ANTHOLOGIE. ASPECTS DE BOURGOGNE
CYst dans ces contrées calcaires plutôl qu'aux bords de la Saône que s'est fixée la physionomie de J;i Bourgogne. Mais la belle el indolente rivière s'esl toujours associée étroitement aux destinées ■ les populations <[iù, de la Côte-d'Gr ou < l n Jura, la regardent.
Qu'une goutte d'eau, déposée parles vents d'Ouest sur les hêtraies de la Vôge, prenne la joute du Sud et parvienne, après tant d'obstacles qui sembleraienl lui barrer la route, jusqu'à la Méditerranée : c'est là un fait assez anormal en apparence pour mériter explication. L'existence de la Saône a été précédée el préparée par une dépression contemporaine du soulèvement du Jura. C'est là qu'a pris place, aux temps pliocènes, un lac dans le lit duquel se sont déposées les marnes qui forment le sous-sol el le principal niveau de sources de la Bresse et de la Côtière deDombes. Ce lac se perdait vers le Nord en plages basses, où s'est déposé en grains abondants le minerai de 1er. Mais au Sud il s'écoulait par la lutine vallée du Rhône; de sorte que le t'ait, essentiel de la géographie actuelle, l'association de la Saône avec le Rhône, s'annonce déjà dans la période antérieure où la Saône se laisse deviner sous forme de lac et le Rhône sous celle de Bord. Ce lac de la Saône future a de toutes parts sollicité les cours d'eau. L'existence d'une dépression relativement profonde entre le Jura et les massifs qui lui font face, en abaissant le niveau de base, a attiré de loin les rivières. Le domaine hydrographique de la rivière future s'est ainsi agrandi vers le .Nord, aux dépens de celui de la Meuse et de la Moselle. Tout le faisceau de rivières qui forme, jusqu'à Port-sur-Saône, bipartie supérieure du bassin, et dont le prolil se raccorde mal avec celui de la section suivante, n'est peut être que le résultat d'une annexion au domaine méditerranéen.
Histoire de France, iI'Ernest L.vvisse, Hachette et O. édit.