ObBenrations
146. — J'ai intitulé la première partie de cet ouvrage le Fait ; j'intitule la seconde la Loi.
Après avoir dit ce qui était, le moment est venu de dire ce qui devrait être, si les lois et règlements relatife à la matière étaient scrupuleusement observés.
Dans cette portion de mon travail, je suivrai Tordre fwiopté dans la première. Je commencerai par l'examen des questions relatives aux Bourses de commerce, pour finir par l'examen de celles relatives aux contractaùts, aux intermédiaires, aux opérations de la Bourse, aux réunions et aux opérations de la coulisse.
Les détails historiques consignés dans les précédents chapitres abrégeront sitigulièremenl^ ma tâche, en même temps qu'ils éclaireront, je l'espère , sous leur jour véritable, certains textes qu'il est bon d'exhmner de l'obscurité où, malgré leur non-abrogation, ils demeurent généralement inconnus et oubliés.
En étudiant toutes ces questions, j'ai consulté de nom-
breux commentaires et rencontré de nombreuses opinions. Leur diversité s'explique tout à la fois par les points de vue divers auxquels les commentateurs se sont placés, par leur situation personnelle (1), et par les circonstances variables au milieu desquelles leurs ouvrages ont été publiés.
Après tant d'interprétations, je viens donner la mienne. Elle a rarement le mérite de la nouveauté; je n'ai eu, la plupart du temps, qu'à faire un choix entre des interprétations déjà connues. Pour me décider, j'ai toujours eu présent à l'esprit ce principe : qu'en cette matière comme dans les autres, il faut peser les avis plutôt que de les compter.
(i) Rien, à cet égard, ii*est plus curieux que le contraste qui existe eo^ tre les décisions consignées par M CoflSniëres, dans son ouvrage publié en 1824, sur ÏA9 opérations de Bowrse» et celles consignées par M. MoUot, dans son Traité des Bourses de commerce^ dont la dernière édition a para en 1853. Autapt le premier se montre sévère pour la Bourse et tout ce qui s*y rattache, autant le second se montre facile. Les agents de change rencontrent dans celui-là un adversaire déterminé ; ils rencontrent dans celui-ci un allié presque toujours fidèle. l\ est vrai que, dans les divers procès plaides aux environs de 1824, M. Coffinières, avocat à la Cour royale, fut souvent employé par ses clients à rompre des lances contre ces officiers publics, tandis que M. Mollot, avant d*ôtre Juge au Tribunal de la Seine, avait été l'avocat et le conseil de la Compagnie des agents de change. Â Dieu ne plaise, du reste, que J'entende révoquer en doute rentière bonne foi que ces messieurs ont apportée dans la manifestation de leurs opinions ; Je tenais seulement'à établir que ces opinions ont fort bien pu subir l'influence des circonstances qui avaient porté ces deux écrivains à prendre autrefois la parole. Ds ont écrit comme ils avaient parlé; le livre est devenu l'écho de la plaidoirie.