CHAPITRE V
fait dans le bon temps l’on évitera ce danger, l’on réussira comme il vient d’être dit plus haut, et à moins d'années exceptionnelles, comme il en arrive parfois dans tout un pays, l’on aura raison de compter ‘sur des revenus abondants.
Tout. ceci est bien connu et généralement compris de tous. Néanmoins on verra des gens aller encre prendre des lots et faire de l’abattis en plein hiver avec l'intention de semer au printemps. On aura attendu trop tard pour se décider, on aura tiré des plans, calculé des riens, végété, perdu le temps dans de folles attentes ; et quand les circonstances forceront à partir, sans précautions, sans moyens, sans le sou, on se lancera à tout hasard sur les terres nouvéfles. On n'aura plus le temps, dira-t-on, on n'aura plus le loisir, on n'aura pas les moyens d'attendre quelques mois, de préparer son terrain dans la bonne saison ; vite on se hâtera d’ensemencer une pièce de terre à moitié faite, on fera ces travaux superficiellement et avec une extrême rapidité, parce que c’est au delà de la saison. J'ai vu de pauvres malheureux suer sang et eau pour ensemencer de la terre neuve à la fin de juin et même en juillet, avec l'intention de recueillir une récolte dans laquelle ils mettaient toutes leurs espérances. Mais comment ne pas s’apercevoir que, dans de telles circonstances, on sera frustré dans son attente ! Quand on prévoit la nécessité de s’approprier des terres nouvelles pour l'établissement de la famille, pourquoi tergiverser si longtemps, pourquoi attendre au dernier moment, pourquoi se laisser
acculer, par une coupable négligence, au delà du terme que l'on a d’ailleurs ordinairement prévu. On se ruine ainsi par sa propre faute, on se désespère sans raison et l’on rejette sur les terres nouvelles les malheureuses et terribles conséquences de son péché. Car vraiment, il y a un péché dans l’œuvre de la colonisation, c’est de s’y prendre trop tard et trop souvent à contre-cœur, c’est de mal choisir le temps de faire profiter son travail de la première année. S'il y a insuccès du premier coup, c’est une rude épreuve à laquelle plusieurs ne résistent pas. Il est donc important d’exercer une grande diligence dans l'heure de la décision et du départ, dans l’heure du choix de la terre, dans l’heure du premier travail. Qu’un homme de bon jugement saisisse bien tous ces temps, qu’il condense très-sérieusement toutes ces choses dans son esprit, qu’il agisse conformément à ces observations, à ces expériences, et qu'il parte. Si cet homme se dirige à St-Zénon, par exemple, je lui promets du succès, un avenir heureux et brillant; il jouira de sa récompense en peu de temps. Il n’y a pas de doute à entretenir sur ce sujet.
Venez donc, compatriotes éclairés, concitoyens inflents, montez de l'Est, du Sud et de l'Ouest, arrivez aux belles terres de St-Zénon, montrez que la colonisation tient une place honorable, exclusive, dans votre esprit, prouvez par votre énergie que la conservation et le bien-être de vos familles sont l’objet de votre prédilection toute particulière, et que vous êtes bien convaincus, en outre et par dessus
delà du tervu. On se espère sans les les malson péché.
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