ANTHOLOGIE
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La vraie Bourgogne
Celui qui veut connaître la vraie Bourgogne, l'aimable et vineuse Bourgogne, doit remonter la Saône par Chalon, puis tourner par la Côte-d'Or au plateau de Dijon, et redescendre vers Auxerre ; bon pays, dû les villes mettent des pampres dans leurs armes, oii tout le monde s'appelle frère ou cousin, pays de bons vivants et de joyeux noëls.
Aucune province n'eut plus grandes abbayes, plus riches, plus fécondes en colonies lointaines : Saint-Bénigne à Dijon ; près de Màeon, Gluny; enlin Citeaux, à deux pas de Chalon. Telle était la splendeur de ces monastères que Cluny recul une l'ois le pape, le
roi de France el je ne sais combien de princes avec leur suite, sans que Les moines se dérangeassent. Cîteaux lui plus grande encore ou du moins plus féconde. Elle est la mère de I llain aux. la mère de saint Bernard; son abbé,l'abbé des abbés, étaïl reconnu pour chef d'ordre,
Photo Neurdein.
Cluny. — La Tour Fabri.
en 1491, par trois mille deux cent cinquante-deux monastères. Ce sont les moines de Cîteaux qui, au commencement du xme siècle, fondèrent les ordres militaires d'Espagne et prêchèrent la croisade des Albigeois, comme saint Bernard avait prêché la seconde croisade de Jérusalem.
La Bourgogne est le pays des orateurs, celui de la pompeuse et solennelle éloquence, (lest de la partie élevée de la province, de celle qui verse la Seine, que sont parties les voix les plus retentis-
santés de la France, celles de saint Bernard, de Bossuel el de Buffori. Mais l'aimable sentimentalité il»' la Bourgogne est r«Miiar<| ii;»hl«- sur d'autres points, avec plus de grâce au nord, plus d'éclat au midi. Vers Semur, M'"0 de Chantai »'t sa petite-fille M"" de Sévigné; à Mâcon, Lamartine, I»' port»1 de l'âme religieuse et solitaire; à Charolles1, Edgar Quinet, celui de l'histoire et de l'humanité.
La France n'a pas d'élément plus liant que la Bourgogne, plus capable de réconcilier le nord el I»- midi.
Histoire de France.