‹ La bourse et la vie [microforme]Chapitre 65 sur 153 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

rice, où arrivera bientôt le chemin des Piles, six grands comtés se partagent ce territoire : ce sont les comtés de Moncalm, de Joliette, de Berthier, de ‘faskinongé, de St-Maurice et partie de Champlain. ici, maintenant, le St-Maurice lui-même, puis la rivière des Bostonnais et la rivière Croche donnent par leurs vallées un accès relativement facile au lac Sr-Jean, qui n'est qu'à une distance de soixantequinze milles. On voit de suite quelle est l’importance de ce que j'appellerais cette seconde section de notre grande province. L'on a déjà émis l’idée d’un chemin de fer qui, descendant du lac Témiscaming au Désert, remonterait au lac St-Jean par ies r'"ières Rouge et Mantawa, le St-Maurice et la Cro-

‘ ce serait tout un autre pays ajouté à celui que nous cultivons aujourd’hui. Et pour ce qui regarde en particulier la partie de cette vallée que nous favorisons actuellement de nos efforts, les embranchements de Ste-Agathe vers l’ouest, de St-Gabriekou St- Jean-de-Matha au sud, de Louiseville ou Trois-Rivières vers l’est, seraient plus que suffisants pour répondre aux besoins de la prompte et complète colonisation de ces lieux déjà bien avancés, qui sont si avantageux, et dans lesquels on affluerait ainsi de toutes parts.

Il est assez difficile de dire où sont les morceaux de préférence dans notre grande et belle Mantavaisie. Nous avons mentionné plus haut le plateau des Sources ; un mot maintenant du lac Bourget et de ses environs. À six lieues plus haut que St-Michel-

des-Saints, en remontant la rivière Mantawa, au-dessus du rapide des ‘Trois-Sapins, l’on voit arriver du sud un joli cours d'eau: c’est la décharge du lac Bourget, lequel se trouve à deux lieues en profondeur. Les deux côtés de cette rivière sont en maints endroits couverts d’aulnages à une large distance, et tout ce terrain peut être facilement converti en praijes par le drainage et avec les précautions ordinaires. A deux liettes de l'embouchure de cette petite rivière, on rencontre le lac dont la partie nord-ouest est à peu près circulaire. Une pointe longue de deux milles et large de quelques arpents, un peu rocheuse mais boisée d’une belle forêt, s’avance dans le lac: cette pointe à elle seule peut former une très-belle propriété, le site en serait charmant. Au delà du détroit qu’elle forme avec le rivage opposé, se développe une nappe d’eau longue d'au moins six miiles et large d’un mille et demi. De jolies îles, comme autant de fleurs soulevées et fraîches, se baignent avec agrément dans ces eaux limpides. Les rives de droite et de gauche sont des collines de médiocre hauteur couvertes tantôt de pur bois franc, tantôt de bois mêlé. Sur la rive gauche du lac, une autre langue de terre s’avance encore assez loin dans les eaux, elle est dépouillée de grands arbres et se termine par une magnifique grève de sable. Je me rappelle qu’en 1864, nous avons choisi cet endroit que l’on aperçoit de toutes parts pour y élever une croix de cèdre sur laquelle nous avons cloué une planchette contenant une inscription relative au but de notre voyage et

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