CHAPITRE X
Je résume en quelques mots et je dis, 1° que le colon qui désire s’établir sur les terres nouvelles doit être vigoureux et apte aux travaux des champs, 20 qu’il doit avoir quelques moyens devant lui afin de pouvoir vivre, la terre ne rapportant que la seconde et quelquefois la troisième année. Avant de recueillir dans l’abondancs:, il faut semer dans les sueurs, 3° qu’il doit compter avant tout pour vivre sur les revenus de sa terre. Compter pour vivre sur le travail fait par les autres, c’est s’exposer à ne jamais exploiter sa terre, ni à jouir de ses produits : Compter sur les secours étrangers, c’est s'exposer à de cruelles déceptions. Puisque la terre est assez riche pour nous nourrir par elle-même, pourquoi demander à d’autres ce qu’elle est prète à nous donner? 40 Il doit en outre mettre sa principale richesse, son espoir le plus fondé dans ses animaux domestiques. Ces animaux ont été-donnés à l’homme pour l’aider dans son travail, pour le nourrir et le vêtir. Ne serait-ce pas une grande imprudence de les négliger ? Qu'arrive-t-il à ceux qui mettent de côté cette source féconde de revenus et de bien être! C’est qu’ils vivent misérablement toute l’année, n'ayant qu’un pain très-peu substantiel pour les sustenter au milieu de leurs rudes trawaux et qu'ils dépensent le peu d'argent qu'ils ont gagné pour se procurer des vête ments, tandis que ceux qui élèvent du bétail ont toujours pour leur table des aliments confortables sans parler de l'argent qu’ils font du surplus de leurs
animaux. Les colons doivent donc donner une at-
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tention spéciale à l'élevage de ces animaux. «0 Il doit pour assurer le succès de toutes ses entreprises profiter de l'expérience des autres. Dès lors il doit s'enquérir des moyens qu'emploient ceux qui réussissent le mieux et savoir quelles sont les terres les plus susceptibles d’être mises soit en prairies soit en culture, quels sont les engrais qui conviennent le mieux, quelles sont les semences qui produisent d’avantage, quel profit on peut faire des récoltes et sur quel marché on doit les vendre, quel usage on peut tirer du bois, etc. Aucune de ces données n'est inutile, et c’est le cas surtout de dire que tout sert en ménage.
Que le colon prenne tous ces moyéns, toutes ces précautions qui lui sont si faciles, et avec un sol aussi fertile que l’est celui de la Aantavaisie, nous pourrons lui prédire qu'avant peu d'années, non seulement il aura payé sa terre, ses dépenses et ses dettes, mais que de plus il se sera créé un bel avenir, une honnête aisance dont 1l jouira avec bonheur au sein de sa famille.
Mais nous avons besoin d’insister sur le cinquième numéro des conclusions précitées et c’est ce qui va
faire en partie l’objet du chapitré suivant.
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