‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 13 sur 233 · EN · texte numérisé non relu

EN

Il y a quelque temps on voyait à Paris une réunion d’hommes réputés pour les plus forts lutteurs et athlètes du midi de la France, du reste tous ces hommes pour la plupart avaient acquis une célébrité justement conquise.

On remarquaitparmi eux, comme lutteurs : Arpin, ditle terrible Savoyard, considéré, à juste titre, comme le plus fort, le plus élégant, le plus gracieux et le plus savant.

On remarquait en seconde ligne, Blas, l’Espagnol, dit Sans-Pitié, brun, surnommé pour son ardeur et son intrépidité à la lutte.

Rabasson, dit le Petit-Paysan, lutteur infatigable ;

Bouyard, dit le Tailleur de pierre de Rémoulins ;

Creste, dit le Taureau de la Provence;

Anthelme, dit Baboula ;

Plantevin, dit le Roi des lutteurs ;

Rivoire, de Lyon, dit le Corps de fer ; Henri, de Paris ; L’Océan, Bacquet, l’ Artilleur, etc.

Mais le plus redouté était Arpin.

11 avait par ses succès répandu une telle terreur autour de son nom, qu’il n’était aucun mortel qui osât se mesurer avec lui ; il avait été proclamé le roi des vainqueurs.

Mais cependant vint un jour où un jeune téméraire jeta un défi au terrible Savoyard.

Ce jeune homme n’était autre que Marseille, le héros de sa ville natale, qui lui donna son nom, l’enrichit de ses faveurs.

Aussitôt qu’Arpin fut informé qu’un rival lui était arrivé de la Provence, il se hâta de faire savoir au jeune présomptueux qu’il tenait à sa disposition 200 francs, s’il parvenait à le renverser dans les règlements etconditions de la lutte, mais Marseille, repoussant l’offre d’Arpin, lui fit répondre qu’il tenait non pas 200 fr. mais 500 francs à sa disposition ou à celle de tout autre qui parviendrait à le renverser.

LA BOXE FRANÇAISE

On fixa un jour, et comme on pense grand bruit parmi les admirateurs d’Arpin ; on n’était plus habitué à voir défier le terrible Savoyard.

Enfin, le jour fixé, à dix heures précises, Arpin paraît dans l’arène, le regard fier, la tête haute. Arpin est un colosse, un cou de taureau attaché à ses épaules d’une largeur et d’un modèle admirables, des bras vigoureux et solidement attachés, un torse d’hercule, en un mot l’image de la force et de la vigueur, c’est vraiment le terrible Savoyard.

Marseille paraît à son tour; c’est un jeune homme mince et nerveux qui semble chétif auprès de son adversaire, enfin le Gladiateur, et l’Hercule Farnèse — tout est prêt

Tous les cœurs battent d’émotion à la vue de ces deux hommes; toutes les poitrines sont haletantes, bientôt les deux rivaux se donnent la main, et la lutte s’engage.

Arpin saisit Marseille entre ses bras puissants, mais celui-ci se glisse comme un serpent, et se précipite sur son adversaire avec une impétuosité sans égale.

Arpin semble étonné de le voir si résolu, et respirant à pleins

poumons, ils se tordent se baissent se relèvent tout ce

qu’il y a de ruses, de feintes, de souplesse et d’adresse sont déployés par ces deux rudes jouteurs des gouttes de sueur ruis-

sellent sur le corps nu d’Arpin, tandis que le corps de Marseille

semble un marbre il y a 45 minutes qu’ils sont auxprises et la

victoire n’est pas encore décidée.

Qui l’emportera du terrible Savoyard ou du Meunier de laPalu? l’on respire à peine

Tout à coup unhourrah retentit dans l’enceinte ! L’un des deux adversaires a roulé dans la poussière...

C’est le vainqueur des vainqueurs ! !

C’est Arpin J ! !

Les luttes furent bientôt défendues par la police de l’Empire. Sous prétexte de quelques accidents, comme par exemple celui arrivé à la salle Valentièo, où la Résistance boxant à la française contre Dickson, boxeur anglais, Rambaud assailli par une grêle de coups de poing, s’était précipité sur son adversaire, l’avait littéra-

LA BOXE FRANÇAISE

lement envoyé à terre à la volée d’un coup de hanche en tête, mais l’épaule du fils d’Albion était déboîtée. Après tout il n’y avait pas eu mort d’homme, mais il y avait paraît-il autre chose ! ! !

L’impératrice Eugénie trouvait les luttes schoking ; les beaux athlètes qui s’y faisaient admirer portaient ombrage à Madame, son impérial époux ne pouvant montrer des formes aussi splendides, ni ressembler de près ni de loin à un Apollon ; la jalousie (qualité essentielle d’une Espagnole de race) lui rongeait lecœur, elle fit interdire les luttes publiques, voilà !...

De ce contact avec les lutteurs, Leboucher avait encore tiré parti de quelques coups ou passes qu’il introduisit dans sa méthode, car, nous le répétons, c’était un fin, très fin observateur, et homme d’assimilation ; du reste, il n’était pas Normand pour rien.

Leboucher a formé quelques élèves d’une certaine force, entre autres Alexandre Colmant, qui fut aussi un mécanicien de génie (ce n’est pas trop dire) ; on vint le chercher rue Turgot, pauvre petitconstructeur, pour fabriquer l’aiguille du chassepot. Elève des écoles du soir, il s’était fait lui-même. Sa situation créée par les Soubeyran, Baricant, etc., se traduisit, au bout de trois ans, par trois cent vingt mille francs versés comptant à Colmant. Mais le cerveau avait trop donné, il mourait fou trois mois après; c’était un ami intime de Cœurderoi, toujours vivant; lorsque venait minuit, après cinq à six bocks, Colmant parlait mécanique, rentrait chez luiet travaillait. Gaillard vigoureux, faisant proprement 61 livres à bras tendu, gros, fort et intelligent, très compétent et fin appréciateur d’hommes et d’exercices. Nous devons lui rendre cet hommage mérité. Comme boxeur, Alexandre Colmant tirait un peu bas, jamais très haut, mais sévèrement comme disait le maître.

Fréquentaient encore la salle : Dr Edward, Principe, Ladislas Joicki, de Castro, Eugène Paz, Cœurderoi, etc., etc.

Leboucher était le démonstrateur par excellence, malheureusement il n’était ni travailleur ni patient ; il ne pouvait pas tenir longtemps un élève, ça l’ennuyait; aussi, s’en débarrassait-il, d’une manière ou d’une autre; surtout il avait le soin de se faire payer d’avance un grand nombre de cachets, l’élève pouvait

LA BOXE FRANÇAISE

ensuite s’en aller. Trop souvent absent de sa salle, ses prévôts, le plus souvent bien médiocres, ne pouvaient le remplacer avantageusement, cela lui causait un grand préjudice.

Le dernier grand assaut donné par Leboucher eut lieu le 10 avril 1866, Salle du xixe Siècle, rue du Château-d’Eau, à 8 h. 1/2 du soir.

Louis Mérignac, tort jeune à cetle époque, et sous le surnom de : le tireur noir, représentait l’escrime ; la boxeetlacanne étaient représentées par : Gilbert, 1er maître au bataillon des chasseurs de la garde impériale, et son prévôt; Papy 1er maître aux zouaves de la garde, et son prévôt ; J. Charlemont, 1er maître, au 99e régiment de ligne, et son prévôt; la lutte : Antoine Dornier et Pierre le Savoyard (cocher de son métier); la gymnastique : Alfred Perrier ; la démonstration de la canne : par le jeune fils de Leboucher âgé d’une dizaine d’années environ. Un orchestre complétait l’attraction de la soirée.

Trois mois après, il donnait aussi son dernier assaut intime dans sa salle du passage Verdeau. A propos de ces deux derniers assauts, voici une petite anecdote qui complétera bien le portrait et le caractère de celui qui, quoi qu’on en dise, fut un chercheur, un novateur.

Le 25 mars 1866, Leboucher écrivait à Charlemont, caserné au fort d’Aubervilliers, le priant de venir le voir; il avait, disait-il, à lui parler au sujet d’un assaut qu’il organisait. Ce dernier se présenta à la salle, et fut reçu parDevost, le prévôt de l’établissement, qui lui dit que son maître était en ce moment chez un marchand de vins de la rue de la Grange-Batelière, et que s’il y allait, de vouloir bien lui dire qu’un élève M. *** sujet anglais, l’attendait pour prendre sa leçon. Charlemont fit la commission. Leboucher lui répondit : lepantre peut attendre, j’ai son pogne! ! Ce n’est pas ça, j’organise un grand assaut pour le 10 du mois prochain, — veux-tu y tirer? — Quelles sont vos conditions? — Je te donnerai vingt francs. — C’est entendu. Monsieur Leboucher, vous pouvez compter sur moi. — Alors bois un verre avec moi. Sur ce, il fit venir une excellente bouteille du meilleur bordeaux, c’était, disait-il, pour sceller le contrat verbal ; l’élève attendait toujours. Il proposa à Charlemont de venir se promener avec lui

LA BOXE FRANÇAISE

(il faisait beau temps) ; il prendrait une voiture à l’heure et on reviendrait dîner au Palais-Royal. C’est lui qui paierait. Celui-ci remercia, ses affaires l’attendaient.

Le jour de l’assaut vint, la soirée fut fort brillante, et bien réussie; il y eut beaucoup de monde. Jl était à peu près 11 heures, la sortie était effectuée; il fallait régler les comptes : c'était le service de police, les pompiers, le droit des pauvres (prélévation sur la recette brute, exigence qui nous paraît fort injuste), la musique (et ses droits d’auteur), les affiches et circulaires, les tireurs, les lutteurs, enfin la salle, legazet le personnel. On cherchait partout le directeur de l’assaut; il était disparu. On le chercha longtemps mais on n’alla pas à l'église, persuadé qu'on ne l’y trouverait pas ; c’est chez un marchand de vins qu’on le découvrit, attablé devant une jolie bouteille et un verre plein. Ses amis le pressèrent, lui disant que tout le monde l’attendait, les sergents de ville, les tireurs de l'armée devaien t ren trer à l’heure, les zouaves à Saint-Cloud, les chasseurs à Versailles; on le fit dépêcher à venir régler ses affaires. Ah ! il n'était pas content, le père Leboucher ; il fallait l'entendre jurer et tempêter, — il n'y avait, plus d’amis, on ne pouvait plus lui rendre service, tout le monde voulait de l’argent.

En fin de compte, les maîtres de l’armée, obligés de prendre le dernier train, partirent et en furent pour leurs frais.

Dans le mois de juin de la même année, Charlemont reçut une lettre du prévôt de Leboucher, Devost, lui disant que son maître allait donner un assaut à son bénéfice, et le priait de vouloir bien lui prêter son concours. Charlemont lui répondit que si l’assaut était vraiment à son bénéfice, il n’hésiterait pas un seul instant à lui être agréable, mais sachant de bonne part que le bénéfice était pour Leboucher, il le priait de dire à celui-ci, qu’il se tenait à sa disposition pour celte soirée, moyennant un cachet de vingt francs, plus la remise du cachet qu’il lui devait pour l’assaut du 10 avril dernier ; le tout payé avant de travailler, bien entendu. La réponse se fit longtemps attendre, et ce n’est que l’avant-veille de l’assaut que Leboucher prévint Charlemont qu’il acceptait ses conditions et qu'il comptait sur lui. Le jour de l’assaut et à l’heure dite, Charlemont était prêt, en tenue, ses gants aux mains ; il

LA BOXE FRANÇAISE

était dans le vestiaire attendant son tour, ce moment approchait ; il dit à Devost d'aller prévenir son maître, qui était dans la salle, qu’il ne tirerait pas si ses deux cachets ne lui étaient pas comptés d’avance, ce qui était convenu ; dans le cas contraire, il entrerait dansda salle et expliquerait au public pourquoi, étant prêt, il ne tirait pas. Sur ce,Leboucher tout grognant arrive dans le vestiaire. Alorstu ne veux pas tirer, Charlemont ? — Si, Monsieur Leboucher ! vous le voyez bien, je suis prêt, à mon poste, mais, chose convenue, chose due. — Alors il faut que je te paye d’avance? — Naturellement, puisque vous ne voulez pas me payer après. Tiens, lui dit Leboucher, en faisant une horrible grimace et prenant deux louis dans sa poche, — tiens, prends, et je ne les regrette pas. Merci, Monsieur Leboucher, je vais les gagner sans bouder.

Cette petite anecdote n’est pas isolée, dans son genre; presque toutes les personnes qui ont eu affaire à Leboucher la connaissent par expérience. C’était vraiment un homme original, presque inexplicable; ainsi, par exemple (ce qui lui arrivait souvent), il rencontrait un ami, un camarade, eh bien ! il ne regardait pas à la dépense : déjeuners, dîners et soupers, voiture de luxe (il disait qu’on était mieux qu’en fiacre), café, théâtre, bal, etc., etc., cela lui coûtait cent francs, deux cents francs, il n’y regardait pas, il aimait à s’amuser, mais pour payer une pièce de cinq francs qu’il devait, c’était le diable pour la faire sortir de sa poche, tout le monde savait cela ; au fond un bon homme ne manquant pas d’esprit. Il avait parfois de bons mots. Un jour, dans un assaut qu’il donnait à Montesquieu, Louis Vigneron faisait des exercices de force, parmi lesquels il en exécutait un qu’il nommait : le désespoir des bras tendus; cela consistait àtenir à bras tendus, latéralement et horizontalement, un poids de 25 kilos dans chaque main et assis sur une chaise ; comme i 1 restai t très longtemps dans cette position, un Monsieur, qui se trouvait tout près de Leboucher lui demanda pourquoi Vigneron restait si longtemps dans cette position? — C’est parce que, répondit celui-ci, il attend que quelqu’un soit assez fort pour venir le remplacer.

Une anecdote nous revient en mémoire. Un jour, en 1862, après une représentation du Cirque d’été, Leboucher se trouvait attablé au café du Cirque, avec Henri Foucart, professeur de gym-

LA BOXE FRANÇAISE

nastique, père des trois petites Foucart qui travaillaient au cirque.

Henri Foucart était d’une assez grande force musculaire, et d’un caractère assez violent. Ce soir-là, la conversation était engagée sur la boxe française ; Leboucher vantait les avantages du coup de pied, il prétendait que, un coup de pied bas bien lancé pouvait mettre immédiatement un homme hors de combat. Foucart avec vivacité prétendait le contraire, et offrait à Leboucher d’en faire l’expérience sur-le-champ, ce qui fut aussitôt accepté par celui-ci ; ils se mirent en garde, et le temps de le dire, Foucart s’affaissa en poussant un cri. On le releva le tibia brisé d’un coup de pied bas que Leboucher lui avait porté.

Nous nous rappelons aussi une autre anecdote d’un ordre un peu plus gai. Leboucher, assez noctambule, etboulevardier par excellence, rentrait un jour après minuit, après avoir sonné plusieurs fois à sa porte, son concierge, homme de petite corpulence, et de force au-dessous de la moyenne, vint lui ouvrir. Leboucher, furieux d’avoir attendu, le gronda fortement, et fît un geste comme pour le frapper ; le concierge, qui ordinairement redoutait son locataire et craignait de recevoir des coups, étendit instinctivement le bras ; son poing rencontra l’œil de Leboucher, et le lui contusionnasi fortement que le lendemain, le célèbre professeur avait un poche-œil des plus caractérisés. Ce petit accident, qui en était un gros pour son amour-propre, fut bientôt connu dans toutes les salles, et l'on en rit beaucoup. Leboucher fut plus de quinze jours sans sortir de chez lui. — Nous nous- rappelons que nous allions lui rendre visite, et qu’il nous dit avec des larmes dans les yeux : « Croyez-vous qu’il n’est pas terrible et humiliant pour un des premiers professeurs de France d’être pareillement touché par un pipelet... »

Pendant ce temps le pauvre concierge, tout tremblant dans sa loge, déléguait nombre de personnes auprès de Leboucher pour s’excuser et obtenir de lui son pardon, qu’il lui octroya gracieusement le premier jour qu’il sortit, ce qui ne surprit personne, car il n’était pas aussi méchant qu’il en avait l’air. En somme c’était une personnalité très remarquable, et depuis qu’il est disparu, on n’a pas revu un professeur de canne qui puisse lui être comparé.

LA BOXE FRANÇAISE

En 1843, Leboucher publia un petit traité de canne très intéressant, composé de 25 leçons, orné de 37 planches dont le portrait de l'auteur, format petit in-8 de 54 pages, édité à Paris. Puis en 1855, il fit paraître une petite théorie de la boxe française, grand in-8 de 40 pages, ornée de 16 planches, éditée à Bruxelles. En 1853, il fit une 2e édition de la boxe française, revue et augmentée, format in-16 de 36 pages, ornée de 36 planches, éditée à Paris.

Leboucher mourut à Paris, passage Verdeau, n° 13 bis, le 7 septembre 1866, âgé de 59 ans. Il laissa deux jeunes enfants : un petit garçon et une petite fille qui furent élevés par la charité. Aujourd’hui ils font tous deux partie des ordres religieux.

HUBERT LEGOUR

Hubert Lecour était, comme son frère Charles, originaire de Oissery, petite commune de l’arrondissement de Meaux (Seine-et- Marne). Né le 30 mai 1820, il avait douze ans de moins que son frère.

Il fit son apprentissage dans la gravure, mais ne pratiqua pas son métier; il commença très jeune à travailler, avec son frère, les exercices auxquels celui-ci s’était adonné. Vigoureux, mais surtout très souple, il était merveilleusement doué pour pratiquer ces exercices qui demandent agilitéetvitesse. 11 partagea l’engouement de son frère pour les exercices de défense, s’assimila rapidement les principes que son aîné avait déjà posés et, très épris de la perfection, s’efforça avec lui de compléter cette méthode qui tendait à^donner à chaque coup son maximum d’efficacité et de vitesse en éliminant les mouvements inutiles et dangereux. C’est cette méthode que les deux frères résumaient ainsi : « attaque sans préparation ; jeu de face. »

Un jour il partit pour Saint-Quentin, avec un nommé Bataille (nom prédestiné) auquel il s’associa pour mon 1er une salle de boxe dans cette ville. Ils donnèrent un assaut d’ouverture dans lequel ils tirèrent ensemble; Hubert Lecour obtint un grand succès. Si l’assaut fut brillant, les affaires de la salle ne le furent pas; il

LA ROXË FRANÇAISE

dut revenir à Paris auprès de son frère, et ce n’est que plus tard qu’une réunion d’amateurs passait annuellement un traité avec lui pour qu’il vînt se fixer à Saint-Quentin pendant quelques mois. Une salle était mise à sa disposition et un minimum de recette lui était assuré. Chaque année il organisait un assaut auquel prenaient part ses plus forts élèves. Charles Lecour venait ordinairement y tirer avec son frère. Là ne se bornait pas le programme ; Hubert Lecour aimait énormément la musique; il était doué d’unejolie voixet possédaitaussi le don de bien dire la chansonnette. Avec plusieurs amateurs de la ville, il entremêlait les exercices de boxe et de canne d’intermèdes musicaux et ces séances mixtes prenaient le nom d’assauts-concerts. Nous avons sous les yeux lecompte-rendu d’une de ces réunions, que nous publions plus loin, à laquelle 800 personnes avaient assisté dans la salle des Variétés, à Saint-Quentin, et nous y trouvons l’écho de la sympathie que Hubert Lecour avait su en peu d’années s’attirer de la part de tous.

Page 1