‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 23 sur 233 · LES CHAPEAUX DE LOUIS VIGNERON · texte numérisé non relu

LES CHAPEAUX DE LOUIS VIGNERON

Nous avions remarqué que lorsque Vigneron quittait le costume de salle, chemise de flanelle et pantalon de coutil (ce qui lui arrivait rarement), pour endosserla redingote, il avait Iechef couvert d’un superbe chapeau haut de forme dont les initiales M.C., marquées en lettres d’or sur la coiffe, nous intriguaient fort. Un jour qu’on le questionnait sur les initiales, il répondit qu’un sénateur

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se chargeait de le pourvoir de chapeaux et il raconta que le vieux Michel Chevalier, sénateur, son élève en boxe, lui avait confié qu’il en voulait fort à un de ses collègues du Sénatet que sans arriver à une voie de fait qui ferait scandale, il voudrait bien trouver le moyen de lui jouer un méchant tour. — « C’est très facile, lui dit Vigneron, faites-lui le coup du chapeau ! Quand vous rencontrerez votre adversaire dans un couloir, tirez-lui un grand coup de chapeau, de façon à ce que l’arête du haut de votre chapeau vienne frapper votre collègue à la naissance du nez! »

La leçon ne fut pas perdue ; quelques jours après, le moment propice étant arrrivé, le sénateur reçut de Michel Chevalier un formidable coup de chapeau qui l’étendit sans connaissance. Personne n’y vit rien et le malheureux sénateur, revenu à lui, se figura avoir été frappé par une congestion. C’est depuis ce temps que Vigneron héritait des chapeaux du célèbre économiste.

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