CHAPITRE XI
affecté à son usage comme à son profit,
; Autrement, nb c'est-à-dire, pour ce colon, constater la détérioration annuelle du sol, la diminution alarmante de ses reiment venus, ne point chercher ni porter remède à cet état OE de choses, délaisser comme ingrat ou stérile un diges- champ qu'il a conquis sur la forêt, qui ne produit blé, à plus par sa faute, et s’en aller par suite répéter ses dl procédés de dévastation sur une autre terre dans grâce; les nouveaux cantons, c’est un métier ruineux, déshoec es norant, c’est une chose impardonnable, c'est une inau JOUt dignité. Si le colon est inconscient, cela n'empêche ées des pas qu’il porte préjudice à d’autres comme il se fait ueront tort à lui-même. [l propage des préjugés dangereux demeu- qui fout dommage à la société. comme à sa propre ad vous famille ; oui, surtout à sa pauvre famille, car en la rès d'el- proménant ainsi de localité en localité, il la pousse ccompa” inévitablement à la ruine, à la misère, au désordre douce- née. | ee Sait-on combien il se perd d'argent dans une année par cette colonisation et cette culture ineptes ? À Prenons seulement deux des principaux éléments Jen "Or que le sol fournit à la constitution des plantes. Il sultat, il est facile de voir par l'analyse la quantité de cette rembour- matière qui sort de la terre pour se répartir, par exlents, à emple, dans une tige et un épi de blé-d’inde. On ment de fait de là un calcul très-simple qui, au prix ordinaire | rattache des ingrédients en question, s'élève à un million de ltravaille piastres pour huit millions d’acres de terre, et cela RE par année. Que l’on subdivise ce calcul et que l’on ptte rein”
ramène le chiffre à une terre ordinaire de cent acres tièrement
l'on aura une perte moyenne de douze à treize piastres, c’est-à-dire un capital net d'éléments producteurs perdus dont l'estimation se monte à cette somme, tandis que le renouvellement et le bon entretien de ces mêmes éléments auraient, par leurs revenus, décuplé ce montant. Pour peu maintenant que cet état de choses se continue, est-il possible, je le demande, de croire qu'une famille, qu'ure nation vont prospérer par l’agriculture et par le défrichement de leurs terres ? N'est-il pas ridicule, au contraire, de penser que, sous des pertes aussi sensibles, et sous les blessures renouvelées qu'on lui fait, la terre continuera ses largesses et ses prodigalités à l'infini? La partie la plus essentielle de sa vitalité lui est enlevée, et ses forces resteront les mêmes? Cela n'est pas possible, D'année en année, pour ainsi dire, son cœur bat, palpite et soupire sous un système qui la tue, elle ne peut y tenir. En vain des remontrances sont faites à l'aveugle colon, celui-ci n’en continue pas moins de s'acharner sur elle comme sur un ennemi implacable. Il suce, il tire de son sein fatigué, livide et meurtri, tout ce qu’un dernier effort, un effort désespéré, lui inspire de s’approprier, de lui arracher, et quand il a réduit sa victime à l'impuissance complète, il regarde d’un œil de dédain ce prétendu cadavre, et ajoute à l'espèce d’assassinat dont il s’est rendu coupable, la barbare insolence du mépris et de l’outrage.
Il crie sur tous les toits et à tous ceux qu'il rencontre que les terres neuves poussent bien pendant quelques
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