‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 22 sur 233 · COMMENT, CE JOUR-LA, VIGNERON NE PARTIT PAS EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

COMMENT, CE JOUR-LA, VIGNERON NE PARTIT PAS EN ANGLETERRE

Vigneron avait trouvé un barnum anglais qui l’avait décidé à l’accompagner en Angleterre. Le jour fixé pour le départ, l’Anglais et Vigneron dînèrent ensemble et comme ils devaient prendre

un train de nuit, ils firent, pour tuer le temps et gagner l’heure du

LA BOXE FRANÇAISE

dépari, d’assez nombreuses stations dans les cafés des environs de la place de la République. Ils finirent par échouer, vers une heure du matin, dans un débit, encore ouvert à cette heure indue, où ils prirent le coupde l’étrier. C’était à qui des deux amis réglerait cette dernière consommation, le porle-monnaie à la main; des individus à allures louches, qui étaient à ce moment près du comptoir, avaient remarqué la manœuvre des porte-monnaie et constaté qu’ils étaient bien garnis, aussi lorsque Vigneron et son Anglais sortirent du débit, ils ne s’aperçurent pas que les individus, au nombre de huit, les suivaient en se dissimulant de leur mieux.

Arrivés entre le théâtre de l’ Ambigu et celui de la Porte Saint- Martin, sur un signal, les huit rôdeurs tombèrent sur Vigneron et l’Anglais. A cette attaque imprévue, les deux amis y font face courageusement, Vigneron avec ses pieds et ses poings, l’Anglais avec une canne plombée. Dans la mêlée, Vigneron reçoit de l’Anglais un coup de canne plombée, ce qui ne l’empêche pas de jeter par dessus la rampe du boulevard un des rôdeurs et quand la place fut nette, il descendit quatre à quatre les marches, ramassa le rôdeur sur la chaussée et le colla d’un formidable coup de poing contre le mur. Remonté sur le boulevard pour voir ce que son Anglais était devenu, il tomba entre les bras des agents. L’Anglais avait filé et des huit rôdeurs éclopés et rossés il n’en restait plus qu’un qui avait une bonne raison pour ne pas quitter la place, puisqu’il était mort. On emmena Vigneron au poste; lelendemain tout s’expliqua au commissariat ; Vigneron mis en liberté rentra à sa salle et n’entendit plus jamais parler de son Anglais.

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