CHAPITRE xX
frais de transport en voiture, à une grande distance, sont trés-dispendieux. Ainsi, à la saison dernière, l’on a acheté, dans tous les nouveaux établissements, ce qu'il y avait en disponibilité de foin, d'avoine, de pois, de fleur, de lard, de patates, articles que l'on a payés comme s'ils eussent été pris à Montréal, aux Trois-Rivières, à Joliette, ou à Berthier, y compris ou à peu près les frais de transport en faveur des colons. De plus, les nouveaux colons en arrivant sur les terres qu'ils ont choisies, sont heureux de pouvoir se procurer sur les lieux mêmes ce qui leur est nécessaire, tant leur nourriture pendant le défrichement que le grain de semence dont ils ont ensuite besoin, et les animaux qui leur sont indispensables dans la suite. Tant qu'il y aura des chantiers à faire, des bois à exploiter, des terres à prendre, il y aura un marché convenable ; et d’ailleurs pourquoi le colon ne consommerait-il pas son grain sur place par l'engrais d'animaux dont le transport ne lui coûtera que peu de chose? N'est-ce pas ce commerce d’animaux gras qui a enrichi des centaines de propriétaires et de fermiers dans les cantons de l’est? Ceux qui se sont occupés particulièrement de l'élevage des animaux, surtout de ceux provenant de race améliorée, ont toujours été abondamment rémunérés. On se plaît à citer les fermiers de nationalité étrangère qui, spéciaiement adonnés à cette branche
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des terres souvent de médiocre qualité. En effet, j'ai vu maintes fois pour ma part des Irlandais, des
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Ecossais, tirer par ce moyen des richesses considérables d’une terre de sable sur laquelle de pauvres Canadiens s'étaient ruinés. Mais est-ce que le fermier Canadien, en s’y appliquant sérieusement ne pourrait pas se procurer les mèmes avantages ? Pourquoi ne pourrait-il pas se créer les mêmes ressources que l'étranger sait développer avec tant d’avantages et de succès? Un peu d'attention, une application soutenue résoudraient aussi bien le problème en sa faveur. Il n’a qu’à s’y mettre et ce commerce deviendra aussi lucratif pour lui que pour tout autre, Dans la Aantavaisie, les prairies de castor et les autres prairies naturelles qui produisent chaque année un foin bien supérieur à la paille, y facilitent tout particulièrement l'engrais des bestiaux.
Une autre chose importante à noter: la culture de graine de trèfle et de mil se pratique sur une grande échelle chez quelques habitants des cantons du nord ; mais cette culture n’est pas assez générale. Le colon de Mantawa en s’y livrant avec soin, s’épargnera bien des voyages et réalisera dans un seul coup, un bénéfice égal à dix voyages de grain. Et puis quand le chemin de fer, comme cet été par exemple, ne sera plus qu’à dix lieues de chez lui, pourra-t-il raisonnablement faire une objection décisive contre l'établissement de ces belles terres, de la crainte de ne pouvoir écouler ses produits? D'ailleurs, quand on a la valeur en mains, et c’est le principal, mille occasions de l’échanger se présentent d’elles-mêmes.
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