PONTCHARTRAIN
Le Vélo, 25 mai 1898.
L’ASSAUT DU BOXING-CLUB
« L’assaut intime que donnait hier le Boxing-Club chez l’excellent maître Castérès a obtenu un franc succès.
« La prémière partie comprenait les assauts suivants: M. Didier contre M. Boyard ; ces deux jeunes amateurs ont gentiment tiré, le premier a eu nettement l’avantage.
« M. Robert, un amateur qui promet, car il n’a que six mois de salle, a fort bien fait contre M. Harracca. Assaut assez bon
LA BOXE FRANÇAISE
entre M. Lacour, en belle forme et M. Collard qui a résisté de son mieux.
« Jeu très fin et très varié entre MM. Joyeux et Lefebvre. L’avantage est resté au premier, mais M. Lefebvre nous a plu infiniment et a réussi de fort jolis coups.
« Dur sans être brutal, sec sans être violent, animé sans être heurté, l’assaut de boxe anglaise entre MM. Levallois et F. Reichel a été des plus intéressants et les deux adversaires ont droit à d’égales félicitations.
« Gros succès, très gros succès pour le jeune Tampier et son maître M. Castérès, dans leur répétition théorique et pratique de la boxe française; la salle croulait sous les applaudissements et... c’était justice, comme on dit en « robinisme ».
a La dernière partie débutait par un assaut entre MM. Durot et Vignes ; le dernier a eu l’avantage, Durot ayant été moins bon qu’en ses derniers assauts.
« Le petit Tampier, très en progrès, a eu l’avantage sur son petit ami Dubonnet ; l’un et l’autre de ces deux comingmen ont d’excellents moyens et seront de fameux boxeurs.
« Flori et Antoine ont eu un bel assaut, très varié et très mouvementé ; le premier a eu un léger avantage et a pris la belle.
a Castérès a joué avec le sergent Gros, plein de bonne humeur, comme (oujours. Le maître a été étourdissant.
«Assaut faiblard, entre Loustalot, retour de Saint-Pétersbourg, et qui va passer quatre mois de congé parmi nous, et Vidal du Cercle de l’Escrime Française. Une longue série de coups d’arrêt bien réussis par Loustalot, la belle prise par un bon coup de poing de figure, et c’est tout. Avec un autre adversaire, Loustalot eût peut-être fait mieux.
«Un assaut de canne terminait la séance : Castérès a eu un gros avantage sur Monbiot.
«Beaucoup de monde : la petite salle débordait, et gros succès pour le Boxing-Club de France.
« Grandlouis. »
Journal des sports, 25 mai 4 898.
LA BOXE FRANÇAISE
GRAND ASSAUT INTERNATIONAL DE BOXE A GENÈVE (du 28 mai)
« C’est une chose à voir, ce match, où viendront se mesurer les plus redoutables champions de la boxe. Aussi la vaste salle du Bâtimentélectoral sera-t-elle vraisemblablement bien garnie, ce soirlà, à moins qu’à Genève et aux environs on ne reste absolument indifférent à ces tournois aussi passionnants pour tous, qu’instructifs pour la jeunesse qui apprend en assistant aux passes si rapides d’un Charlemont, ou aux bonds élégants d’A ttfield à admirer et à aimer ce sport, le premier peut-être entre tous, au point de vue de la santé. Car, il n’y a pas à s’en dédire, mieux que tout autre exercice, la boxe développe les jambes, les bras, la poitrine du malingre ; aussi bien que le fleuret ou l’épée de terrain, elle apprend la rapidité dans les mouvements et donne de l’élégance au maintien, de la virilité à l’allure. Enfin la boxe est le moins dangereux de tous les enseignements. Un œil au beurre noir pendant quatre ou cinq jours, voilà tout ce que peuvent risquer des élèves luttant entre eux et laissant la fougue de la jeunesse.
« Ces avantages réels, que nul ne contestera, expliqueraient peut-être le goût inné de la race anglo-saxonne, gens pratiques jusque dans leurs amusements, — pour la boxe, ainsi que la ferveur, toujours croissante, avec laquelle elle est pratiquée à Paris, grâce aux professeurs Charlemont père etfils, Castérès et Albert, et — on peut le dire carrément sans pour cela risquer d’être accusé de réclame puérile, par quelque esprit chagrin — à Genève, parM. Pierre Vigny. C’est, en effet, à cedernier qui fittriompher le fanion genevois dans maint grand assaut, soit à Paris, soit ailleurs, que revient l’honneur d’avoir relevé l’enseignement de la boxe à Genève et d’avoir su, en un espace de temps fort court, créer une phalange d’élèves redoutables qui ne feraient certes pas mauvaise figure en face des habitués des salles de Paris et de Bruxelles.
« Nous devons également à son esprit d’initiative, à son optimisme brave, à la solidité de ses relations et à la considération qu’il a su inspirer aux professeurs les plus célèbres la satisfaction
LA BOXE FRANÇAISE
d’assister à un tournoi aussi sensationnel qu’exceptionnel et de pouvoir répéter, sans craindre d’être démenti, que Genève est la première ville, après Paris et Londres, qui aura vu, dans une seule soirée, en présence : Charlemont, le premier boxeur de France, Castérès, son rival.....
« On nepeutrêver de programme plus complet, plusséduisanl. Et même pour le blasé, pour qui la mariée est toujours trop belle, il y a une source dejouissances rien qu’a suivre du regard la foule qui, le cou tendu, veut savoir quel sera le vainqueur, car on a beau être cuirassé contre les émotions de ce genre, une fois que l’assaut bat son plein, on regarde, on approuve, on blâme, on frissonne, on parie, tout comme le premier néophyte venu.
« Une dépêche annonce que M. Charlemont, le célèbre champion, arrivera ce matin. »
Le Genevois, 27 mai 1898.
ASSAUT DE BOXE
« Samedi soir, au Bâtiment électoral, assemblée très nombreuse pourassisteràTassautinternational deboxe, organisépar M. Pierre Vigny, professeur d’escrime et de boxe de notre ville. — La salle était intelligemment arrangée pour la circonstance, une estrade aux couleurs genevoises élevée au centre de la salle, permettaitde bien voir les professionnels et amateurs convoqués pour cette solennité. — Les « poings » les plus solides et les« pieds » les plus agiles, de même que de bonnes « lames », avaient été appelés de France, d’Angleterre et de Belgique par M. Vigny. Mentionnons pour la boxe : MM. Charlemont (Paris), Castérès (Paris), Albert (Paris), Michel (Marseille), Attfied (Londres, Févet (Bruxelles); pour le fleuret et l’épée: MM. Delwarde (Lyon), Oudenot (Lyon), Desprez (Vevey).
« Rien n’avait été négligépour donner à cette fête, point banale chez nous, tout l’attrait désirable. De nombreuses dames en toilettes claires donnaient à la salle une note fraîche etgracieuse.
« L’Union instrumentale genevoise a ouvert la séance par ûn pas redoublé de Meuzel, En avant, et, durant toute la soirée, elle
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s’est fait entendre et applaudir chaudement dans plusieurs morceaux bien enlevés.
« M. Vigny présente plusieurs deses élèves : MM. Ad. Perrelef, Albert, Merminod et Bizot. Ils ont tous fait honneur à leur professeur par leurs qualités de bonne tenue et de rapidité dans la riposte.
« L’attente se portait tout naturellement sur les champions annoncés et personne n’a été déçu. Le premier assaut de boxe française entre MM. Charlemont et Vigny a été en tous points très réussi. Souplesse, bonne forme, agilité, élégance, ont été déployées dans cet assaut remarquable qui a obtenu des applaudissements prolongés, et c’est justice.
« En second lieu, signalons la lutte très vive entre MM. Castérès et Vigny. Belles qualités de tenue, beaux coups également, mais toutefois cet engagement n’atteint pas la perfection du précédent.
« MM. Attfield (Anglais) et Fiévet (Belge) se mesurent dans la boxe anglaise. Lutte très serrée oii les coups de poing tombent comme grêle. Le public a pris grand plaisir à cet assaut.
« MM. Albert (de Paris) et Michel (de Marseille) nous donnent encore un assautdeboxefrançaisequi remporte aussi unvifsuccès.
« Pour terminer les assauts de boxe, MM. Vigny et Attfied échangent dans la boxe anglaise une pluie de horions. Engagement démontrant l’habileté, la rapidité d’exécution et l’endurance des deux partenaires. Très intéressante lutte.
« A côté de la boxe, nous avons également à mentionner les beaux assauts au fleuret et à l’épée de MM. Delwarde, Oudenotet Desprez. Ces tireurs se sont fait vivement applaudir pour leur style souple et élégant.
« Comme on le voit, M. Vigny s’est présenté dans deux assauts deboxe française et un de boxe anglaise ; en outre, dans une production de canne. Il a montré quelle résistance il était capable de montrer. Il a droit, pour sa belle soirée, àtous les éloges pour les émouvants instants qu’il a fait passer à son public, et nous le remercions de nous avoir présenté des boxeurs et tireurs d’élite.
Le Journal de Genève, 30 mai 1898.
LA BOXE FRANÇAISE
ASSAUT DE BOXE
« Nous avons constaté dans notre numérode dimanche le succès de la soirée sportive donnée, au Bâtiment électoral, par M. Pierre Vigny.
« La soirée a été ouverte par un assaut de boxe française entre MM. Mermillod et Albert, tousles deux de Genève. Passes fort intéressantes; noté quelques jolis coups de pied et quelques vigoureux coups de poing. Cependant l’ardeur déployée par les deux adversaires a quelque peu nui à la correction de leur jeu et de fréquents corps à corps se sont produits.
« Un assaut au fleuret entre MM. Oudenot, de Lyon, et Delwarde, également de Lyon, a été très remarqué; mur irréprochable, tenue et jeu extra corrects.
« M". Pierre Vigny a paru ensuitedans une production de canne, avec sa virtuosité habituelle. La première partie du programme a été terminée par un assaut de boxe française entre MM. Charlemont, de Paris, et Pierre Vigny. L’arrivée des deux boxeurs sur l’estrade a été lrès applaudie. M. Charlemont, qui attaque avec une rapidité et une habileté extraordinaires, porte à M. Vigny deux coups de pied de figure que celui-ci ne peut parer. Mais le champion suisse, un moment décontenancé, reprend peu à peu son assurance et riposte avec beaucoup de vigueur et d’entrain. En résumé, très bel assaut, qui est le clou de la soirée et qui justifie la réputation du champion parisien.
« La deuxième partie est ouverte par un assaut de boxe anglaise entre MM. Attfield, champion anglais, et Fiévet, de Bruxelles ; les passes sont plutôt molles et ne présentent par beaucoup d’intérêt.
« MM. Albert, de Paris, et Michel, de Marseille, dans un assaut de boxe françaisé, sont vivement applaudis. MM. Desprez, de Vevey, et Delwarde, de Lyon, leur succèdent dans un assaut de fleuret.
« Pour terminer la deuxième partie: un assaut deboxe française entre MM. Castérès, de Paris, et Pierre Vigny. Le redoutable champion français a fort à faire pourparer les nombreux coupsde
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figure très adroitement portés par son adversaire. Les coups de pied de M. Castérès sont brillamment détachés.
« La troisième partie débute par un assaut de boxe française entre MM. Albert, de Genève, et Michel, de Marseille.
« L’épée de combat est fort bien maniée, et par M. Desprez, de Vevey, et par M. Oudenot, de Lyon; le premier, très vif, le second, très élégant et très correct. Avec MM. Bizot et Merminod, l’épée est remplacée parla boxe française. Ensuite, on applaudit M. Albert, de Paris, et Perrelet, de Genève (boxe française) ; quelques vifs engagements, beaucoup de vigueur de part et d’autre.
(( Enfin, pour terminer : MM. Attfield, champion anglais et M. Pierre Vigny. Cet assaut de boxe anglaise était impatiemment attendu. M. Vigny résiste avec énergie aux attaques de son adversaire. Les deux boxeurs s’échauffent et se portent de formidables coups de poing. Les passes vivement menées provoquent de longs applaudissements.
« Nous espérons que cet indiscutable succès encouragera M. Pierre Vigny à nous procurer encore quelques soirées semblables à celle de samedi.
La Suisse. 31 mai 1898.