‹ La bourse et la vieChapitre 94 sur 135 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

toute la ligne et se continua graduellement.

L'on conçoit qu'il a dû s'élever tout d'abord bien des récriminations de localités au sujet de l'ouvrage préliminaire et même du tracé du chemin, mais on comprend d'un autre côté qu'il n'était pas facile de résoudre toutes les difficultés du premier coup, dans un espace de temps aussi court et avec les moyens si faibles que nous avions à notre disposition. Ce chemin a été travaillé depuis et parachevé en quelques endroits. Il serait hautement désirable et grand temps qu'il le fût maintenant partout. Aucun chemin ne sera plus utile à la colonisation dans toute la région du nord que celui-ci. Malgré l'état déplorable dans lequel sont restées certaines parties, il est surprenant de constater le mouvement de vaet-vient qui s'y fait. Ce serait une chose bien autrement encourageante pour les chercheurs de lots s'ils avaient un bon et solide chemin pour les conduire a Mantawa. Il semble que c'est le moins que le gouvernement doive faire que de procurer de bonnes routes à ceux qui veulent coloniser la Mantavaisie ; des centaines et des centaines de lots seraient occupés aujourd'hui, en sus de ceux qui le sont actuellement, si le chemin n'eût pas été pour un si grand nombre un sujet de découragement et une malencontreuse occasion de se laisser préjuger sur la prétendue difficulté d'établissement de ces terres pourtant si belles et si fertiles. Espérons que de nouveaux octrois judicieusement employés en feront bientôt* un chemin facile et avantageux.

Il est à remarquer que sur les différentes sommes affectées à l'ouverture de cette grande artère de colonisation, une notable partie a été employée à en corriger le tracé primitif, et à réparer les désastres causés par les incendies ; mais en fin de compte la localisation étant bonne et définitive aujourd'hui, il ne faudrait qu'une somme relativement minime pour parachever ce chemin. Aucun ouvrage ne presse autant que celui-ci pour le moment, car enfin qu'avons-nous dans toute cette partie orientale du grand nord, pour fixer l'excédant de notre population, à part cette vallée si belle et si riche qui est si près de nous, et à laquelle on devrait se hâter de donner un plus facile accès ? Les colons en général suivent le chemin, ou bien ils l'attendent, quelquefois ils le devancent de quelques milles, de quelques lieues, comme cela s'est vu dans St-Michel-des-Saints; dans tous les cas ils s'y jettent avec empressement quand il est fait, et d'année en année l'on entend partout répéter le cri « en avant, en avant ! » Nous travaillons ici à une cause qui est chère à tout le monde, dans des endroits où le succès n'est pas douteux et où le gouvernement doit voir lui aussi un bel avenir pour les habitants de la province. N'est-ce pas là pour lui un motif puissant d'octroyer de nouvelles allocations afin d'arriver à faire de cette grande route un chemin fini, solide et définitif.

Les chemins de colonisation sont la vie de tout nouvel établissement dans les cantons ; partout où ils sont ouverts et parachevés, on voit les familles

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