CHAPITRE XIV
opinion, à moins d'accidents extraordinaires, est assuré ?
— Oh, très-certainement, Monsieur.
— Alors que ne faites-vous la même chose au lieu de travailler à la journée P .
— Nous ne connaissions pas tout cela avant cette année. Et puis nous n'avions pas chacun trois cents piastres à notre disposition.
— En aviez-vous le quart au moins, c'est-à-dire soixante-quinze P
— Oh ! pour cela oui, et un peu plus même.
— Dans ce cas vous auriez pu faire en petit ce qu’il a fait en grand. Et lors même que vous ne seriez pas devenus riches dans une année ou deux, l'essentiel était de prendre le chemin de la fortune suivant vos moyens. Et encore à l’heure qu’il est, mes chers amis, que ne suivez-vous cet exemple qui parle si haut et si fort! Vous avez un modèle sous les yeux et à votre connaissance, qui vaut tous les grands raisonnements, tous les beaux discours que vous pouvez imaginer ou entendre. Allez donc sans retard vous faire colons sur.
— Mais, Monsieur, pardonnez mon interruption, c’est justement dans ce but que je vous demandais, il n’y a qu’un instant, des informations qui m'ont complètement satisfait. C’est là notre idée et notre idée fixe. Oui nous irons nous faire colons sur les terres de la Mantawa pendant que nous le pouvons encore, et au plus tard dans quinze jours, Dieu ai-
dant, nous essaierons le défrichement d’une pièce de terre à la manière de notre Anglais. Les lots du troisième rang du canton Provost dans St-Zénon dont vous m'avez donné la description me plaisent beaucoup, ils sont à proximité de nous, et puisqu'il ya moyen d'y trouver la Bourse et la Vie, je compte que nous réussirons.
Nos deux hommes ont tenu parole. Un peu plus d'un an s'est écoulé depuis que nous les avons rencontrés, et chacun peut s'assurer qu'ils sont aujourd'hui en pleine voie de succès, contents de leur sort et heureux de leur prompte décision.
Mais revenons à notre Canadien des Etats-Unis que nous avons laissé dans St-Côme. Après avoir traversé la rivière de l'Assomption au pont du village, il suivit en profondeur le chemin principal jusqu’au dernier rang du canten Cathcart. La frontière sud-est du canxon Cartier, des deux côtés de la rivière, est montagneuse. Il existe néanmoins des lisières considérables de terres à surface plane, et vers le troisième rang elles s’élargissent au point de former des vallons d’une grande étendue, elles se continuent bien loin dans la direction du nord-ouest. L’arpenteur Quinn avait autrefois signalé et marqué même la ligne d’un chemin de colonisation qui au-
rait pu être ouvert à mi-distance entre la grande li-!
gne de Chilton et la rivière de l’Assomption. Mais suivant ce tracé, on s'éloigne beaucoup de cette rivière et ses magnifiques pouvoirs d’eau sont diffcile-
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