Quinet naquit en réalité à Bourg
blocs isolés, entre lesquels de secs ravins son I bordés d'un ruissellement de pierrailles. On les voit, au-dessus de Dijon, échelonner en plans successifs leurs crêtes boisées au profil géométrique. Parmi eux le .Mont Àffrique se distingue par son cône régulier termine par un léger ensellement. A travers ce rideau de hauteurs on soupçonne plus qu'on ne voit le passage. L'œil le saisit pourtant à travers les lacunes qui individualisent chacun de ces pans détachés. On sent
Photo -M. Taraier.
Le paysage de Màlain
qu'une force puissante a séparé ici les tranches du plateau, en a morcelé les lambeaux, el que comme d'habitude, l'action mécanique des eaux a frayé la voie aux hommes.
Dans l'intervalle de ces échancrures, \e boni oriental du plateau se déroule rectiligne : pendant 50 kilomètres, de Dijon à Cbagny. les mêmes croupes roussâtres ou grises, vignobles jusqu'à mi-côte, taillis ou bois sur les crêtes, bornent la vue Mais à leur pied une succession de bourgs, villages et petites villes, où d'un clocher il l'autre il n'y a jamais plus d'une demi-lieue, se déroule en bande non moins régulière que celle des bois qui la dominent, des vignes qui l'entourent et des champs qui la bordent jusqu'à 4 ou •'» kilo-
mètres du pied de la Côte. A cette distance, en effet, commence encore un autre pays : ce sont maintenant les prairies sur l'alluvion el les forêts sur 1rs sables qui prennent le dessus. Entre cette zone contiguë à la Saône el la Gôte-d'Or s'allongent parallèlement la voie romaine, la route, le chemin de fer. Un groupe d'une quarantaine de raillé habitants se ramasse, comme une sorte de bourg continu que relierail une rue principale.
Arrêtons-nous sur ces traits; ils nous fournissent des éléments
Hioto N'eui
Saint-Père-sous-Vézelay . — Vue générale prise de Vézelay.
caractéristiques. Nulle part ne se concentre mieux l'aspect nel et réglé de ce qu'on peut appeler le paysage bourguignon. Il se compose de bandes minces, mais distinctes, communiquant aux habitants des vallées, des coteaux, des plateaux, des caractères bien reconnaissables et bien connus des uns et des autres. Entre les vallées, entre les versants et les plateaux, les bois t'ont de vastes taches d'isolement, de sorte que l'ensemble se compose de groupes séparés les uns des autres, mais étroitement agglomérés entre eux. Tout concourt à favoriser ce mode de groupement : l'hydrographie très concentrée, en douix ou fontaines, les cultures de la vigne et d'arbres fruitiers. C'est comme l'avant-coureur de conditions que
nous trouverons, exagérées par le climat, aux bords de la Méditerranée, dans le Bas-Languedoc. A L'exception des parties trop arides pour que les populations puissent s'y établir, l'homme trouve en abondance, presque sous la main, la pierre el le bois. Il a ainsi facilement pour ses constructions el ses routes les matériaux nécessaires. La pierre, blanche et tendre, signale au loin les villages; elle
Photo Barrier.
La Loire en Charollais.
tonne les gradins sur lesquels la terre est artificiellement retenue. Les routes, faciles à établir sur ce sol sec et presque naturellement empierré, percent les masses de forêts. Une vie concentrée sur des espaces restreints, mais entre lesquels la liaison est facile, résulte de ces dispositions du sol. Si à ces avantages s'ajoutent ceux du climat pins sec et plus ensoleillé du versant oriental, on s'explique comment la Gôte-d'Or est devenue comme le point lumineux où s'est manifesté le génie bourguignon. Là se trouvait mieux qu'une aisance moyenne : quelque chose de ce superflu qui est nécessaire pour l'épanouissement d'un génie local.