‹ La BourgogneChapitre 44 sur 81 · ANTHOLOGIE. LES VILLES DE BOURGOGNE EN · texte numérisé non relu

ANTHOLOGIE. LES VILLES DE BOURGOGNE EN

place, un seul journal, après avoir attendu une heure [tour l'avoir.

Premier aoust. — Je dînai chez M. de Morveau, par invitation. .. : ce fui une grande fête pour moi : la haute el juste réputation < U- M. de Morveau, non seulemenl comme le premier chimiste de France, mais même comme l'un des plus grands de l'Europe, étoit seule suffisante pour rendre sa compagnie intéressante... M. de Morveau est un homme vif, communicatif, éloquent, qui auroit été dans toutes les situations de la vie un compagnon forl aimable, même dans ce moment critique de la Révolution... Pendant le dîner, ou lui apporta une épreuve de la nouvelle Encyclopédie, dont la partie qui concerne la chimie s'imprime à Dijon, pour sa commodité...

Le 2 aoust . — En allant à Beaune, on voit à droit»' une file de collines couvertes de vignes, H à gauche une plaint' toute ouvert»et trop nue. A la petite ville il»- .Nuits, quarante hommes montent tous les jours la garde, »-l il y a un grand corps de milice bourgeoise à Beaune. Je sui> pourvu d'un passeport du inaire de Dijon, et j'ai une belle cocarde au tiers-état, ainsi j'espère ne plus rencontrer de difficultés, quoique les bruits des dévastations parles paysans soient si terribles, <ju'il paroit impossible de voyager en suret»'-..

Le / aoust . — .!»■ me rends, par un misérable pays et des routes détestables, à Autuu. Pendant les deux ou trois premières lieues, l'agriculture est méprisable. Depuis là jusqu'à Autun, tout ou presque tout est enclos, et ainsi de suite pendant l'espace de plusieurs milles... Les bruits de brigands, de pillages et d'incendies sont ici aussi nombreux qu'ailleurs ; et quand on sut que je venois de la Bourgogne et de la Franche-Comté, huit à dix personnes vinrent me demander »l»-s nouvelles. On faisoit ici monter le nombre des brigands à seize cents. Us furent fort surpris de trouver que je ne croyois pas à l'existence des brigands, comme j'étois persuadé que tout le mal avoitété fait par des paysans, afin de pouvoir piller. Ils ne concevoient pascela, et produisirent une liste de châteaux brûlés par ces brigands ; mais en analysant tous ces rapports, on découvrit aisément qu'ils étoient mal fondés.

Voyages en France, 1793.

HE NE Y HO rss a YE

Napoléon en Bourgogne en 1815.

Dès le lendemain matin, lo mars. Ney mit ses troupes en marche sur Dole et Dijon, conformément aux ordres du général Bertrand. A la même heure l'empereur quittai! Chalon. Il vint eoucher à Autun.

Photo Darnault.

Auxerre.

La Cathédrale et Saint-Germain.

Depuis trois jours, la discorde régnait dans la ville. Le 11, le souspréfel s'était enfui. Le 12, le lieutenant de gendarmerie, secondé par ses hommes et les ouvriers tanneurs, avait arboré le drapeau tricolore, promené dans les rues, et jusque dans l'église, un buste de Napoléon, et chassé de la mairie le conseil municipal où dominait l'opinion royaliste. Mais le 13, le maire d'Autun, vieillard plein d'énergie malgré ses quatre-vingts ans, convoqua la garde nationale, arma les royalistes, et imposant au populaire lit rétablir le drapeau blanc. Les choses en étaient là lorsque se présenta l'avant-garde impériale. C'étaient 1rs dragons du 13e, le régiment de Lvon. Ils désarmèrent les gardes nationaux et auraient sabré le maire et les royalistes les plus compromis, sans l'intervention

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