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CHARLEMONT A MARSEILLE

« Ainsi que nous l’avons annoncé, c’est jeudi prochain, 7 janvier, que sera donné, au cercle d’escrime de notre ville, le grand

LA BOXE FRANÇAISE

assaut de boxe française, organisé en l’honneur de Charlemont, de Paris, et auquel prendra part le célébré tireur parisien, qui arrivera aujourd'hui à Marseille.

« Cette séance est impatiemment attendue parles amateursde sport athlétique, nombreux en notre ville, avides de constater, par une épreuve décisive, la supériorité de l’école nouvelle sur les systèmes faits de pratique routinière et de rudiments d’un art vieilli et insuffisant.

« Ce que fut la boxe à son origine, nul ne l’ignore parmi ceux qu’intéressent ce sport et les moyens de relèvement moral et physique des générations qui l’ont adoptée.

« Née dans les bouges de barrière où la fréquence des, pugilats avait révélé aux familiers de ces rencontres l’efficacité de certains procédés, la boxe fut, à ses débuts, un assemblage de feintes bizarres et de coups traîtres, que préparaient une mimique désordonnée et des contorsions sauvages.

« L’effet de ce système était de frapper l’esprit de l’adversaire, de le tenir en alerte et de le réduire, rompu et démoralisé, à la merci de l’attaquant.

« Plus tard, le perfectionnement de ces pratiques enfanta le chausson marseillais, intelligemment composé de feintes sérieuses et de franches attaques, mais où les pieds faisaient, à eux seuls, tous les frais du combat.

(( Cette méthode, appréciable entre tireurs de force égale, laissait trop de prise au hasard et trop d’avantages à la vigueur musculaire.

« Frappé de ces imperfections, Charlemont père, qui, après les fortes études du régiment, s’était imposé de suite parmi les premiers tireurs de son temps, Charlemont se rendit à Londres, où, pendant de longs mois, il se familiarisa avec les règles étroites de la boxe anglaise.

« Une sélection judicieuse lui fournit les bases de la méthode puissante qui porte son nom, et qui, lentement perfectionnée, devait élever la boxe française à la hauteur des sports les plus savants.

« Charlemont fils, doué par la nature de moyens exceptionnels, puisa dans les leçons paternelles les secrets de cet art, qui, déve-

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loppé par un travail soutenu, ont fait de lui le plus habile tireur de notre époque. Les coups d’arrêt imaginés par son père et qu’il s’est octroyés d’une façon si merveilleuse, l’ont classé incontestablement hors de pair, aussi l’assaut annoncé est-il attendu comme un événement sensationnel.

« Le programme élaboré avec soin comprend plusieurs assauts d’armes entre les plus fines lames de la société.

« En ce qui concerne la partie de la boxe, on avait espéré le concours des personnalités les plus en renom dans les pratiquants de la savate. Des invitations pressantes avaient été faites qui semblaient devoir être acceptées avec empressement dans un milieu où l’on se pique de supériorité, mais il semble que l’approche de la rencontre décisive ait refroidi des enthousiastes qui paraissaient de prime abord les plus convaincus.

« Nous le regrettons sincèrement pour la tradition de vaillance de notre vieille cité, et si notre amour-propre doit recevoir quelque atteinte de ces défectiuns imprévues, du moins sera-t-on en droit de juger à l’avenir de la valeur relative de certaines affirmations.

« Dans le petit nombre des professionnels dont l’acceptation courageuse paraît assurée à cette heure, il convient de citer MM. Gaultier, Rastoul, Arnaud et Racquet, de la Société « les amis des arts y>Y brillamment dirigée par M. Goirand, et qui a droit à toutes ses félicitations poür sa correcte attitude dans cette circonstance.

« Le résultat de ce tournoi exceptionnel sera ce qu’il pourra être, mais, au moins, notre dignité en sortira intacte grâce aux quelques vaillants qui ne se seront point dérobés.

« Espérons néanmoins que les quelques heures qui nous séparent de cette soirée ranimeront certaines défaillances qui seraient qualifiées sévèrement.

« Parmi les amateurs conviés à tirer avec le champion national, désignons spécialement : MM. Phocas, Michel Silhol, de Vuillemont, des Nolles, Franceschi, tous élèves de M. L. Allard, lejeune professeur du cercle d’escrime, qui tirera lui -même avec Charlemônt.

(( Ajoutons que dans l’impossibilité absolue d’accéder à toutes

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les demandes qui lui ont été adressées, la commission des fêtes de notre grande société s’est vue dans l’obligation de renoncer à toute invitation.

« Seuls avec les membres de la presse, les sociétaires et leurs familles assisteront à ce premier assaut.

((Le séjour de Gharlemont à Marseille devant être de très courte durée nous pensons qu’une autre société sportive de notre ville saura profiter de l’occasion pour obtenir du célèbre tireur une deuxième séance qui pourrait permettre à un plus grand nombre de nos concitoyens d’applaudir l’artiste incomparable qu’est Charlemont.

«Les assauts d’armes seront dirigés par MM. Simon et David, professeurs au cercle d’escrime, dont la compétence et l’habileté sont connues.

« Les assauts de boxe française seront conduits par M. L. Allard, qui tirera avec Gharlemont.

« La fête sera clôturée par un somptueux banquet auquel prendront parties membres du cercle et leurs invités.

«Nous ferons connaître à nos lecteurs les péripéties de cette soirée qui nous paraît fertile en vigoureuses émotions.

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