ActE I
D K L A TOUR, tressaillant.
 la Bourse ! insensé ! sais-tu ce que tu dis 1
En dt^clamant.
Fuis ce rivage àvàrè, ét ces climats îfadiiditsi
Il le prend p» 2e bru, éomme pour le ponasfrv dehex».
Va- t'en vite, va, i)arâ.
Non ; si tu mo repousses , J'irai chercher ailléurs des réponses pltid doùcâô.
D EL A 1 ÛUR.
Mais pour des innocents comme toi, pauvre foui La Bourse est un tripot, liii àiftrè, un cassé-coii. La Bourse I mais ce Sphinx , vers qui tu te fourvoies , Pour un Œdipe heureux, dévore mille proies.
Ah ! Dieu! combien j'Ôh vois, entrés d un air vainqueur, Sortir, pûles, muets , et Tenfer dans le cœur I Que de pleurs, sur ce seuil jonché de bàiiqiiéroutesi Que d'imprécations dans Técho de ces voûtes I -
— Va-t'en.
LÉON
Mais, renégat, tu blasphèmes ton dieu.
Siéges-tu pas parmi les prêtres db saint Uëu t
ft, cet atitre, où tu peins tant de sombres spectacles, N*e8t-il pas celui môme où tu rends tes oracles?
Eh! c'est pourquoi j'en vois la fràude à découvert;
Nui ne croit moins Baal que celui qui le sert.
— Si j'avais devant moi tout autre néophyte.
J'adorerais le dieh dont l'autel me pirofite; Maia je ne puis Hvrer sacrlËcatéut
L'ami, qui Vient ft hioî comme à sôh'prolecteiir. Je ne confondrai point dans le môme anatlième
tt ' LA BOURSE.
Les marchés sérieux avec le jeu lui-même;
Les premififs, ooncentrant les capitaux ëpars , '
Secondent puissamment Tindustrie et les arts ;
Beaucoup de plans hardis , d'entreprises immenses ,
Avorteraient dans Tombrc , infertiles semences,
Si y de lumière et d'air largement inondés,
La Bourse, leur soleil, ne les tût fécondés.
Parmi ceux dont j'admets le règne légitimé
J'en citerais plus d'un que tout le monde estime;
L'opulence chez eux , utile réservoir, '
S'épanche en des travauif, grands comme leur pouvoir.
— Biais tu ne poursuis point un but de cette sorte?
LÉON
Non. Comment le pourrais-je ?
DBLATOUR.
Une autre ardeur t'emporte :
Tu veux jouer?
LÉON
Sans doute.
DBLATG1JR , loi lUMut ilfiie d« te vtlsmlr, «1 Mtttnt debout.
Eh! bien, écoute -moi; N'en dis rion au public ; garde ceci pour toi :
— La Bourse , selon vous , 6 gens de la campagne , Est un jeu comme un autre, où Ton perd ott^4^0A^agne? Ppint. Les joueurs y sont parUigés en deux corps :
Les faibles dans un camp, et dans l'aiitre les forts; Grâce aux gros bataillons qu'ils tirent de leur caisse, Ceux-ci font à leur choix ou la hausse ou la baisse, Si bien que l'un des*camps , étant maître des cours, Toujours gngne, pendant que l'autre perd toujours. A ce duel inégal joins l'œuvre des habiles :
Les uns ont su d'abord les nouvelles utiles;