‹ La bourse et la vie [microforme]Chapitre 112 sur 153 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

sibles de succès : l’église, l'école, les moulins, du bois en abondance et de bonnes terres surtout sur la ligne du nord et du nord-ouest. Le révérend M.

Coutu a travaillé pendant de longues années avec une énergie et une persévérance dignes de louanges à consolider cette fondation qui ne peut manquer maintenant de progresser rapidement. Son successeur, le révérend M. Bérard est animé du plus grand courage. Travail, recherches, démarches, fatigues, rien ne lui coûte quand il s’agit de favoriser l'œuvre de la colonisation. Sous son active surveillance, le chemin Provost se poursuit rapidement vers le lac Bourget ; artère importante que ce chemin puisqu'il doit donner accès à l’une des plus belles et des plus fertiles parties de la Mantawa. M. Bérard le sait, il les a vues, il les connaît ces terres, aussi son ardeur égale-t-elle son courage dans l’utile entreprise dont il s’est chargé. Puisse-t:il être secondé dignement par les autorités compétentes.

L'année 1867 fut une très-bonne année pour la colonie de Mantawa. Les grains produisirent un bon rendement, les patates surtout vinrent en abondance ; un air de prospérité s’épanouit sur la figure de nos pauvres colons, leurs établissements furent visités avec avidité ; on se disputait déjà des lots sur le parcours du chemin. Bientôt de nouvelles terres furent prises dans d’autres directions, on cherchait à se grouper le plus près possible néanmoins des fondations commencées. La construction des moulins et le site des chapelles dans les endroits où sont au-

jourd’hui ces édifices, l'assurance que rien ne serait dérangé plus tard, parce que la localisation de ces centres était calculée d'avance sur le développement qui devait naturellement'se produire dans ces limites, ont fait choisir aux colons les lots respectifs qu'ils occupent actuellement, et leur ont fait faire des sacrifices importants et très-considérables sous plusieurs rapports. Aussi quand il a été parlé dans ces derniers temps de faire des changements dans les sites des établissements religieux de St-Zénon et de St-Michel-des-Saints, l'horizon de Mantawa s'estil attristé de ces exigences irréfléchies, inconsidérées, qui ont été mises au jour sous de futiles prétextes. Il en coûte toujours fort peu à ceux qui n'ont rien fait de détruire une œuvre qu'ils ne comprennent pas. Pour nous, nous sommes bien persuadés que toutes choses étant pesées dans une sage et judicieuse réflexion, on ne fera jamais qu’approuver et confirmer ce qui a été fait d’après les motifs du plus pur intérêt public, et sur mission d’ailleurs de l’autorité ecclésiastique.

Au mois d'août de l’année 1868, il devenait nécessaire d’ériger à St-Zénon un édifice spécialement destiné au culte ; la maison privée qui avait servi jusqu'alors ne pouvant plus être employée à cet effet. Je me rendis sur les lieux et moyennant une forte main-d'œuvre que je mis à l’ouvrage sur-le-champ, nous pûmes dans le cours d’un mois élever une petite chapelle qui fut dédiée à St-Louis-de-Gonzague. L'autorisation de Monseigneur de Montréal m'en

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