AMOURETTE
Or que l'hyver roidist la glace espesse, Rechaufon nous, ma gentille maistresse, Non acroupis dans le fouyer cendreux, :') Mais au plaisir des combats amoureux.
Assison nous sur cette verte couche ; (-) Sus! baysez moy de vostre belle bouche, P) . Pressez mon col de vos bras déliez, (*) Et maintenant vostre mère oubliez.
Que de la dent vostre tetin je morde, Que vos cheveux fil à fil je détorde : Car il ne faut, en si folastres jeux, (•"*) Comme au dimanche arrenger ses cheveux.
Approchez vous, tendez moy votre oreille ; C^l Ha ! vous avez la couleur plus vermeille Que paravant ! Avez vous point ouy Quelque doux mot qui a'Ous a\i: rejouv? Je vous disois que la main j'allois mettre Sur vos genoux : le voulez vous permettre ? (':) Vous rougissez, maistresse : je vov bien, (*) A vostre front, que vous le voulez bien". (^) Quoy? vous faut il cognoistre à vostre mine? Je jure Amour que vous estes si fine, Que pour mourir, de bouche ne diriez Qu'on vous le fîst, bien que le desiriez; (*o) Car toute fille, encor' qu'elle ait envye Du jeu d'avmer, désire estre ravie :
Tesmoing en est Hélène, qui suivit D'un franc vouloir celuy qui la ravit. (**)
Or, je vais donc user d'une main forte (*-) Pour vous avoir ; ha ! vous faites la morte ! Sus 1 endurez ce doux je ne sçay quoy ! {^'*) Car autrement vous moqueriez de moy (*^) Dans vostre lit, quand vous seriez seulette. Or sus 1 c'est fait, ma gentille doucette... (*^) Recommençon, à fin que nos beaux ans Soyent rechaufez en combas si plaisans. (*')