‹ La Bourse, le Marché Libre et la CoulisseChapitre 7 sur 43 · ER PP EP TR · texte numérisé non relu

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que, par suite des crises qu'elles causent dans le mouvement des affaires (1).

D'autres causes très particulières ne sont pas sans influence sur le cours des valeurs : à la faveur de l’essor de la grande industrie se créent de nouvelles valeurs; ce sont les banquiers et les établissements de crédit (Haute Banque), qui sont chargés du placement dans le public des valeurs ainsi créées. Ces établissements et gros banquiers ont tout intérêt à soutenir le marché en hausse, tant que l'opération financière dont ils se sont chargés n'est pas terminée.

L'intervention des banquiers et établissements de crédit se manifeste dans un autre ordre d'idées, toutes les fois qu'ils ont intérêt, alors que le marché est arrivé à la fin d'une baisse, à faire l'emploi, et très avantageusement, des capitaux que le public leur a confiés en compte de dépôt. Certains établissements de crédit possèdent, sous cette rubrique, une énorme quantité de numéraires qu'ils emploient momentanément à l'achat, en baisse, de valeurs qu'ils rejetteront sur le marché, quand ils auront avantage à le taire, c'est-àdire quand ces valeurs auront assez monté; ils provoquent ainsi à leur guise et selon leurs intérêts la hausse et la baisse. Les capitaux énormes dont dispose cette Haute Banque lui permettent d'acheter au comptant, de lever du titre, de reporter, d'écraser les cours, etc., d'être, en un mot, la maîtresse du marché.

Aux côtés de la Haute-Banque, et dans l'entourage des gros meneurs du marché, gravitent les acheteurs et les vendeurs de pure spéculation, c’est-à-dire ceux qui vendent et ne livrent pas, et ceux qui achètent et ne lèvent pas; leur rôle, pour être plus modeste, n’en est pas moins décisif, car c'est de leur position respec-

(1) Le krack de l’Union générale à Paris, en 1882, le Krack des cuivres suivi de la crise du Comptoir d'Escompte et des métaux en 1889, le krack des Mines Sud-Africaines en 1895 et la débâcle du 27 février 1904 au début de la guerre TUSS$0japonaise sont à signaler à titre d'exemple.

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tive, que dépend la continuation du mouvement de hausse ou de baisse.

En effet, si le nombre des titres vendus par les vendeurs de pure spéculation et qui désirent réaliser, est plus grand que le nombre de titres achetés par les acheteurs sérieux qui exigent la livraison de tout ce qu'ils ont acheté, l'excédent de ventes à découvert s'affirme par un chiffre déterminé, que les vendeurs à découvert devront racheter, provoquant ainsi un mouvement de hausse.

Si, au contraire, le nombre de titres achetés par les acheteurs de pure spéculation, et qui désirent réaliser, est plus grand que le nombre de titres vendus par les vendeurs sérieux qui exigent la représentation en numéraire de tout ce qu'ils ont vendu, et qu'ils veulent livrer, l'excédent des achats en spéculation s'affirme par un chiffre déterminé, que les acheteurs en spéculation devront revendre, provoquant ainsi un mouvement de baisse (1).

I1 nous faut maintenant dire quelques mots des opérations qui se traitent en Bourse. Ces opérations sont qualifiées de marchés. On peut les diviser de la façon suivante : marchés au comptant, marchés à terme, marchés à primes, marchés avec reports.

Les marchés au comptant {opération la plus simple), sont ceux pour lesquels les parties ne stipulent aucun délai pour l’exécution de la convention. Dès le marché conclu, le vendeur livre les titres, l'acheteur les lève et paye. Le paiement et la livraison se font donc de suite, sauf le délai nécessaire pour que l'agent vendeur livre les titres à l'agent acheteur, et celui-ci à son client. De plus, si les titres sont nominatifs, la simple remise ne suffit pas à en transférer la propriété, il faut une formalité supplémentaire: un transfert d'ordre provisoire au nom de l’interméidaire: celui-ci fera en-

(1) Grilhé Brév. du Rentier.

suite un transfert définitif à son client, ce qui retardera un peu les opérations.

Le délai pour l'exécution de ce marché est de cinq Bourses pour les valeurs au porteur, de dix pour les valeurs nominatives. Si à ce moment, le vendeur ne s'est pas encore livré, l'agent acheteur tera afficher son vendeur, et il sera procédé au rachat des titres par la Chambre syndicale.

Les fonds seront à la disposition Ju donneur d’ordre le lendemain de la livraison des titres, s’il s’agit de valeurs au porteur, le surlendemain, s'il s'agit de valeurs nominatives (1).

Les marchés au comptant se font, suivant le désir du donneur d'ordre :

Au cours du jour, c'est-à-dire à l’un des cours qui sera coté tel jour déterminé.

A un cours fixe, que le client indiquera d'avance.

Au cours moyen, C'est-à-dire à un prix également distant du cours le plus haut et du cours le plus bas cotés ce jour-là.

Ou enfin au mieux, c'est-à-dire à un cours que le

client laisse à l'initiative de son agent.

Ces marchés au comptant sont ordinairement des opérations de placement. Les parties ont l'intention de faire et de recevoir la livraison des titres vendus. Elles peuvent cependant avoir un but de spéculation, s1 elles se proposent d'acheter pour revendre, par exemple. Dans le premier cas, les marchés sont des actes civils; dans le second, des actes de commerce; et cette distinction est intéressante au point de vue de la juridiction compétente en cas de litige.

Les marchés à terme constituent plutôt une spéculation qu'un placement. Ils sont, à la Bourse, de heaucoup plus nombreux et plus importants que les marchés au comptant.

(1) Règlement particulier des agents de change de Paris du 3 décembre 1891.

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