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LA VIE SPORTIVE

LA SOIRÉE DU CIRQUE d’ÉTÉ

« La soirée à laquelle nous avons assisté hier au Cirque-d’Eté marquera dans les annales sportives de l’année. On nous avait promis de nous montrer deux par deux les champions qui, par leurs performances publiques, s’étaient montrés les plus dignes de représenter devant une salle où pas un connaisseur ne faisait défaut le fleuret, l’épée, la boxe française, la boxe anglaise et le bâton.

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« Notre compétent confrère le Journal des Sports, organisateur de la soirée, n’a pas manqué à sa parole : pas une défection, et une série d’assauts tout à fait remarquables. Nous ferons cependant une réserve en ce qui concerne l’assaut à l’épée entre MM. W. de Blest-Gana, amateur, et Spinnewyn, professeur, quitte à ne plus y revenir par la suite.

« Il nous a paru que rien ne ressemblait moins à un assaut d’épée que cet assaut-là. M. Spinnewyn est un ancien professeur de fleuret; il s’est consacré entièrement à l’enseignement de l’épée; mais, heureusement pour son art, sa méthode se ressent des études qu’il fit quand il avait encore notre culte du fleuret.

« M. de Blest-Gana, tireur spécialiste de l’épée, n’a pas été heureux dans cette rencontre; tous deux ont surtout tiré au corps, et, à ce jeu-là, l’ancien tireur de fleuret devait triompher. Nous n’avons noté qu’une seule riposte à la main, à l’actif de Spinnewyn ; par contre, cinq ou six coups d’arrêt nettement exécutés par lui sur des attaques en coupant lui ont donné un avantage marqué. Mais l’assaut a été loin d’être ce qu’il devait être, c’est-à-dire une rencontre simulant un duel.

« Le lever durideau a étél’assaut de bâtonentre MM. Cuilhéet Renaud, deux champions de la célèbre Société la Bigourdane, de Tarbes. Le sport du bâton est abandonné, nous ne savons pourquoi, à Paris.

« Dans le Midi, les traditions se sont conservées; ces deux jeunes athlètes nous ont prouvé que leurs métiers de graveur et de plombier ne les empêchent pas d’étudier avec assiduité le maniement d’une arme rustique, mais joliment redoutable quand on sait s’en servir.

« Simplement en maillot, sans masque et sans gant, ils se sont escrimés avec une maëstria qui fait honneur à la persévérance de leurs efforts, et, sans les connaître beaucoup, nous serions bien étonnés s’ils n’étaient pas parmi les plus forts tireurs qui soient.

« L’assaut de boxe anglaise entre MM. Fiévet, champion du Boxing-Glub de Bruxelles, et Legrand, un des plus forts amateurs français, s’est terminé, après quatre rounds , par un léger avantage àl’actif du tireur belge. Question de poids surtout.

« MM. Charlemont et Castérès, que tous nos lecteurs connais-

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sent comme les plus forts professeurs de boxe française, planant de toute leur supériorité sur la foule de leurs rivaux, ont fait plutôt une démonstration qu’un assaut.

; « Mais que de qualités déployées dans cette voltige perpétuelle des pieds et des mains, quelle agilité et quelle précision! Sans assaut sérieusement disputé, il n’y a pas de résultat précis. Les deux professeurs restent inattaquables dans leur égalité.

« Nous arrivons à l’assaut final de fleuret entre Kirchoffer, le jeune gaucher, élève du célèbre Vigeant, et Ad. Rouleau.

« Bel assaut évidemment, que nous jugerons sans entrer dans le détail des coups, en disant qu’il y avait à peu près égalité comme coups de bouton avant la belle, mais que cette dernière a donné l’avantage au sympathique professeur Ad. Rouleau. Il a touché son adversaire trois fois de suite.

« Comme tenue sous les armes, Rouleau a aussi un avantage incontesté, de par sa taille et sa stature. Kirchoffer, petit, mince, très féminin, manque totalement de cêttë qualité essentielle de l’escrime au fleuret, que nous appelons « avoir des jambes ».

« Il fait toutes ses attaques en marchant. Sa taille lui interdit toute espèce de maîtrise.

« Souhaitons, pour l’avenir de l’escrime, et aussi pour notre plaisir personnel, que le Journal des Sports nous offre souvent encore des soirées aussi réussies et aussi instructives.

A LA SALLE MERIGNAC

« Hier soir, petite réunion intime et intéressante à la salle Mérignac.

« M. Fritz, maître d'armes du vaisseau-école le Borda , étant de passage à Paris, est venu saluer le maître et faire quelques assauts avec ses élèves.

« M. Fritz a des qualités qui assurent à ses élèves un enseignement méthodique et des résultats certains. »

Le Petit Parisien, 16 février 1898.

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ESCRIME

« Oh! la bonne, l’exquise soirée passée hier au Cirque d’Eté. Remercions-en seulement les tireurs qui ont eu l’amabilité de nous adresser des fauteuils et constatons que ces Messieurs du journal Le Sport ont vraiment traité la presse en quantité négligeable.

« Ceci dit, passons.

« Nous remarquons dans une salle comble : président Ducreux, Chauveau, Louis Perré, baron de Schonen, Jullien, Régamey, de Bu fia, comte de l’Angle Beaumanoir, Legrand, Youlquin, Prévost, Janvier, Chevillard, Rue, Emile Mérignac, adjudant Ramus Tassart, et près de nous, rasé de frais, superbe, le grand, l’illustre Montjarret.

« M. Hébrard de Villeneuve ouvre la séance par un assaut de bâton entre MM. Cuilbé et Renaud, tous deux de la bigourdane de Tarbes, tous deux rivalisant de courtoisie, d’agilité, d’impétuosité. On a du sang-té! dans le Midi!

« Puis c’est un assaut de boxe anglaise, entre Fiévet du boxingclub de Bruxelles, et Legrand, un jeune amateur qui a exécuté de vifs doublés et coups de poing de revers contre un robuste adversaire en possession de formidables coups droits, de jolies esquives de tête et de coups d’arrêt.

« L’assaut d’épée — est-ce bien de l’épée — entre M. de Blest- Gana et le professeur Spinnewyn n’a pas été très passionnant. Habiles coups de temps de Spinnewyn, savants doublés dessous et la belle à Blest-Gana, souple et nerveux. Ça été un succès que l’assaut de Charlemont fils contre Caslérès, professeur, ce dernier feinte surtout du pied pour placer de rapides coups droits, coups de poing de revers et de masse. Charlemont fils — le premier de nos chaussonniers — a recueilli de légitimes applaudissements. Elégance, rapidité déconcertante, il y a de tout dans ses admirables coups de pied tournants, coups de pied bas, coups de pied brisés. Que viendraient faire contre cela tous les boxeurs d’Outre- Manche.

« Adolphe Rouleau tirait contre KirchofTer. Que dire de celui-

ci qu’on n’ait ressassé. Faut-il évoquer ses feintes de coupé-coupé à la marche, ses contre-ripostes foudroyantes, ses unes-deux-trois.

« Quel régal pour les amateurs de beaux gestes que cet escrimeur ne sacrifiant rien à l’esthétique. Aussi nous n’étonnerons personne en racontant qu’au désespoir de M. Hébrard de Villeneuve, Adolphe Rouleau, habituellement si beau tireur, si bien en forme a été inférieur hier, voire doublé en cinq sec : ne vous aije pas ditqu’il tirait contre KirchofTer?

«Georges Wernert.»

Extrait des sports, 16 février 1898.

« J’arrive au gros morceau de la soirée :

« Charlemont contre Gastérès. Ce fut bien beau et dans la salle, comme on suivait de l’œil les poings de chacun des maîtres ! car chacun d’eux est un maître.

« Ils l’ont bien prouvé hier, et on leur a bien montré qu’on le savait par les vivats qui ne leur furent pas ménagés. Ah ! si vous aviez vu après un coup du puissant Charlemont, ou bien une esquisse habile et si bien calculée, tous ces gens qui montaient sur leurs bancs et qui acclamaient le boxeur, criant, applaudissant, brandissant leurs cannes, levant leurs chapeaux*.

« Oui, c’est bien beau — et bien reposant de., ce que vous savez — toute une salle, ainsi, en délire. .

« Longtemps, les bravos se prolongèrent. Et quand ce fut fini? cela recommença. Entre voisins, on se disait :

— « Comme c’était superbe! Etclassique.

« M. Paz, qui s’y connaît, arrive près de notre Directeur et lui affirme, simplement :

— « Voilà le plus bel assaut de boxe que j’ai jamais vu ! Oui, vous pouvez vous vanter de nous avoir procuré un plaisir rare!

« Pendant que j’explore les coulisses du Cirque, les deux boxeurs Fiévet et Legrand ont « opéré » et ce sont les bravos qui me font rentrer dans la salle.

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— « C’est rudement bien, me sôuffle quelqu’un, ce qu’ils viennent de faire. Restez pour voir la 4 e reprise.

« Je restai, et, en attendant la quatrième reprise, vis les soins qu’on leur prodiguait pendant le repos.

« L’un d’eux sucé un citron — pour tromper la soif et... les coups, tout à l’heure. L’autre se fait éventer, par son entraîneur, avec une serviette, et un air de béatitude se peint sur son visage ruisselant de sueur.

— « Time!

« Et de nouveau les voilà en face l’un de l’autre, pour la quatrième reprise qui fut réellement intéressante et après laquelle eux aussi, Fiévet et Legrand, durent revenir saluer.

« C’était un régal d’assister à l’assaut de boxe française, d’applaudir aux merveilleux coups de pied de Charlemont qui a été magistral, aux coups de poing de Gastérès, à l’agilité émouvante des deux professeurs. »

Tous les Sports .

« La 2e partie a débuté par un assaut de boxe française qui a valu à plusieurs reprises une véritable ovation aux deux adversaires : MM. Charlemont et Castérès, tous deux parfaitement découplés, taillés en force, bien entraînés, et sachant se servir très habilement de leurs surprenan ts moyens.

« Ainsi pratiquée, la boxe française produit à bien juste titre beaucoup d’action sur le public. »

Le Figaro.

ATHLÉTISME

— « Le célèbre boxeur américain Corbett se retire définitivement et se fait acteur. C’est en désespoir de se rencontrer avec Fitzmmonsque Corbett a pris cette résolution.

— « Le Journal des sports, qui avaitorganisé l’assaut d’avanthier soir, dont nous avons brièvement rendu compte, juge ainsi différents assauts : il donne l’avantage à M. Cuilhé pour le bâton

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et à M Legrand pour la boxe anglaise ; il ne conclut pas pour l’assaut Charlemont-Castérès. Nousferonsde même, bien que, sur les vingt personnes auxquelles nous avons demandé de formuler leur opinion, treize aient été favorables à Charlemont. Mais les deux merveilleux athlètes ont bien mérité tous deux les ovations dont ils ont été l'objet et il ne saurait être question de leur supériorité. » U Écho de Paris, 18 février 1898.

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