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ANTHOLOGIE. LA COTE ET LE PAYS-BAS

Paris par Troyes : le fort d'Asnières, flanqué à l'est d'une batterie secondaire, la route de Langres; le fort de Varois, situé à la bifurcation, 1rs roules de Mirebeau et de Fontaine-Française : celui «le Sennecey bat la route et le chemin de fer de Besançon et commande au loin la plaine : au sud, le fort de Beauregard tient sous sou feu la roule et le chemin de fer de Lyon; enfin, à la pointe nord de cette ondulation qui commence aux Argentières el finit à Saint- Apollinaire, à deux kilomètres seulement de la ville, la redoute île Saint-Apollinaire, jetée entre les forts d'Asnières el de Varois, sert de défense de seconde ligne. Le périmètre total du camp retranché dépasse quarante-cinq kilomètres, ce qui laisse de grandes distances entre les forts, mais en cas de mise en défense, des ouvrages en terre s'élèveraient rapidement dans les intervalles. Tels sont pour Dijon les fruits de. l'Année terrible, et devenue une place d'armes de seconde ligue, niais redoutable, l'ancienne capitale du duché fait désormais partie des défenses nécessaires de la France qui compte sur elle. Fl la France fait bien.

Dijon, monuments et souvenirs. Damidot, édit., Dijon.

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La Côte et le Pays-Bas.

Sous le soleil aride et doux, Nono et sa fille s'en allaient lentement.

Nono montrait à sa fillette les vignes dépaissèlées, les unes couvertes encore du grimon d'automne, les autres remuées par le piochage informe d'hiver, qui remue le sol par grosses mottes

« Sais-tu, petite?... Eh bien ! on s'en donnera garde au printemps. va !... Les vignes travaillées du coup d'hiver seront joliment plus aisées à piocher... Elles auront le sol frais, la feuille verte et le raisin frais... Les autres, si un beau coup de gel ne les ameublit pas,... il faudra laper dur dedans... Et on aura beau se déchaîner,... il manquera toujours là un air de santé- et d'aisance... »

La petite levait vers son père son mince visage heureux. Sous b

Juvautage brun du capuchon, on voyait se dresser le petit front doré, les maigres pommettes que l'air froid avivait.

« Hé!... Petite!... Tu »'s contente... hein?... Et moi aussi!... Voilà mon premier moment d'aise depuis bien longtemps!... Mon bonheur e'esl de regarder tes yeux purs... Ils sont purs à y planter <\u cresson !... Mais.... gosse !.. c'est manière de dire, ce que je dis là... Mais, tiens... regarde les beaux champs!... Voilà qui fait plus plaisir que tout !... »

Ils avaient dépassé les vignes, et tout autour d'eux s'étendaient maintenant les champs déjà verts. Partoul les céréales sortaient du sol grêle et nu. Malgré les froids de décembre leur courageuse vie avait continué. La pauvre herbe chétive tenait tête partout au dur hiver.

« Petite!... Ça ne te dil rien de voir cela?... Moi... c'est mon grand plaisir... »

Quand ils furent arrivés au carrefour du chemin des Deux-Rentes, le père el la fille s'arrêtèrent.

« Peut-être est-on assez loin ?... Tes petites jambes sont-elles fatiguées ?... »

La lillette lit signe que non.

« Mais enfin... voyons !... Ne pourrais-tu pas parler?... Tu n'étais pas connue cela dans le temps... dis voir?... Je cause toujours et tu ne dis jamais mot!... Pourquoi cela?... Dis-le franchement, petite tille : ton père t'a trop brutalisée?... N'aie plus peur, mon enfant : ce n'est plus le grand brutal qui est devant toi. »

Une ombre avait glissé sur la terre ; et, sous elle, le vert des champs s'était terni. Au milieu de la clairière, Saint-Philibert, serré autour de sou clocher Vers lui montaient de partout les étendues nues, les blêmes labours et les froments verts. Plus loin c'était la suite des bois frisés et roux. La plaine était emplie par la masse barbare des arbres. La tristesse d'une nuit précoce saisissait déjà ces lointaines foules moites.

« Tiens!... Vois-tu, petite, c^ pauvre clocher qui sort des bois,... à peine plus gros qu'une aiguille?... C'est Épernay. Ton arrièregrand-père, le père de mon vieux est venu de là. Il exploitait le fer dans ces forêts que voici... 11 y en a encore les trous sous tout ce

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