CHAPITRE X
tre avantageux. Obligés de se déplacer, ils s’y rendraient avec joie dans le but et avec la certitude de rétablir au moins un équilibre honorable entre leurs besoius et les revenus qu'ils en pourraient tirer. Recuetilant alors plus que le nécessaire sur lelément qui lui est propre, chacun, pour ainsi dire, renaîtrait à la vie dans la glorieuse indépendance d’une position libre et assurée. Une grande erreur domine dans le corps populaire & agriculteur, c’est de croire à la possibiite de se sauver de la ruine en s’accrochant jusqu’à la fin à quelques misérables débris de fortune ou de possession territoriale tout à fait insutfñsants. Îi est bien vrai qu'une prospérité subite et passagère peut quelquefois ramener à flot, mais 1l est toujours facile de juger qu'eile ne sera que de courte durée, si elle n'est pas appuyée sur une propriété foncière qui soit pure d: toute charge et libre de tout engagement. Et dans ce cas, l’on ne saurait trop avertir les intéressés d'employer les ressources que leur offrent les terres nouvelles à se procurer à euxmêmes et à leurs familles un avenir confortable. Venez donc, chers amis, bien-aimés compatriotes, vous surtout habitants de la rive nord qui n’en êtes qu'à deux pas, au lieu de morceler vos terres, venez donc en taliler à votre gré de grandes et de beles pour os enfant: dans ces vastes domaines. Venez y porter votre infatigable‘activié, votre esprit d’entreprise, cette énergie conquérante qui feront surgir des entrailles mêmes de la terre la bourse et la vie pour
ceux que vous aimez. Que de .ictimes de la misère
164 LA BOURSE ET LA VIx,
seraient ainsi arrachées à leur déplorable état si vous veniez habiter à temps ces fortunées contrées où la richesse et la puissance se donneraient infailliblement rendez-vous dans vos mains industrieuses et inïa-
tigables.
Il est impossible de traverser cette belle A/antavaisie Sans pressentir qu'elle est destinée à devenir tôt ou tard l'heureux séjour de populations canadiennes, qu’elle se couvrira de leurs églises, de leurs écoles, qu’elle retentira du bêlement de leurs troupeaux, du beuglement de leur bétail, qu’elle possédera de riches gremiers, d'agréables demeures.
On aurait pu croire, il y à vingt ans, qu’un obstacle msurmontable s'opposait à la réalisation de ce beau rêve dans la chaîne de montagnes qui semble barrer le passage vers le nord. Mais al n’en est plus de mèême aujourd'hui que ces momtagnes se dépouillent peu à peu de leurs sombres forêts, que de noù.*aux et prospères défrichements couronnent le sommet des collines comme le fond des vallées, que des chemins de terre et de fer s’y ouvrent de tous côtés et facilitent aux progrès de la culture un envahissement général. Plusieurs endroits reculés, où l'on n’osait autrefois pémétter qu'av c frayeur, ne sont-ils
pas aujourd’hui assement atteints au moyen de bon- |
nes routes ? Le formmfable silemce de ces grandes solitudes d’autrefors me fuit-1l pas place à la joyeuse animation de mardis propriétarres disséminés sur tous les points ? Ouu, ka hache du défricheur finira par percer gradmellement la chaîne des Laurentides,
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