‹ La bourse et la vie [microforme]Chapitre 101 sur 153 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

nouveau à la terre d’où ils viennent. Et c’est ainsi que sous l’inévitable décret de la puissance infinie : « Tu.es poussière et tu retourneras en poussière, » le

cycle de la transformation universelle s’accomplit en son temps.

Mais où trouverons-nous dans la grande association agricole le principe d'opérations qui s’harmonisera avec l’admirable économie de la nature et qui sera la base d’un système d'agriculture perpétuellement rémunérateur ? Nous le trouverons dans l’industrie particulière de chaque propriétaire, dans le tr- vail consciencieux de chaque colon bien intentionné er . .en renseigné qui voudra faire de sa ferme une fondation avantageuse. Nous le trouverons dans cette 1 igle de la bonne culture qui exige une remise de fonds, qui recommande et enjoint la consommation sur place des produits de la f rme, qui ne tient pas à porter au marché le foin, les grains et les légumes dans leur nature, mais plutôt sous forme d’ani-

maux engraissés. Nous le trouverons, je viens de le dire, dans mille autres industries privées que je ne

saurais signaler ici, mais qu’un homme de jugement sait créer de toutes sources.

Les fermiers actuels du nord des Etats-Unis sont un exemple pour tous sous ce rapport, et une justification en même temps de ce que je veux dire. Le sol montagneux de ces Etats est rocheux, léger, sablonneux. Les premiers colons l'ont épuisé et l'ont quitté. D’autres les ont remplacés ; hommes de mé-

rite, ils en ont changé la face par un système de cul-

ture judicieux et approprié. Nous trouvons aujourd’hui dans ces endroits les meilleurs fermiers de l’Amérique. Et comme ce ne sont point généralement des hommes qui s'arrêtent à une seule idée, leurs terres produisent toute espèce de grains et de plantes légumineuses, leurs troupeaux sont nombreux et superbes, et ces champs abandonnés de leurs aïeux sont pour eux aujourd’hui pleins d’attraits et de délices. Ils les engraissent, voilà le secret de leur fécondité. ‘

Il en est beaucoup dans notre pays qui réussissent à merveille très-certainement, et auxquels la nature ne refuse rien de ses productions les plus richés et les plus abondantes parce qu'ils savent tout mettre à profit, mais j'ai cité cet exemple du nord des Etats- Unis, parce que les accidents de ce sol, ainsi que sa composition, le rapprochent beaucoup de- celui de nos propres cantons, au moins dans la province de Québec. Et ceci m’autorise à dire tout particulièrement aux colons de nos terres nouvelles que le résultat de leur travail sera plus que doublé par une remise de fonds fertilisants sur leurs propriétés, comme il est ainsi arrivé chez nombre de cultivateurs aux Etats-Unis.

« Tant vaut l’homme, tant vaut la terre. » Voilà un proverbe bien connu de tous et qui revient à dire que, bien tenues toutes les terres sont bonnes, mal tenues elles sont toutes mauvaises.

Il y a quelques années, je demeurais dans une des | bonnes paroisses de la rive sud du fleuve St-Laurent.

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