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CHAPITRE IX

temps M. Brassard et ses neveux, d’une semence de deux cent soixante-sept minots de grains et de légumes récoltaient quatre mille quinze minots, ce qui donne un revenu moyen de quinze pour un. Voilà des faits qui parlent très-éloquemment et qui montrent encore une chose, que les grains mûrissant bien dans ces terres, la différence de température d'avec les rives du fleuve ne doit pas y être bien sensible. Bien que l'altitude d’un lieu imprime à sa température un décroissement assez rapide, on sait toutefois que ce décroissement ne dépasse pas un degré pour cinq cents pieds d'élévation dans notre zone, et encore ces nombres varient-ils beaucoup suivant les circonstances locales. Or le niveau général de la Mantavaisie est à peine de huit cents pieds au-dessus de la surface du fleuve. Cette hauteur est donc :insuffisante pour opérer dans l'atmosphère une variation qui puisse être nuisible aux plantes et aux grains. Le climat général est à peu près le même que celui du district des Trois-Rivières, avec cette différence toutefois, que les vents du nord-est, qu ravagent si souvent la vallée du St-Laurent, y sont de peu de conséquence, la plaine de Mantawa étant située à l'ouest et au nord-ouest des Laurentides. La hauteur de la neige dépasse rarement deux pieds. Les glaces de la rivière fondent .sur place dans les premiers jours d'avril et ne font jamais de dégats. Le 15 avril, année conimune, la neige est fondue partout où la terre

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est défrichée. Une année, en 1866, les animaux ont été mis en pacage le 30 de mars dans les pointes de

la rivière, et ils y sont demeurés cette année-là jusqu’à la fin de novembre.

De 1863 à 1868, il y a eu cinq bonnes récoltes consécutives ; le trente août de cette dernière année la moisson é ait mûre partout et on commençait à l'engranger. Ainsi en fut-il des années 1870 et suivantes. Dans ces derniers temps le grain a donné un bon rendement, mais le foin a généralement manqué comme ailleurs, je veux parler de 1881 surtout. A part les années que je pourrais appeler accidentelles, le foin pousse bien, il constitue un fourrage abondant, une nourriture excellente pour les chevaux. Il se conserve très-longtemps, et surtout quand :il est pressé, on peut le garder presque indéfiniment dans un état toujours convenable.

Les gelées n’y sont ni plus tardives ni plus précoces que dans la vallée du grand fleuve, du moins il n’y a pas lieu d'en faire une objection spéciale. Il | est vrai que quelquefois les grains ont souffert de la | gelée à Mantawa, mais c’est dans des circonstances | que j'ai déjà expliquées, c’est-à-dire par le retard des semailles sur la terre neuve du printemps. Et d'ailleurs la gelée n’a-t-elle pas fait sentir ses atteintes sur les grains jusque dans les paroisses même qui bordent le St-Laurent, en certaines année? Est-il donc étonnant qu’au milieu des bois, dans un coin entouré de tous côtés d'ombre et de fraîcheur, le froid ait quelque peu sévi? Que l’on veuille bien remarquer qu’il n’a péri du grain à Mantawa par lafPou gelée qu'accidentellement et dans le temps mêmeft re

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