L'.N TEL, AGENT. — AVOIR
VenrfM 100 Lyon à 800. 80,000
— 100 Midi à 550. 55,000
— 400 Midi à 500. 200,000
— lOOOrléans à 1,200. 120,000 .— 100 Nord à 1,000. 100,000
— 200 Nord à 1,000. 200,000
Total.
Ainsi, d'après ce bordereau, on aurait réalisé dans la quinzaine un bénéfice de cent cinquante mille francs.
Mais, si l'on examine le détail, on voit que
282 LA Ruuust:.
deux cents Nord sout portés seulement à la colonne des ventes et non à celle des cichats. Indubitablement, on a iourni les titres. Ce n'est plus alors une opération à terme, c'est une simple vente en liquidation.
Comprenez-vous le logogriphe?
La vente des Nord sert à couvrir «l'agent de la perte de cinquante mille francs faite sur les autres valeurs, et, plutôt que de n'être pas soldé, notre officier ministériel se charge de cette vente, sans croire utile de s'enquérir de la position pécuniaire du client qui lui remet d'aussi bonnes valeurs.
Voilà sur quoi les agents de change sont répréhensibles.
Ils ont soin, dans une vente au comptant, de se faire représenter le bordereau d'achat, ou un acte de notoriété; mais pour les ventes à terme ils sont moins défiants et n'y regardent pas de si près. Toute valeur est bonne, peu leur importe d'où elle vient.
Réclamer de chaque client un certilicat de propriété de ses titres, surtout quand il s'agit de couvrir des différences et de liquider une perte, ce serait tuer le jeu, la Bourse et les agents de change.
Il est probable que les choses se sont passées de la sorte dans les opérations faites pour le compte de Carpentier, Grellet et consorts. Mais la morahté, ou plutôt l'immoralité de l'histoire, c'est qu'on évalue à quinze cent mille francs les droits de courtage qui ont été payés à me^ieurs du parquet par l'homme qui avait emprunté les actions de M. d<3 Rothschild , ce qui représente un capital vraiment inouï de titres négociables.
Quelle conclusion tirer de ces aperçus rapides?
Une conclusion très-simple.
Les agents de change semblent institués pour agir en sens contraire de leurs attributions.
Et la loi reste calme au spectacle des abus; elle laisse frapper ses articles d'impuissance.
Chaque jour des hommes désignés pour accomplir la négociation légale et loyale des fonds publics servent d'entremetteurs, en quelque sorte, à ceux qui jouent et parient sur ces mêmes fonds.
Bien plus, on nomme un commissaire, un représentant de la loi, qui se trouve débordé par la désobéissance même, et ne fait que constater la violation quotidienne, flagrante, authentique de la loi.
Vous voulez arrêter le jeu , réprimer ses écarts, flétrir ses envahissements,^et vous laissez à des officiers ministériels le soin de le multiplier sous toutes les formes...
Où sommes-nous? où allons-nous?
Goi.\rtiex^s ma.rrons.
L'industrialisme moderne, multipliant à l'infini le système des commandites et poussant de plus en plus chaque jour à l'échange du numéraire contre le papier, tripla par le fait même les désordres de l'agiotage, et les agents titulaires ne suffirent pas aax exigences de la situation .
Tout aussitôt se forma dans leur voisinage une horde de contrebandiers, qui s'applique-
286 LA DUIRSE.
reiit à passer lu prime en fraude et à la manipuler sans patente.
En somme , allez-vous dire , la loi n'avait peutêtre pas prévu cet envahissement? Une brèche reste ouverte, on escalade le rempart : tant pis pour ceux qui ont manqué de prévoyance.
Tout beau ! N'allons pas si vite, et daignez jeter les yeux sur ce qui va suivre.