CHAPITRE VIII
marquant la date de notre passage en ces lieux. Nous avons alors dressé ce signe de salut dans ja profondeur des bois, en mémoire, comme je dis, de notre exploration, et pour nous rappeler aussi la manière dont nos religieux ancêtres prenaient possession des pays qu'ils découvraient. «7x oc signa vinces. » Depuis l'établissement de la colonie, nous n'avons fait que vaincre sous cet invincible étendard. Qui sait si un avenir encore plus assuré n’est pas réservé aux futurs habitants de ces lieux! Plus tard, dans mon passage de 1869, je célébrai au pied de cette croix même le saint sacrifice de la Messe. On le comprend, la présence réelle de Notre Seigneur Jésus-Christ sanctifiant ces lieux purs, solitaires et pleins de majesté, remplissait nos âmes de grandes émotions, cet endroit est pour ainsi dire consacré par la religion. Là sera l’église des nouveaux colons.
On peut dire que le versant septentrional des Laurentides meurt à la tête du lac Bourget. A l’extrémité opposée, un terrain plan s'enfonce à perte de vue dans l’ouest et vers le nord. J'ai pénétré dans cette plaine de l’ouest jusqu'à la distance d'une journée de marche ; on y trouve généralement du bois mêlé mais très-long ; le sol paraît en être de première qualité, car, chose que l’on remarque assez rarement dans ces régions, l’on y voit beaucoup de terre grise. Un bois d’épinette rouge et de sapin croît aux environs de la décharge, le terrain est un
peu humide, mais il n’est pas trop bas pour être assaini convenablement.
Toute la rive sud de la Mantawa sur une largeur d’environ deux lieues à partir du lac Bourget jusqu’au plateau des Sources, est une plaine dont le sol est excellent, recouvert d’une belle forêt et bien arrosé. Il en ect ainsi de la rive opposée, avec cette différence que la plaine, de ce côté, n’est pas limitée par une mesquine distance de cinq à six milles, elle s’éter : jusqu'aux grandes Laurentides, c’est-à-dire, on l’a vu, à vingt-cinq ou trente lieues de là. Prenons seulement ici, dans le but d’y tailler quelques établissements, une largeur correspondante à celle de l’autre rive, et nous aurons la place de huit belles paroisses. Dans la lisière de bois francs qui monte vers les sources de la rivière du Milieu, on en pourrait installer facilement quatre autres. Depuis le rapide Brûlé, où commence la vallée des Aulnets, jusqu’au lac Bourget, | on compte trente milles de navigation ; les bords de ! la rivière ont de cinq à douze pieds de hauteur ; par endroits ils sont couverts de foin, ailleurs ils sont bordés d’aulnes ; de distance en distance la berge | s’allonge et forme des pointes d’un aspect très-fertile : il y a place dans ces trente milles pour au moins six paroisses qui se trouveront ainsi sur les bords mêmes de la Mantawa. Si maintenant nous descendons cette | rivière jusqu’au lac des Pins et que nous nous reje-| tions en profondeur dans la direction de la rivière du Milieu, pour de là revenir à l’ouest joindre la plaine des Aulnets, nous trouverons une circonscription suffisante à l’établissement de quatre grandes paroisses, à part les deux qui sont déjà commencées dans les
e largeur
t jusqu’au
le sol est
ien arrosé.
te différentée par une lle s'éter
>, on l'a vu,
s seulement blissements; utre rive, et jisses. Dans es sources de taller facileûlé, où comlac Bourget; les bords de | auteur ; Pal
eurs ils sont
nce la berge ct très-fertile :
au inoins six bords mêmes
cendons cette fa sans doute bien examiné le territoire qu'il a cir-
us nous rejede la rivière du dre la plaine nscription sufdes paroisses;
cées dans les