‹ La BourgogneChapitre 39 sur 81 · ANTHOLOGIE. VISITE A BUFFON · texte numérisé non relu

ANTHOLOGIE. VISITE A BUFFON

apprendre en une vie. Il n'a pas senti le besoin de sentir ; et le besoin de savoir ne l'a pas quitté une minute pendant toute son existence. Le secrel de la vie naturelle de l'homme lui avait été révélé, et le bonheur de sa destinée lui a permis de la mener dans les conditions les plus belles et les plus nobles.

On définit avec netteté par les contraires. Songe/, à Pascal pour comprendre Buffon. Ce sont les antipodes. Ici le malade, le passionné, l'éternel inquiet et l'éternel effrayé. Là le parfait équilibre,, la puissance calme, le regard tranquille, le travail facile et régulier, la parfaite sérénité d'esprit et d'âme. Buffon a écouté « le silence éternel de ces espaces infinis » ; et il n'en a pas été effrayé. Il a vécu « toute sa vie dans une chambre », et il n'en a pas été incommodé, et il n'a été surpris que d'une chose, c'est que les hommes pussent souffrir d'une telle existence, et la considérer comme un « supplice insupportable ».

C'est de 1730 à 1788 qu'il a montré au

monde, sans le démentir, ce singulier personnage. Il est venu parmi

les agités et il les a fort étonnés, et il en a été très étonné lui-même,

sans s'en inquiéter autrement. Cet homme, qui ne s'est presque

jamais permis un mot plaisant ni une boutade, a été lui-même, à

travers tout son siècle, un long-, sévère et imperturbable paradoxe.

Dix-huitième siècle, études littéraires. Société française d'imprimerie et de librairie, édit.

Photo Alinari.

Buffon, parHoudon.

Musée 'lu Louvre.

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