‹ La Bourse, comédie en cinq actes, en verseChapitre 12 sur 97 · M LA BOURSE · texte numérisé non relu

M LA BOURSE

Les marchés sérieux avec le jeu lui-même;

Les premiers, concentrant les capitaux épars ,

Secondent puissamment l'industrie et les arts ;

Beaucoup de plans hardis , d'entreprises immenses,

Avorteraient dans l'ombre , infertiles semences ,

Si, de lumière et d'air largement inondés,

La Bourse, leur soleil, ne. les eût fécondés.

Parmi ceux dont j^admets le règne légitime

J'en citerais plus d'un que tout le monde estime ;

L'opulence chez eux , utile réservoir,

S'épanche en des travaux , grands comme leur pouvoir.

— Mais tu ne poursuis point un but de cette sorte ?

LÉON

Non. Comment le pourrais -je ?

DELATOUR

Une autre ardeur t'emporte :

Tu veux jouer?

LÉON

Sans doute.

DELATOUR, lui faisant signe de se rasseoir, et restant debout.

Eh! bien, écoute- moi ; N'en dis rien au public ; garde ceci pour toi :

— La Bourse , selon vous , ô gens de la campagne ,

Est un jeu comme un autre, où l'on perd ou l'on gagne? Point. Les joueurs y sont partagés en deux corps : Les faibles dans un camp, et dans l'autre les forts ; Grâce aux gros bataillons qu'ils tirent de leur caisse, Ceux-ci font à leur choix ou la hausse ou la baisse. Si bien que l'un des camps, étant maître des cours, Toujours gagne, pendant que l'autre perd toujours. A ce duel inégal joins l'œuvre des habiles :

Les uns ont su d'abord les nouvelles utiles;

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