‹ La BourgogneChapitre 43 sur 81 · R. VA L LE R Y -11 A DOT · texte numérisé non relu

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Ferme bourguignonne d'autrefois.

Restif avait huit ans, en 1742, lorsque son père alla demeurer au haut du village de Sacy, à la ferme de la Bretonne, qui était isolée et défendue des autres maisons par les murs d'un enclos. Cette ferme a é'té transformée. Seule, une grande chambre, pavée de larges dalles, une salle commune, est à peu près tout ce qui reste de l'ancienne habitation. C'est là que l'on soupait et que le père de Restif siégeait comme un patriarche au milieu de vingt-deux convives. Enfants, garçons de charrue, bouviers, bergers et deux servantes, tous s'asseyaient à la même table. Le père de famille était du côté du feu. sa femme près de lui. elle seule se mêlant de la cuisine et

servant. Toill le monde mangeait Je même pain. La distinction odieuse ilu pain blanc el du pain bis, dit Restif, n'avait pas lieu à la maison. Les enfants ne buvaient que de l'eau. C'était la règle. Les femmes elles-mêmes ne buvaient un peu d'eau rougie que quand elles avaient plus de quarante ans. Après le souper, le père lisait à haute voix, l'Ecriture sainte. On l'écoutait avec respect. Dans le Ifinps de l'Avent, il prenait plaisir à chanter «les Noëls, ces vieux Noëls bourguignons qui se répétaienl gaiement au coin du feu, avec leurs naïvetés, leurs gaietés, leurs familiarités qui taisaient de Jésus un Jésus des bonnes gens.

Un coin de Bourgogne. Paul Ollendorff, édit.

ARTtH'R Y or M,

Les villes de Bourgogne en 1789.

Le 30 juillet], - .!<' traversai la Saône à Auxonne; c'est une belle rivière qui coule à travers une multitude de prairies d'un superbe herbage, et des communes pour de grands troupeaux de bestiaux, toutes inondées, même jusqu'aux meules de foin; c'est un superbe pays jusqu'à Dijon, mais il manque de bois. On me demanda mon passeport à la porte de la ville, el comme je n'en avais pas, deux fusiliers me conduisirent à l'Hôtel-de-Ville, où je fus interrogé; mais voyant que j'étois connu, on me laissa aller à mon auberge... Trois cents bourgeois montent tous les jours la garde à Dijon, mais ne sont point aux Irais de la ville : ils oui six pièces de canons ; les nobles de l'endroit les ont joints, regardant cette mesure comme leur seul moyen de sûreté, -- de sorte qu'il y a des chevaliers de Saint-Louis dans les rangs. ... Somme totale, Dijon est une belle ville : les rues, quoique les maisons soient bâties à l'ancienne mode, sont larges et bien pavées, et ont des trottoirs, chose bien rare en France.

Le 31 juillet]. — J'allai en quête de calés, mais croira-t-on que je n'en pus trouver qu'un dans cette capitale de la Bourgogne où il me lût possible de lire les gazettes ? Je lus dans un triste café, sur la

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