‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 149 sur 233 · BOXING · texte numérisé non relu

BOXING

« Le Boxing-club, fondation récente, vient d’affirmer son existence mardi soir, à la salle des agriculteurs.

« La salle était bondée.

(( Dans une excellente intention sans doute, un nombre beaucoup trop grand d’invitations avait été lancé, de telle sorte que pas mal d’invités n’ont pu trouver place. 11 y a donc eu quelques mécontents et cependant leprogramme n’a pas dépassé la moyenne ordinaire.

« A part quelques assauts de boxe anglaise menés avec une brutalité qui paraissait un peu voulue, nous avons revu avec plaisir toutes nos anciennes connaissances : MM. Monbiot, Maynadié, Godignon, Legrand, amateurs, MM. Leclerc frères, Bayle, Loustalot et Albert, professeurs. Si l’on a pu regretter l’absence, prévue du reste, du plus brillant des boxeurs français, la soirée s’est terminée par un très bel assaut entre MM. Castérès, le maître incontesté, et Levallois, l’amateur bien connu. Ils ont mis une fois de plus en valeur l’excellence de la méthode de MM. Charlemont père et fils, dont ils sont d’ailleurs les meilleurs élèves.

« L’assaut auquel no,us avons assisté a été très réussi ; néanmoins il a laissé les connaisseurs sous une impression de «déjà vu» nullement en rapport avec ce qu’ils en attendaient.

« Le boxing-club est une société jeune et pleine d’ambition. Elle entend et prétend faire mieux que ce qui a été fait jusqu’à présent; aussi, tout en lui faisant volontiers crédit, l’attendonsnous avec curiosité et intérêt dans ses prochaines manifestations.

« Pierre Lafitte. »

Écho de Paris , 11 décembre 1896.

« Nous lisons dans le Genevois , Journal de Genève du 21 décembre 1896. Assaut d’armes. — Un nombreux public assistait jeudi soir à la séance annuelle d’escrime organisée par les élèves et amateurs des différentes salles d'armes de Genève, sous la présidence de M. Marcellin Pellet, consul général de France. On a vivement regretté l’absence de M. Pierre Vigny, mais le distingué professeur est retenu tous les jeudis au cercle civil et militaire de Thonon.

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« On ne peut énumérer en détail les différentes productions qui se sont succédé, car tous les assauts entre amateurs ou professeurs ont été intéressants.

« Un seul reproche peut être adressé, légère critique dont les organisateurs de ces réunions devraient tenir compte une fois pour toutes: C'est que le programme n'était pas assez varié et qu'il y manquait les productions de canne et de boxe qui font le succès de ces assauts. »

Nous sommes absolument de l'avis des auteurs de l’article ci-dessus. Si nous sommes partisans de la spécialisation de l’enseignement des différents exercices par des professeurs spéciaux, nous ne le sommes pas pour les assauts publics. Nous aimerions mieux qu’ils soient variés. Les professeurs n’y perdraient rien, le public y gagnerait elles exercices aussi. C’est le sentiment général. D'ailleurs la voie est tracée, nous voyons représenter dans la plupart des assauts d’escrime, dans les fêtes de bienfaisance, de gymnastique et autres, les différents exercices, tels que la boxe, la canne et le sabre.

Nous ne voulons pas dire par exemple que Mérignac ou Charlemont devraient prendre part à . certains assauts où leur réputation aurait à en souffrir, non ; il pourrait y avoir des sélections, des assauts brillants et d’autres plus modestes.

ASSAUT DE BOXE ANNUEL

Donné par Charlemont fils/à l’Académie de boxe, le 26 décembre 1896

ORDRE DES ASSAUTS

Reynolds,, champion américain.

Loustalot, pr., Ghabrier, pr.

Baumblatt, am., Foréau, am.

Charlemont père, Ruffier des Aimes.

Landowski, am., Moscovino, M. E. J.

Groslambert, am.. Gros M. E. J.

Moscovino, M. E. J. Loriot, am.

Guydo, de Milan, B. A.

Levallois, am., Flori, M. E. J.

Guelpa, pr., Mainguet, pr.

A. Paulian,am., J Paulian,am., B. A.

Reynolds, Williams Smith,champion anglais.

Charlemont fils. Vidal, B. E. J.

LÉGENDE

Am. amateur., pr. professeur., M. E. J., moniteur école de Joinville, B. A., boxe anglaise.

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« Nous avons assisté samedi dernier à l’assaut de boxe le plus réussi qui ait encore été donné cette année.

« Charlemont avait eu la coquetterie de composer son programme uniquement avec ses élèves, en y ajoutant l’appoint que pouvaient lui fournir la société des boxeurs français et l’Ecole de Joinville.

(( Disons tout de suite que ce programme, pas trop surchargé, avait été établi avec le plus grand soin et que tous les jeux avaient été judicieusement mariés. Aussi n’avons-nous pas assisté à des reprises qui, par la disproportion existant entre les adversaires, écœurent l’assistance et provoquent infailliblement des manifestations qu’il vaut mieux savoirévitér,afinde ne pas être mis dans l’obligation de les réprimer.

« L’assaut était présidé parM. A. Rogé, président de la société des boxeurs français. Dans la salle, MM. Maurel et Clément, de l’Opéra-Comique, Lorrain, de l’Opéra, Chevillard, Vavasseur, Emile André, J. -J. Renaud, duc de Richelieu, de Frederickz, de Lara, Berton, Dubonnet,Breittmayer,Mouquin, d’Hurcourt, M. Hirsch, etc... Beaucoup d’officiers, parmi lesquels le lieutenant Taine, de l’Ecole de Joinville, etc., etc.

« Les assauts les plus remarqués ontété ceux de MM. Loustalot et Chabrier, Landowski et Mainguet, et surtout celui de M. Groslambert, qui faisait sa rentrée après une absence de quelques années, contre M. Gros, moniteur à l’Ecole de Joinville.

« L’assaut de MM. Baumblatt et Foréau, amateurs, a été la note gaie de la soirée.

« Citons encore deux assauts deboxe anglaise : le premier entre MM. Paulian frères, qui se sont chargés mutuellement comme deux frères ennemis. M. Paulian aîné est un boxeur superbe, élève de Charlemont, qui, lors de son séjour à l’Université deCambridge, a été choisi par elle comme représentant pour tenir tête au champion amateur d’Angleterre de 1895, M. Horace King.

« Puis M. Reynolds, champion américain, et Guydo, de Milan, ont fait trois reprises. Rencontre très intéressante à tous les points devue. Il faut tenir compte àM. Guido, de ce qu’il nous a montré

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pour la première fois à Paris, comment on pratiquait la boxe en Italie.

« La soirée s’est terminée par un assaut étourdissant entre Charlemont et M. Vidal, moniteur à l’Ecole de Joinville, qui s’est très bien tenu devant son terrible adversaire. Il est impossible de donner l’impression de cet assaut si vigoureux, si mouvementé; il faut l’avoir vu pour se rendre compte combien il est regrettable que l’on ne puisse trouver pour Charlemont un adversaire qui soit à même, comme,on dit en style de courses, de le faire galoper.

« Paul Meyan. »

Figaro, 29 décembre 1896.

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Académie de boxe , Charlemont fils, rue des Martyrs .

Assaut du 16 décembre 1896.

« Trop petite, la salle de la rue des Martyrs, pour contenir la foule qui l'envahissait samedi 26 décembre dernier.

« Le premier assaut a mis en présence M. Moscovino, moniteur à l'Ecole de Joinville, et M. Loriot, amateur.

a M. Moscovino nous a paru très en progrès, mais il n’est pas encore dégagé des errements de l’Ecole de Joinville, sur lesquels j’aurai à revenir; quant à M. Loriot, c’est un tireur posé, mais, malheureusement, son jeu ne se marie pas très bien avec celui de son adversaire.

« MM. Baumblatt et Foréau nous ont ensuitedonné le spectacle d'un assaut mouvementé et plein d'humour. M. Baumblatt s'est mis au diapason de son adversaire, et nous avons eu le régal d’une rencontre dont la fantaisie n’excluait pas les très réelles qualités.

« M. Levallois et M. Flori, moniteur de l’Ecole de Joinville, deux jolis tireurs d’une correction gracieuse.

« L’intérêt de la séance était surtout attiré par l’assaut que nous avions annoncé. C'était un assaut de boxe anglaise entre M. Reynolds, champion américain, et M. Guydo, de Milan, élève de Jackson.

« C’est la première fois que nous voyons sur le a ring » un tireur italien, et nous avons pu remarquer que M. Guydo, quoique

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élève du célèbre champion noir, a un jeu très personnel et très puissant. M. Reynolds possède la garde et pratiq ue certains coups de J. Gorbett, dont il est d’ailleurs l'élève. Nous regrettons d’avoir à signaler la brutalité voulue de M. Guydo qui dirigeait ses coups de poing un peu bas ; la première fois nous avons cru à une méprise, mais nousavonsdû constater unefâcheuse préméditation.

« Le poidsdesdeuxadversaires était de70 kilogs pour M. Guydo, et de 72 kilogs pour M. Reynolds.

a Pour terminer la première partie, nous avons eu l’assaut de MM. Ghabrier et Loustalot, professeurs. M. Chabrier est en progrès constants, il possède surtout au plushaut point le sang-froid, sans lequel il n’y a pas de tireur complet. C’est aussi un des rares tireurs qui «suivent » leur coup et recherchent la« phrase», pour employer une expression d’escrime. M. Loustalot a développé ses brillantes qualités de souplesse et d’agilité.

« La seconde partie a débuté par la rencontre entre MxM. Guelpa et Mainguet, professeurs. Je ne dirai rien des quelques coups échangés, l’assaut ayant été interrompu dès le début par le départ de M. Guelpa.

« Je ferai simplement remarquer à M. Guelpa qu’il a manqué de courtoisie envers son adversaire en ne s’arrêtant pas sur un coup reçu et en renversant M. Mainguet avec la dernière brutalité, et ensuite qu’il a manqué de politesse envers le public en quittant la salle brusquement après l’observation très courtoise du président M. Rogé.

« M. Landowski a aussitôt remplacé M. Guelpa et a fourni un très joli assaut contre M. Mainguet.

« L’assaut de boxe anglaise entrçMM. A. Paulian et J. Paulian a été très intéressant ; le jeu puissant de M. A. Paulian s’est bien marié avec le jeu d'esquives de M. J. Paulian, et la rencontre était fort belle. Je considère M. André Paulian comme notre plus fort amateur français de boxe anglaise.

« La rentrée de M. Groslambert, très attendue, a été un grand succès pour ce sympathique amateur.

« On a surtoutremarqué sescoupsde poing directs qui atteignent une rapidité étonnante. Son adversaire, M. Gros, de l’Ecole de Joinville, lui a fourni la réplique très brillamment et a fait

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montre de qualités de premier ordre et d’une très grande courtoisie. Nous reverrons avec plaisir ce tireur qui est très bien doué.

« L’assaut final entre M. Charlemont fils et M. Vidal, de l’école de Joinville, a été intéressant malgré l’émotion visible de M. Vidal, émotion inséparable d’un premier début.

« Citer Charlemont, c’est faire son éloge. Nous ne pouvons que regretter de ne pas le voir tirer avec des adversaires de sa force.

« Cette soirée contenait deux exceptionnelles rencontres deboxe anglaise ; nous félicitons Charlemont du choix de ses tireurs et de l’attrayante variété de jeux qu'il nous a permis d’observer. » L’Escrime française (dimanche 3 janvier 4 897).

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Assaut de Charlemont. — M. Charlemont fils donnait samedi soir, à l’Academie de boxe, rue des Martyrs, son assaut annuel sous la présidence de M. Rogé.

« Dans l’assistance très nombreuse nous avons remarqué les personnalités de la boxe, de l’escrime et de la presse, entre autres MM. Chevilliard,Vavasseur, Breittmayer, Bergès, Emile André, Joseph Renaud, Dubonnet, Legrand, Monbiot, Denneval, Signoret, A. de Pallisseaux, Degrais, Van Roose, etc., etc.

« Le premier assaut avait lieu entre MM. Moscovino, moniteur à l’École de Joinville, et Loriot, amateur. Tenue correcte, l’avantage à Joinville.

« MM. Baumblatt et Foréau, tous deux amateurs, ont donné la note gaie de la soirée ; il faut bien qu’il y en ait une. Mais vraiment, ce n’est pas de la boxe que ces messieurs ontfaitlà, surtout à un certain moment, où ils ont roulé deux ou trois fois l’un par dessus l’autre, dans le sens de leur longueur.

« Je ne sais si je me fais bien comprendre, mais je ne connais pas de termes, en boxe, pour exprimer cette acrobatie.

« Le coup avait dû être répété longtemps àl’avance,car il a été, en vérité, assez élégamment exécuté. Cette fois cen’estpas du déjà vu !....

« Heureusement qu’en revanche MM. Loustalot, professeur, et

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Chabrier, professeur à l’Académie de boxe, nous font assister a un joli assaut, car Loustalot, qui a beaucoup de vitesse, est fort élégant et fort gracieux, et Chabrier, quia eu l’avantage, possède un sang-froid remarquable. Il a peut-être un peu trop de garde, mais cela ne l’empêche pas de faire un très bon tireur.

« MM. Levallois, amateur, et Flori, moniteur à l'Ecole de Joinville terminent la première partie.

« M. Levallois, très enrhumé, paraissait un peu fatigué, et n’a pas donné ce qu’il est en mesure de faire, quand il est bien portant. Il s’est montré inférieur à ce qu'il était lors de l’assaut du boxing-club de France, tandis que M. Flori, très correct, est en grands progrès.

« Après quelques minutes d’entr’acte, M. Guelpa, professeur, et Mainguet, premier prévôt de Charlemont, se mettent en garde. Après quelques feintes M. Guelpa, quoique touché d’abord d’un coup de pied, ensuite d’un coup de poing, a continué la passe et a jeté son adversaire à terre. Le président lui en ayant fait la remarque très courtoise, M. Guelpa vexé a quitté la salle. Il paraît qu’ily avait une vieille rancune entre les deux adversaires. M. Landowski, un jeune amateur, l’a remplacé au pied levé; c’est le cas de le dire. Il a fait un très bon arrêt, mais abuse trop delà facilité qu’il a à se servir de ses jambes, car il n’a pas donné un seul coup de poing.

« M. Gros, moniteur à l’Ecole de Joinville, n’a fait qu’un jeu de défense contre M. Groslambert, le meilleur amateur parisien, je crois.

« Enfin Charlemont fils,, le maître de la salle, a fait l’assaut final avec M. Vidal, moniteur à l’École de Joinville. Il a eu des chassés remarquables et a fait, comme d’habitude, preuve de science et d’élégance. M. Vidal, un tout jeune amateur, dont c’était le premier assaut en public, s’est fort bien défendu.

« Entre temps il y avait^eu deux assauts de boxe anglaise. L’un entre M. Reynolds, champion américain, et M. Guydo, de Milan. Le premier est très habile et le second, malgré une puissance de muscles et une détente de bras très remarquables, a eu le désavantage.

« L’autre assautde boxe anglaise réunissait deux frères. MM. Pau-

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lian, tous deux amateurs. M. André Paulian a eu un très réel avantage sur son frère Jules. Assaut très chaud quoique courtois, tel qu’il sied cl’en faire à deux frères qui ne sont pas les deux frères ennemis.

c( Le clou de la soirée devait être la rencontre de MM. Reynolds et William Smith, champion américain, contre champion anglais ; mais M. Smith n’est pas venu et par suite les amateurs de beaux coups ont dû se retirer sans avoir assisté a ce match qui n’aurait pas manqué d’être sensationnel.

« L. Perrée. »

Paris- Vélo, 28 décembre 1896.

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« Charlemont fils avait convié samedi soir, comme nous l’avions annoncé, à son assaut de boxe annuelles amateurs, dans la salle, malheureusement trop petite, de l’Académie de boxe de la rue des Martyrs.

« Reconnu MM. Renaud, Chevilliard, André, Breittmayer, Dubonnet, Legrand, de Pallisseaux, etc...

« La séance était présidée par M. Rogé.

« Dans la première partie, les deux assauts les plus intéressants ont été ceux de Moscovino, moniteur à l’Ecole de Joinville, contre Loriot, amateur, et celui de Levallois, amateur, contre Flori, moniteur à Joinville. Ces deux assauts ont été très disputés et les adversaires ont fait preuve d’une agilité et d’une justesse de coup d’œil qui ont fait éclater fréquemment les applaudissements du public.

« Assaut très remarqué de boxe anglaise entre Reynolds, champion américain, contre Guydo, de Milan. Les deux adversaires ont montré plus d’énergie et d’entrain que de science.

« Le premier assaut de la seconde partie avait lieu entre Mainguet et Guelpa, professeurs ; ce dernier, après quelques passes, a fait preuve de peu de courtoisie, car sur l’observation du président, qu’il avait jeté son adversaire à terre après avoir été touché, il a quitté la salle. Landowski, amateur, l’a immédiatement remplacé et s’est admirablement défendu contre Mainguet.

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«Un des plus vieux amateurs de la boxe française, Groslambert, s'est mesuré ensuite avec Gros, le moniteur de Joinville. Ce dernier a eu fort à faire pour résister aux attaques foudroyantes et au jeu éminemment classique de son adversaire.

« Les deux frères Paulian sont venus faire après un assaut de boxe anglaise, bien supérieur à celui de la première partie. La façon de s’esquiver de M. J. Paulian a été très remarquée, mais son frère lui est bien supérieur.

« Enfin a eu lieu l’assaut attendu par tous : celui de Charlemont fils contre le moniteur de Joinville, Vidal. Que dire?... Il n’y a pas d’expressions ; en un mot, c'était admirable. Vidal, qui tirait pour la première fois en public, n’a pas perdu son sang-froid devant le maître et a pu marquer quelques jolis points. Mais qu’était-ce à côté des coups merveilleux de figure, de flanc, de revers que nous a montrés Charlemont. Très remarqué surtout un coup de poing de figure posé comme la main, c’est le cas de le dire.

« Tous nos compliments à Charlemont pour la brillante réunion à, laquelle il nous a fait assister, et souhaitons-le, à bientôt.

Le Siècle, 28 décembre 1896.

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a Us étaient nombreux, les amateurs et connaisseurs qui avaient répondu, samedi soir, à l’invitation de Charlemont. S’ils ont eu un peu chaud, par suite de l’exiguité de la salle, ils n’ont pas dû regretter leur soirée.

« M. A. Rogé, président de la Société des boxeurs français, dirigeait les assauts.

« Les assauts de boxe française ont permis d’apprécier le jeu de MM. Loustalot, Chabrier, Mainguet, professeurs ; Baumblatt, Foréau, amateurs ; Moscovino, Flori, de l’Ecole de Joinville.

« M. Groslambert, un amateur de premier ordre, a fait sa rentrée dans un assaut avec M. Gros, de l’école de Joinville, et a eu un succès colossal.

« Les deux frères Paulian ont fait un assaut de boxe anglaise

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très vigoureux ; puis M. Reynolds, élève de Corbett, et Guydo, de Milan, se sont mesurés dans trois reprises très vigoureuses. L’avantage est resté finalement à M. Reynolds, qui a démontré la supériorité de l’entrainement américain sur la furia italienne.

« Il faut constater que c’était la première fois que l’on voyait en France un boxeur italien et nous croyons même que l’espèce en est très rare. En tout cas, ce match était très intéressant et sortait absolument de l'ordinaire.

« La soirée s’est terminée par un assaut entre Charlemont et Vidal, de l’école de Joinville. Ce dernier a fait ce qu’il a pu, et Charlemont nous a montré, une fois de plus, ses grandes qualités de vigueur et de vitesse.

« Somme toute, soirée très réussie, car les assauts de boxe française ont été très vifs et très mouvementés ; quant aux reprises de boxe anglaise, tout en étant très énergiques, elles n’ont cependant pas dépassé et par ordre la mesure au bout de laquelle on craint toujours les protestations du public.

« Pierre Lafitte. »

Echo de Paris, 30 décembre 1896.

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« Très amusant assaut intime, hier soir, chez Charlemont. L’Ecole de Joinville présentait un nouveau champion, M. Vidal, qui, tirant contre Charlemont, a fait preuve de sang-froid, de vigueur et de tenue, ce qui est déjà bien joli, en face d’un pareil adversaire. Charlemont tirait avec beaucoup de modération et de finesse ; il a réussi une série de coups droits exécutés avec une vitesse et une précision vraiment remarquables.

« M. Groslambert, un amateur que l’on avait le regret de ne plus voir tirer en public depuis longtemps, a fait contre M. Gros, de Joinville, un assaut mené dans un grand style, et tout à l’honneur des deux champions.

« A noter encore la lutte courtoise et vigoureuse de MM. Levallois et Flori, distingué tireur de Joinville.

« Les boxeurs de l’école de gymnastique militaire paraissent d’ailleurs faire de grands progrès, grâce à l’intelligente direction

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qu’imprime à leur enseignement leur excellent instructeur, le lieutenant Taine, qui s’efforce de ramener la boxe à une instruction personnelle et pratique.

« Le clou de la séance était un assaut entre M. Reynolds, un boxeur américain, élève de Gorbett, et un boxeur italien, M.Guydo. Ce dernier s’est défendu énergiquement contre son adversaire, évidemment supérieur à lui en force et en science.

« L. d'il. «

Le Temps, 29 décembre 1896.

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« Les réunions de boxe se succèdent, plus fréquentes, chaque année.

ce Aucun sport n’exige, surtout en public, plus de courtoisie et plus de sang-froid.

« Les incidents incorrects sont heureusement rares.

ce Hier, à l’assaut de la salle Charlemont, un tireur, bien que touché une fois, deux fois même, par le coup de pied de flanc, n’accuse aucun touché, ne s’arrête pas, saisit la jambe de son adversaire, le renverse, et avec quelque brusquerie! Ces infractions aux règles des assauts sont tantôt dues à un moment d’énervement, tantôt au désir instinctif d’effacer chez les spectateurs l’impression du coup touché.

« C’est égal, le tireur qui a cédé à l’une ou l’autre de ces raisons fera bien d’être plus maître de lui, s’il tient à figurer sur les programmes d’assauts.

« Comme c’est un professeur et qu’il a intérêt à montrer ses qualités, dans les épreuves publiques, je souhaite que ce petit incident lui profite.

« A cela près, la soirée s’est bien passée.

Le Journal, 28 décembre 1896.

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« Très brillant assaut avant-hier, chez Charlemont, le professeur si réputé. La salle était comble et beaucoup de personnes n’ont pu trouver place.

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« Le spectacle a été digne de la maison. Dans la boxe française, des prodiges d’habileté et de vitesse ont été accomplis par les différents tireurs. Citons parmi les plus remarqués: MM. Groslambert, Ghabrier, Mainguet, Moscovino, etc... Enfin Charlemont, luimême, a fait un assaut magistral dans lequel il a déployé sa science incomparable. »

Journal des débats , 29 décembre 1896.

Nous ne publierons pas tous les comptes-rendus qui ont paru dans la presse, la plupart faisant double emploi. Nous citerons parmi ceux-ci le Petit Journal du 27 décembre 1896, le Matin du 28, la Presse du 30, Yltalia del Popolo du 21 et Le Cycle , Revue des sports , du 3 janvier 1897, etc.

A propos du compte-rendu inséré dans le Cycle , Revue des sports du 3 janvier 1897, sous la signaturede M. Joseph Renaud, nous relevons quelques lignes qui ont rapporta l’incident signalé dans les nombreux comptes-rendus publiés ci-dessus.

« La passe entre MM. Mainguet et Guelpa s’est passée ainsi : dès le début, M. Guelpa fait une prise de jambe très nette et envoie à terre son adversaire qui, avant de tomber, avait pu lui donner deux coups de figure. Qui avait raison ?... Les coups de poing étaient-ils valables ?... A notre avis, non ! Car lorsque Mainguet les a frappés, il était déjà déraciné et très près de la chute. Peutêtre les protestations vis-à-vis de M. Guelpa, tireur invité, furentelles un peu vives. »

Eh bien, n’en déplaise à l’aimable rédacteur de l’article, M. Joseph Renaud, son article manque de précision et de logique et toutes les décisions prises par les comités du Boxing-club de France n’empêcheront pas que deux règles, généralement admises, sont établies depuis plus d’un siècle dans le monde de l’escrime et font encore aujourd’hui force de loi. A savoir le droit et la courtoisie des tireurs. 1° Lorsqu’un tireur est touché, il doit s’arrêter et l’annoncer; il ne peut continuer qu’après la remise en garde de son partenaire. 2° Ne pas user de brutalité.

Lorsqu’une prise de jambe est faite, on doit la lâcher, en tous cas ne faire tomber qu’avec la plus grande modération.

Nous sommes bien placés pour nous permettre cette critique,

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ayant eu plusieurs fois l’occasion d’intervenir dans ce sens, dans de précédents assauts et cela envers nos tireurs favoris.

Dans l’assaut où eut lieu l’incident en question, nous étions placé entre M. Rogé, président des boxeurs français et M. d’Hurcourt, rédacteur du journal le Temps, au premier rang, près des tireurs, par conséquent placé pour bien voir.

Voici donc la vérité exacte, présentée sur son véritable terrain. Il ne s’agit pas de savoir si les coups de poing de M. Mainguet étaient valables ou non, mais de savoir oui ou non, si M. Guelpa était touché. Nous pouvons affirmer sans aucune réserve que M. Guelpa était touché par un coup doublé porté au-dessus de la ceinture à sa droite, et que le premier coup était suffisamment marqué pour être annoncé, mais Guelpa n’annonça pas; Mainguet doubla le coup au même endroit en laissant sa jambe allongée, ce qu’il a eu tort de faire, car c’est à ce moment que Guelpa lui a saisi la jambe, et l’a poussé brutalement d’un bout à l’autre de la salle.

A notreavis M. Guelpa a deux fois tort, 1° de ne s’être pas arrêté et de n’avoir pas annoncé le coup touché, 2° ayant saisi la jambe, d’en avoir usé d’une manière discourtoise.

La majorité des personnes présentes étaient de cet avis, aussi sommes-nous très étonné queM. J. Renaud, qui fait de l’escrime depuis fort longtemps, soit d’une opinion différente.

Avec l’intention évidente d’effacer par l’oubli la fâcheuse impression produite par ce petit incident, nous n’avons pas répondu au petit article du Cycle-Sport. Aujourd’hui nous ne sommes plus tenus aux mêmes réserves et nous croyons même être utile aux intérêts des escrimeurs de toutes sortes en formulant ces légères critiques.

Le Tout Marseille.

« Dans le monde de nos sportsmen, on s’occupe beaucoup de la prochaine arrivée à Marseille de G. Charlemont,le professeur bien connu, directeur de l’Académie de boxe de Paris.

« On compte profiter de cette occasion exceptionnelle pour opposer au célèbre champion les meilleurs tireurs de la région. Des démarches ont été faites dans ce sens auprès dea groupes les

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pliis en vue de notre ville où s’organisent des assauts, à la suite desquels sont choisis les tireurs jugés dignes de se mesurer avec le premier champion de France.

« On sait que Charlemont a été déclaré sans rival à la suite des derniers assauts donnés au Cirque d’été devant l’élite de la capitale.

« Le jeune maître est le fils de J. Charlemont qui fut, sinon le créateur, du moins le rénovateur de la boxe française, qu’il perfectionna et enrichit des meilleurs coups empruntés au vieux chausson français et à la boxe anglaise.

« Les triomphes du maître sont aussi nombreux que ses rencontres avec les premiers champions des écoles françaises et étrangères.

« Ses démêlés fameux avec Castérès,de Paris, tireur exceptionnel, doué d’une science rare, qu’il devait d’ailleurs aux leçons assidues et aux conseils dévoués de Charlemont père et fils, dont il fut l’élève, furent le sujet de polémiques du sport athlétique et passionnèrent la presse de la capitale.

« A la suite de rencontres décisives qui eurentlieu l’an dernier à Paris, au Cirque d’été, et à Bruxelles, la supériorité de Charlemont fils se révéla incontestablement, et consacra définitivement la renommée du célèbre boxeur.

« Aussi, l’annonce de son arrivée en notre ville, où ce sport compte des adeptes fervents et nombreux, est-elle considérée comme un événement et très vivement désirée.

<( C’est la société d’escrime de Marseille qui a pris l’initiative des fêtes qui seront données en l’honneur de Charlemont. C’est assez dire ce que sera la réception faite au maître de l’école nationale.

« Les assauts seront organisés par l’élite de notre première société locale, dans la vaste salle de la rue Saint-Ferréol et sous la direction de M. L. Allard, le distingué professeur de boxe qui fut, à Paris, l’élève et collaborateur de Charlemont.

« Nous tiendrons nos lecteurs au courant des détails qui seront arrêtés prochainement. »

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Le Midi-Sport .

ESCRIME ET BOXE (Marseille)

« On nous confirme pour le 8 janvier prochain l’arrivée à Marseille de Charlemont, le grand-maître de la boxe française. Cédant aux sollicitations d’un groupe important de nos sportsmen les plus distingués, l’illustre professeur passera quelques jours dans notre ville où sa présence est dès à présent recherchée parles cercles les plus en vue où s’élaborent divers programmes très attrayants. C’est à la société d’escrime de Marseille que revient l’initiative de l’invitation gracieusement acceptée par le maître et c’est dans les brillants salons de la rue Saint-Ferréol que Charlemont se mesurera, pour la première fois, avec les meilleurs tireurs de notre midi.

« Cette rencontre est intéressante à plus d’un titre. Elle permettra de fixer les adeptes des deux écoles soit sur la supériorité de la boxe française, soit sur le classique chausson marseillais. Elle mettra en évidence les progrès réalisés dans cette branche du sport justement remise en honneur à une époque où les préoccupations de l’hygiène et le souci de la sécurité individuelle ont pris une importance si grande.

« On connaît les différences qui existent entre les deux méthodes. Le chausson marseillais ou mieux, la savate, qui eut notre ville pour berceau, est un exercice, gracieux entre tous, qui a pour lui la souplesse de jambe et l’agilité de corps dont nos boxeurs marseillais nous révèlent à chaque assaut les magnifiques résultats.

« Les passements de jambes, les enlevés de pied produisent toujours leur effet sur les spectateurs enthousiasmés de la désinvolture d’une savate adroitement lancée au-dessus de la tête de l’adversaire.

<( Dans cette méthode le poing ne joue qu’un rôle accessoire, presque absolument sacrifié au coup de pied.

« La boxe française, corrigée par Charlemont père, comprend les meilleurs coups du chausson marseillais, sévèrement rectifiés et combinés avec ce que la boxe anglaise pouvait offrir d’efficace et d’assimilable à la vivacité, à l’ardeur du tempérament français.

LA BOXE FRANÇAISE

« En ajoutant aux règles savantes de cette adaptation, les prises de corps empruntées à la lutte romaine et les coups d’arrêt imaginés et classés par Charlemont, on a l’ensemble de cette méthode étonnante dont les règles étroites peuvent faire en quelques mois un tireur redoutable du profane le plus endurci.

« Dans cette méthode, pas de fantaisie, pas de luxe; à peine quelques coups de pied de figure réservés à l’assaut courtois. L’inutile est impitoyablement proscrit. Chaque coup, chaque feinte, chaque préparation est comme un problème posé à la sagacité de l’adversaire.

« Mais le triomphe de l’école, c’est le coup d’arrêt, à la fois parade et riposte en un seul temps, il part, agile, prompt, vigoureux et facile; surprend l’adversaire dans son attaque, le déconcerte, le déroute et l’accable quand il ne le met pas hors de combat.

« C’est surtout dans ses coups d’arrêt que Charlemont est un tireur hors de pair, et c’est précisément cette partie de sa méthode "qui pique avidement la curiosité, de nos dilettanti marseillais.

« Nous sommes certains qu’elle ne sera pas déçue, et nous espérons que le passage du maître dans notre ville aura pour résultatd’éveiller, dans les milieux où l’on boxe, une recrudescence d’ardeur pour ce sport, dont l’utilité pratique n’est plus à démontrer et qu’il convient de classer désormais sur un « pied » d’égalité avec l’escrime à l’épée, le a sport» le plus noble.

« Nous fixerons nos lecteurs sur la date qui sera arrêtée- pour le prochain assaut à la société d’escrime.

« Disons seulement que les places sont, dès à présent, recherchées comme une faveur, et que les salons de la rue Saint-Ferréol ne suffiront pas à contenir les amateurs, avides d’inédites et de vigoureuses émotions, qui se proposent d’assister à cette première.

Le Midi-Sport , 6 janvier 1897.

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