CHAPITRE XII
mois de décembre. Ce fut dans cette humble et primitive construction qu'après avoir préparé le plus convenablement possible une place à cet effet, je célébrai, pour la première fois, le 22 avril, à huit heures du matin, le saint sacrifice de la messe ; c'était le jour de la fète du Patronage de St-Joseph. Il y avait 22 personnes présentes à cette première messe dans le désert de St-Zénon. M. Brassard, ce jour-là même, faisait de son côté la bénédiction solennelle de la chapelle de son établissement, dédiée à Notre- Dame-de-Bonsecours. Depuis le mois de juillet de l’année précédente il avait dit la messe dans sa maison. Il y eut grand’messe, sermon, et dans l’après-midi vêpres solennelles et bénédiction du saint
Sacrement. Un chœur de cinq chantres s'était fait
entendre pendant ces diverses cérémonies. Ce jour là tout Mantawa rendit à Dieu des actions de grâces et lui demanda de rendre fécondes les terres qu’on allait arroser des sueurs d’un généreux travail.
J'avais réussi à faire abattre dans la belle saison quarante arpents de bois et à préparer les pièces d’une maison de quarante-six pieds sur vingt; cette maison fut levée à la fin de l’automne et l’on y entra dans le mois de décembre. La nouvelle d’un établissement commencé à St-Zenon ayant eu quelque retentissement au dehors, le résultat de ces travaux, que l’on avait justement prévu, arriva fort heureusement. Un grand nombre de lots furent pris et défrichés dès cette année-la même sur la route de St-Michel-des-Saints. Plusieurs personnes s’y fixèrent, et
au mois de décembre l’on comptait dans la Mantavaisie vingt-cinq familles, dont quatre-vingt-dix communiants, formant une population de cent trente-cinq âmes.
Au point de vue de ceux qui s’occupaient de l’avenir de Mantawa, il devenait important de donner accès aux terres qu'arrose la partie supérieure de cette rivière. De là l'utilité d'ouvrir un chemin dans l’ouest du district qui arriverait à ce territoire par le lac Bourget. Autorisé par le gouvernement, je fis dans le cours de la présente année ( 1865 ) l'exploration et le tracé de ce nouveau chemin qui limitait avec le chemin Brassard, déjà ouvert dans l'est, un immense quadrilatère de bons terrains. L'ouverture et la confection en furent poussées avec activité dans les années subséquentes, et aujourd’hui la paroisse de St-Donat sur les bords du lac Archambeault est le dernier poste établi sur cette route. Quelques lieues seulement séparent cette dernière place du lac Bourget, et nul doute que sous peu de temps maintenant, on débouchera par ce chemin sur le haut de la Mantawa. Alors les établissements se joindront à ceux de St-Michel-des-Saints, et cette belle partie dont je parle se couvrira rapidement d'habitations prospères. St-Donat est bien situé pour favoriser le courant de colonisation qui s’établira du lac de L'Assomption, du lac Bourget et de la Mantawa aux centres de population du versant méridional des Laurentides tels que Ste-Agathe et St- Jérôme. Il y a là, à St-Donat, tous les éléments pos-
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