse ou par Marie, et retrancha de l'éd. de 1578 le Sonnet XLVI et la remarque qui l'accompagnait. Voulut-il faire croire qu'il s'agissait vraiment de l'humble servante, afin de dépister les curieux; ou bien Sinope ne cachaitelle que Marie? Il est à remarquer que le Second Livre des Amours est presque entièrement inspiré par celle-ci ; les pièces célébrant Sinope sont au nombre d'une vingtaine.
(*) Marie, que je sers en trop cruel destin,
[Œuvres, 1578.) Marie, ainçois mon ciel, mon sort, et mon destin,
[Œuvres, 1587.) ('^) Le jasmin, et l'œillet, la framboise, et la fraise, Surpasse de douceur, tant une douce braise Vient de la bouche au cœur par un nouveau chemin.
[Œuvres, 1578.) (^) Il sort de vostre sein une odoreuse haleine,
[Œuvres, 1584.)
ODE XL
Si j'aym e dep u is...
En cette Ode, comme en plusieurs endroits de son Œuvre, Ronsard, qui avait eu à se plaindre des rigueurs de Cassandre, montre ses préférences pour les plaisirs faciles et familiers. De même s'attachat-il à Marie, humble servante de Bourgueil. L'an-
2l8 GAILLARDISES DE ROXSARD
notatcur Richelet, pour faire briller son savoir, ne manque pas de citer quelques exemples illustres de l'Antiquité, ■'< outre ceux qu'apporte nostre Autheur. . . entre autres, ceste tant aimée du Roy Ptolemée, à laquelle il lit dresser des Temples et des Autels dans Alexandrie, avec titre de Venus Belistiche. Ainsi Ninus aima Semiramis son esclave, et luy resigna son empire, qu'elle retint, et Seneque en attribue la cause à la condition de la chose aimée. »
Le poète s'est souvenu des Epigrammes Erotiques i8 (Rufm) et loo (Anonyme) de V Anthologie Grecque; de la seconde moitié de la Sat. 2, Liv. I, d'Horace. Il a imité, du même, V Ode IV, Ad Xanthiain, du L. II; et enfin les vers 11 à 14 de VEleg. y\\l du II' Livre des Amours d'Ovide : Ad Cypûss/n. Clément Marot exprime les mêmes sentiments dans sa XVI P Elégie, (éd. Janet, II, 38).
Avant Mathurin Régnier, imitateur dLIorace dans son Epître à Monsieur de Forqucvaus [Ep. Il), Guillaume Le Breton avait aussi chanté l'Amour « en lieu bas ». Cette pièce, reprise par les Satyres Bastardes, 1015 [Le Panégire de V Amour des Chambrières, rééd. Gay, 1865, p. 100), vit le jour pour la première fois dans la tragédie àWdonis, du même auteur, 1SQ7. En voici quelques strophes, pour montrer l'influence de Ronsard sur l'école ''< satyrique » de ce temps.
Faictes l'amour aux chambrières, \^ous en aurez plustost raison Que poursuivant les dames ïîeres De grande et superbe maison.
Je n'ay soucy de rartifice, Ny dès parfums ny des odeurs, Pourveu qu'en amour je jouisse, Et passe soudain mes ardeurs.
Quand me frétille le courage.
Je me rue au premier morceau, Sans me soucier davantage S'il est imparfait ou puceau.
Mon amour si prompt de nature, Qui n'est ombrageux ny jaloux, Se prend au cotillon de bure.
Ainsi qu'à l'habit de veloux.
Xon sans cause je m'espouvante Pourquoy ces amants dégoustez Ne veulent point qu'une servante Les attire par ses beautez.
Il ne faut point tant de blandices :
Tant bassiner ou parfumer.
C'est aux morfondus et novices, Qui ne sont pas dignes d'aimer.
Aussi je dis bien que Marcette, Dont je me sers en mes ébas.
Ne sent le musq ny la civette.
Mais elle a de meilleurs appas.
. (*) Hé 1 qui m'oseroit blasmer
[Œuvres, 1578.)
(-) Non ! ramour n'est point vilaine
{Œuvres, 1578.
{^) A trouvé cligne de soy.
(Œuvres, 1567.
('*) L'amour des riches Princesses Conçoit les mesmes tristesses :
{Œuvres, 1378.
Est un masque de tristesses :
{Œuvres, 1584.
(^) Ceux qui sont prompts à mesdire ;